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Brasil Foods se dote d'une base arrière en Argentine


> BRF possède des marques leaders comme Páty, Vieníssima ou Dánica.
Poids lourd du bœuf, acteur important en volaille depuis 2012 et sur le point de racheter le numéro 2 du porc local, Brasil Foods a mis le pied en Argentine de façon aussi discrète que fulgurante. Récit d'une conquête.

La pièce en trois actes jouée par Brasil Foods (BRF), en Argentine se termine. Elle pourrait s'intitulée « La Conquête ». Nul ne doute que suivront « La consolidation » et « Le grand export ». Sans compter le rachat effectif de Campo Austral, le numéro 2 du porc argentin. Parti de zéro en 2011, BRF réalise aujourd'hui, en Argentine, 7 % de son chiffre d'affaires global avec des outils industriels, mais aussi des marques leaders du marché, telles que Paty (hamburgers), Vieníssima (saucisses) et Dánica (margarines). La stratégie de conquête de BRF révèle l'opportunisme de ses dirigeants et leur force financière. « On est inquiets parce qu'ils savent comment travailler les produits, glisse un concurrent argentin. Mais leur arrivée signifie que la filière du porc a de l'avenir. Ils ne viennent pas en Argentine pour perdre de l'argent. »

400 millions d'euros facturés l'an dernier

« L'an dernier, nous avons facturé, en Argentine, 400 millions d'euros. Nous fabriquons 3,7 millions d'hamburgers et 67,5 millions de saucisses par mois », précise Fabio Mariano, le directeur financier de BRF pour l'Amérique latine. Pourquoi miser sur le porc ? « Aussi absurde que cela puisse paraître, l'Argentine avec son climat tempéré et ses fabuleuses récoltes reste importatrice nette de porcs. Nous voulons y devenir un acteur important. Au Brésil, nous avons 400 000 truies, c'est à peu près le nombre total actuel de truies en production en Argentine. »

Consolider leurs exportations de poulet

En octobre 2011, BRF met un pied en Argentine en rachetant Avex, un intégrateur et abatteur de volailles monté six ans plus tôt de toutes pièces à Córdoba. « Les dirigeants de BRF parlent souvent de leur entreprise comme d'une entreprise d'aliments, pas comme d'une productrice de viande, et leur vision du business est axée sur la finance », confirme Roberto Domenech, le président de la Chambre argentine des industriels avicoles. « Ils ont reçu le soutien de la Banque nationale de développement économique du Brésil sous les mandats de Lula da Silva, et durant le premier de Dilma Roussef avec pour mission de conquérir le marché mondial de la viande », rappelle-t-il. « Leur but, en Argentine, est de consolider leurs exportations de poulets et de vendre la quasi-totalité de la production destinée sur place en morceaux découpés », dit-il.

Paty, une belle marque de steak haché

Dans la foulée, en décembre 2011, sans débourser un réal, BRF s'empare de deux des plus grands abattoirs de bovins d'Argentine et de la marque Paty, si connue des Argentins que ces derniers ne disent pas « steak haché » mais « Paty ». Comment cela a-t-il été possible ? Forcé, en 2010, de se défaire de plusieurs unités d'abattage de volailles au Brésil, sous la pression de l'Autorité de la concurrence brésilienne, BRF les vend au groupe Marfrig en échange de celles que ce dernier contrôlait en Argentine, dont ses deux abattoirs et la marque Paty.

Suit une période incertaine au niveau politique durant laquelle l'entreprise laisse entendre qu'elle va se retirer d'Argentine faute de pouvoir exporter autant de bœufs que souhaité… Pour annoncer, en décembre 2015, son rachat imminent de Campo Austral avec sa maternité de 7500 truies, ses 32000 porcs abattus par jour, un atelier de découpe moderne et une usine à jambons et saucisses. BRF a signé un document évaluant ce rachat à 85 millions de dollars, soit la totalité des actions détenues par la firme hollandaise Eclipse Holding Coöperatief UA., actuel propriétaire de Campo Austral.

BRF a aussi racheté en octobre dernier, à un poids lourd de l'agro-industrie argentine, Molinos Río de la Plata, les marques Vieníssima (saucisses), Good-Mark (hamburgers) y Manty y Delicia (pâtes à tartiner), pour 40 millions d'euros selon la presse économique locale. De quoi absorber en aval la production de porcs à venir.

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