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Céline Raffard, directrice associée de Quaternaire : « La crise sanitaire est révélatrice de défauts d’organisation »

Pour Céline Raffard, directrice associée du cabinet Quaternaire, la crise sanitaire que nous vivons a été révélatrice de défaillances dans les organisations ou, au contraire, de capacités à s’adapter. Au-delà, elle donne des conseils de bonnes pratiques à conserver.

Céline Raffard, directrice associée du cabinet Quaternaire.
Céline Raffard, directrice associée du cabinet Quaternaire.
© Quaternaire

Avec la vague omicron, les IAA ont été confrontées à beaucoup d’absentéisme et ont dû s’organiser vite. Quels enseignements faut-il en tirer ?

Céline Raffard : L’actuelle crise sanitaire est révélatrice de défauts d’organisation ou, au contraire, de capacités d’adaptation pour relever les défis. Dans l’agroalimentaire, et plus largement dans l’industrie, le phénomène le plus visible est l’absentéisme. Se cache derrière une importante fatigue des équipes et du management, un manque de moments collectifs et conviviaux qui pèse sur le moral des collaborateurs. C’est également une période de remise en cause assez profonde de certains salariés qui se recentrent sur leurs aspirations personnelles. Plus que jamais, l’entreprise a besoin d’un management fort pour donner du sens.

Quels sont les leviers à mettre en place pour limiter l’absentéisme ?

C. R. : Dans un même bassin d’emploi, l’absentéisme peut aller du simple au double. Limiter l’absentéisme, ce n’est pas une affaire de crise sanitaire, c’est avant tout agir sur le cadre et les conditions de travail, en prenant en compte les volets technique, organisationnel et humain. Deux exemples très concrets : le respect des règles sanitaires et la qualité du management. Certes, toutes les IAA ont mis en place des mesures sanitaires assez strictes. Mais on constate que leur application reste variable selon les entreprises et leur culture de l’exigence. Certaines vont jusqu’à piloter la consommation de savon et de gel hydroalcoolique, une façon de ne rien lâcher sur les incontournables et d’offrir un cadre de travail sécurisant pour les collaborateurs. Chez d’autres, on laisse un peu faire, sous couvert de bienveillance auprès de collaborateurs à qui l’on demande déjà beaucoup. La seconde clé pour limiter l’absentéisme reste la qualité du management. Certains managers issus du terrain n’ont jamais été accompagnés pour manager. Une actuelle prise de conscience amène les directions des ressources humaines à lancer des programmes de formation, parfois denses mais sans soutien dans la durée. Replongés dans leur quotidien, les managers ne savent pas appliquer ce qu’ils ont appris. L’accompagnement individualisé est alors important, par un formateur « coach », puis par le N + 1. De plus en plus d’entreprises commencent à s’ouvrir à cette pratique que nous appelons la « compétence accompagnée ». C’est un investissement important, mais qui paye et qui permet l’engagement du management.

Quand l’absentéisme est réel, il faut pouvoir être réactif et réadapter son organisation. Quels conseils pourriez-vous donner ?

C. R. : L’entreprise a plusieurs leviers sur lesquels agir, sous réserve qu’elle s’y soit préparée. Le premier est celui de la polyvalence. Il est essentiel d’avoir au préalable identifié les postes clés sur lesquels le remplacement au pied levé est complexe et d’avoir formé des gens en doublon sur ces postes. Un second levier est la capacité de l’entreprise à mobiliser des ressources additionnelles, en interne comme en externe. Dans des contextes où l’ambiance de travail est agréable, il est plus facile de solliciter les fonctions supports pour aller prêter mains fortes dans les ateliers, de mobiliser des stagiaires. Il est également plus facile de trouver des ressources externes de qualité quand l’image employeur est bonne. La difficulté à recruter n’est pas une fatalité, faut-il se donner les moyens de son ambition. Regardez toutes ces entreprises qui affichent des banderoles « Nous recrutons » ; mais que font-elles vraiment pour inverser la tendance, pour rendre le métier et l’image du métier plus attractifs ?

Alors si certaines entreprises constatent aujourd’hui qu’elles n’étaient pas prêtes pour affronter cette crise, il n’est évidemment pas trop tard pour prendre les sujets en main afin de ne plus subir demain !

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