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CCP : «la politique ne se décrète pas à Paris»

Alors que jeudi dernier, se tenait une conférence de presse des utilisateurs de la CCP, un certain nombre d’opérateurs ne savent pas à quoi s’en tenir concernant l’avenir de la certification de conformité. C’est le cas de la marque collective « Porc de Montagne » gérée par l’Association Porc de Montagne (APM) dont Georges Champeix est le président. L’Association regroupe une centaine d’éleveurs produisant 150 000 porcs par an, commercialisés dans 220 GMS et a obtenu la validation de sa CCP en juillet 2003. Il fait part de ses inquiétudes et se pose la question de l’avenir des éleveurs.

Les Marchés : Pourquoi militez-vous pour conserver la CCP en tant que signe officiel ?

Georges Champeix : L’avantage de la CCP est qu’elle apporte la caution de la puissance publique dans la crédibilité de la démarche. Nourrir l’homme est une éthique qui doit être garantie. Ceci a été prouvé par la crise de l’ESB. Le fait d’avoir obtenu la CCP nous a permis de progresser de 15 % tous les mois. Nous avons investi plus de 300 000 euros dans la démarche et aujourd’hui, nos éleveurs ont une plus-value de 8 euros par porcs. Tout cela a été obtenu alors que nous ne pouvions même pas mettre le logo de la CCP sur nos étiquetages car ceux-ci ne sont pas validés depuis un an et demi par la CNLC.

L.M. : Que se passera-t-il en cas de passage de la CCP en signe privé ?

G.C : Si la CCP disparaît en tant que signe officiel, nous sommes condamnés à nous diriger vers un Label Rouge et à réinvestir. Nous ne pouvons pas au bout de cinq ans abandonner le terrain de la qualité officielle, nos éleveurs ne le comprendraient pas. De plus, si nous n’avons plus la caution de l’État, nous serons obligés de passer par les cahiers des charges des distributeurs. Nous allons attendre la sortie du document qui sera présenté au ministre et si nos propositions sont refusées, nous nous battrons auprès de nos élus pour obtenir des amendements.

L.M : Pourquoi n’avoir pas réagi plus tôt ?

G.C : Nous avions confiance dans l’avis du CNA qui disait que la CCP devait être révisée, certes, mais maintenue. Nous ne nous sommes pas inquiétés, sinon à quoi sert le CNA. Nous pensions qu’il y aurait une concertation avec les professionnels, elle n’a pas eu lieu. C’est donc maintenant que nous allons nous battre. Il faut que le ministère comprenne que la politique de qualité se fait avec les professionnels à chaque niveau de la filière. La politique ne se décrète pas à Paris.

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