Casino part à la recherche de liquidités

La publication d'un chiffre d'affaires en hausse de 13,9 % au quatrième trimestre 2005 n'a pas épargné une belle chute à Casino, qui s'attendait certainement à un meilleur accueil le 27 janvier. En annonçant dans le même temps une probable dégradation de son résultat opérationnel 2005 (de l'ordre de 11 %), le distributeur stéphanois a confirmé les estimations réalisées au premier semestre, conséquences directes de l'agressivité observée en termes de prix. Pour ne rien arranger, même le hard discount, gros contributeur de croissance du groupe avec Leader Price, marque le pas (ventes en recul de 6,3 %). Ce nouvel épisode entame un peu plus le parcours boursier des 12 derniers mois. Entamé sur les bases de 64 euros, le titre Casino a même enregistré un plus haut à 66 euros, avant d'entamer une belle chute qui l'amène aujourd'hui à flirter avec les 50 euros. Pour ne rien arranger, la situation financière du groupe n'est pas des plus enviables, avec un endettement conséquent, qui représente l'équivalent de ses fonds propres. Compte tenu de la promesse faite de réduire cet endettement, Casino va devoir trouver des astuces pour tenir parole. Récemment, la mise en vente d'un quart des actions de la filiale Mercyalis (qui regroupe les galeries commerciales) a ramené quelques liquidités, avec 245 millions d’euros. L'érosion des marges en France n'arrange pas le tableau et pourrait accélérer les cessions. La semaine dernière, le quotidien La Tribune a affirmé que Casino a confié un mandat de vente pour ses cafétérias, un secteur non stratégique en mesure de générer des liquidités appréciables (de 500 à 600 millions d’euros). Compte tenu des données disponibles actuellement, les analystes de la banque Goldman Sachs sont apparemment sceptiques sur le sort de Casino. L'environnement prix étant plutôt tendu et le groupe de distribution n'affichant pas officiellement d'éléments rassurants, Goldman Sachs a maintenu sa prévision à « sous-performance ». En poste depuis moins d'un an, le pdg de Casino Jean Charles Naouri rencontre ses premières vraies turbulences.