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Bovins : une rentrée sous le signe de la pénurie

La hausse fulgurante des cours en première semaine de janvier a déjà permis de ratrapper la baisse constatée en fin d’année. Les abattoirs peinent à s’approvisionner, et la situation est particulièrement critique pour le jeune bovin.

Le début de l’année est placé sous le signe de la pénurie. La mise en place de la nouvelle PAC a fortement accéléré les abattages en fin d’année et entraîné une chute importante des cours. En première semaine de janvier, la hausse constatée a déjà permis de rattraper la quasi totalité de ce recul !

Les abattoirs peinent à trouver suffisamment de marchandises, et les outils sont actuellement en nette sous-capacité. Selon les opérateurs, il manquerait de 10 à 15 % des effectifs nécessaires en vaches industrielles, et jusqu’à plus de 30 % de jeunes bovins !

Cette situation devrait se prolonger. En effet, les animaux abattus l’année dernière ne vont pas réapparaître ! De plus, la hausse des cotations entraîne déjà un peu de rétention dans les élevages, pour les animaux qui restaient à abattre en début d’année...

Les abattoirs et les grossistes en viennent donc presque à se féliciter que les ventes de viande peinent à redémarrer. Après les fêtes, la consommation semble en effet plus que moyenne, et les stocks de viande sous vide constitués en fin d’année permettent de compléter les rayons. Ceux-ci ne seront en revanche pas éternels, et avec les mises en avant de janvier, ils devraient être rapidement écoulés.

Pour l’instant, hormis bien sûr les éleveurs, ce sont les importateurs qui devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu. Nos principaux fournisseurs comme l’Allemagne ou l’Irlande sont passés l’année dernière au découplage, et ont donc maintenant retrouvé leur capacité «normale» de production. Ainsi, si les apports de ces pays seront comme d’habitude un peu plus restreints sur les trois premiers mois de l’année, ils devraient néanmoins rester réguliers et profiter de la hausse française.

Redressement des cours en novembre

La situation est particulièrement critique pour le jeune bovin dont le prix des jeunes bovins connaît en une ascension fulgurante depuis début octobre.

Pourtant, les abattages ont fortement progressé à l’automne selon la dernière étude de l’Institut de l’élevage. En octobre, ils étaient en hausse de 8% en tête et de 10% en tonnage ! Si le niveau de production est resté stable, les exportations en vif ont reculé de 18 % sur les trois premiers semestres 2005... Influencée par la baisse des restitutions, la France a perdu 23 % de parts de marché vers le Liban, et 8 % vers l’Italie.

C’est donc du côté des ventes de viande que se trouve l’explication. En août et septembre, les expéditions vers la Grèce, notre 1er client, sont en progression de 3 % par rapport à 2004. Elles sont en hausse de 6% vers l’Italie et de 26% vers l’Allemagne, qui sont respectivement nos deuxième et troisième clients.

Le marché italien a joué un rôle indéniable. Dans ce pays, fort consommateur, les abattages sur les neuf premiers mois de 2005 ont reculé de 4 %. Les importations brésiliennes, jusque-là en forte croissance, ont chuté de 16 % en septembre et octobre, suite à l’épizootie de fièvre aphteuse. De plus, le phénomène «grippe aviaire» semble avoir entraîné un report de consommation non négligeable entre la volaille et la viande bovine. À Modène, les prix avaient déjà explosés à la mi-octobre, progressant de 29 cents en huit semaines pour atteindre 2,30 euro/kg début décembre, soit 22 % de plus qu’en 2004.

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