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«Ces fromages qu'on assassine»: quand la télé défend le lait cru

En trois semaines, pas moins de trois documentaires ont été diffusés sur le petit écran concernant la guerre qui oppose grands industriels et petits fabricants de camembert normand. Retour sur le dernier d'entre eux.

La problématique du lait cru en Normandie avec la sortie de l’entreprise Lactalis de l’AOC pour ses deux marques Lepetit et Lanquetot défraie la chronique. De nombreux articles de presse et trois documentaires TV ont récemment porté sur le sujet. Le dernier en date, « Ces fromages qu’on assassine » (diffusé à 20 h 50 le lendemain de Noël sur France 3), qui faisait suite à deux autres documentaires dont l’un sur FR3 animé par Laurence Bodillier, a suscité quelques commentaires que nous souhaitons reproduire ici. Le film de Joël Santoni et J.C. Deniau raconte le périple d’un journaliste gastronomique (Perico Légasse) et d’un candide (Erik Svensson) à bord d’un camping car au travers du monde des fromages, principalement AOC et aborde la question du lait cru et de la disparition des petits producteurs fermiers aux profits des grands industriels.

En pleine guerre du lait cru accusé de tous les maux par Lactalis, le film a-t-il atteint son objectif ? Oui paraissent dire les professionnels interrogés car le film, rempli d’images fortes, a eu le mérite de faire parler des fromages AOC et du lait cru. La présence d’interviews de Pascale Briand, directrice de l’Afssa, et d’Eric Poudelet, du laboratoire de Poligny, vantant les mérites du lait cru et assurant qu’il n’existait aucun problème de sécurité sanitaire sur le produit, était en ce sens extrêmement positif. « Ce film laissera des traces car la vérité sur le lait cru a été bien exposée par les scientifiques et les autorités, c’était une émission d’une valeur réelle », déclare André Valadier, président de la coopérative Jeune Montagne. « Le camping car c’est une très bonne idée. Nous avons reçu beaucoup de courriers d’encouragement et de félicitations », remarque Laurent Fléchard directeur Général de la fromagerie Gillot. « On a enfin pu parler des fromages AOC pendant une heure et demie et ça c’est bien », souligne Anne Richard, directrice du Cnaol.

Le grand public a-t-il compris ?

Mais si le film a plu dans son ensemble, nombreux sont ceux qui ont le sentiment que l’un des sujets principaux, le lait cru, n’a pas touché la compréhension du téléspectateur pour lequel la différence entre lait cru et autres laits reste un langage un peu abscons. « Nous regardons avec les yeux de la connaissance, mais le téléspectateur a-t-il eu l’explication qu’il était en droit d’attendre sur ce qu’est le lait », s’interroge Sylvie Grillet Aubert, présidente de l’ODG Abondance ? « Il a manqué une réelle information sur le lait cru, et les spécialistes du lait cru de l’Inra telle M me Monteil n’ont pas été interviewés. Le problème de fond n’a pas été abordé », estime Bernard Blay, directeur de l’interprofession du Saint Nectaire. «Le grand public a-t-il compris ? Car la problématique ne se résout pas à une simple opposition entre les grands et les petits, et le lait cru n’a pas été abordé dans le débat», remarque Anne Richard.

Enfin, une constatation, émise par les personnes interviewées, les petits producteurs ne ressemblent plus à ceux qui sont montrés dans le film. « Certaines situations sont très empiriques ou trop anciennes et n’ont pas d’avenir telles qu’elles sont montrées », regrette André Valadier.

Rédaction Réussir

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