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Chèvre : pour Ségolène, « Cabri c’est fini »

La nouvelle présidente de la région Poitou-Charente souhaite remplacer le centre caprin par une ferme relais. 

«Avec l’argent englouti, on aurait pu ouvrir soixante gîtes ruraux, avec de vraies chèvres et de vraies gens. » Les déclarations de Ségolène Royale à la Charente Libre au début du mois de mai n’en finissent pas d’inquiéter les concepteurs de Cabrilia, centre caprin installé depuis avril 2003 à Linazay dans la Vienne. La nouvelle présidente de la région picto-charentaise a tenu des propos sans ambiguïté sur cette structure portée par son prédécesseur Elisabeth Morin, considéré comme un outil pédagogique et une vitrine pour l’interprofession. Pour elle, il serait temps « d’en faire une ferme relais pour de jeunes agriculteurs en attente de terre. »

Cette opinion sans nuances est loin d’être partagée par les responsables du Centre, ainsi que par les membres de la filière, même si le projet fut en son temps matière à polémique au sein de cette dernière. Le site aura coûté 6 millions d’euros pour sa réalisation, payés en grande partie par la Région, et demande 600 000 euros par an de frais de fonctionnement, dont 220 000 à la charge de cette même institution. Mais il aura déjà reçu la visite de 10 000 personnes en 9 mois, ses gestionnaires estimant pouvoir atteindre sans problème les 50 000 annuelles, tandis que les 200 000 litres de lait venus de ses 250 chèvres ont alimenté la production du chabichou du Poitou. Sans oublier les vingt fromages de producteurs locaux vendus sur place, le travail quotidien réalisé par une vingtaine d’éleveurs régionaux, l’impact international du lieu qui a permis la mise en place au Liban d’une première filière laitière caprine.

« Une grave erreur »

Fermer Cabrilia serait le but poursuivi par la présidente, qui oublierait quelque peu les efforts fournis par la profession pour qu’il devienne une réalité. Celle-ci, majoritaire dans le Conseil d’Administration de l’association gérante, devrait monter rapidement au créneau pour freiner la décision déjà annoncée par la Région. Pour Patrick Charpentier, éleveur dans les Deux-Sèvres, et président de l’Association, Cabrilia « est l’outil de la profession, au service des professionnels, géré par des professionnels ». Il souligne que l’ex majorité avait accordé trois ans au Centre pour faire ses preuves, et que maintenant que celui-ci existe, il faut oublier les querelles de sa naissance et valoriser son investissement.

Pour ce responsable, « cette fermeture serait une grave erreur », ainsi que la disparition d’une vitrine fort utile à la filière régionale qui représente les trois quarts du lait de chèvre Français. Cabrilia est de plus un formidable outil de promotion au service des hommes, des animaux et des produits. L’affaire fait donc grand bruit dans l’interprofession, qui se dit cependant prête à étudier les propositions venues de la Région sur de nouvelles orientations évolutives, mais qui se refuse d’envisager la disparition d’un Centre qui aura décidément été motif de polémique tout au long de sa courte existence.

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