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ÉCONOMIE
Bonnes perspectives pour le secteur laitier

Le rendez-vous annuel de la FIL à Parme a été l’occasion de faire le point sur la situation laitière mondiale avec différents intervenants qui ont dessiné une image large de la production et de la transformation laitière dans le monde et dressé quelques perspectives qui apparaissent positives pour le secteur.

« Les 15 prochaines années s’annoncent très positives pour le secteur laitier mondial », a déclaré Torsten Hemme, directeur de l’IFCN Dairy Research Center à l’université de Kiel en Allemagne. Il prévoit pour 2025 une production de l’ordre de 900 milliards de litres de lait soit 200 milliards de plus par rapport à 2010. Mais quels sont les pays qui vont produire ce volume?

LE LAIT BOUGE

« Entre 1995 et 2010, la production laitière mondiale est passée de 530 milliards de litres à 700 milliards. 62 % de cette croissance était le fait de l’Asie », a-t-il remarqué. En effet, la croissance de la production s’accélère en Inde, au Pakistan et en Chine : de 3 à 5 %. L’Irlande est également dans cette mouvance. Le Brésil et les États-Unis augmentent aussi leur collecte mais dans une moindre proportion. Dans le même temps, les pays de tradition laitière, notamment européens, sont en déprise.

Torsten Hemme s’est par ailleurs intéressé à la structure des exploitations laitières remarquant que sur les 145 millions de fermes laitières à travers le monde (chiffres IFCN 2009), plus de 75 % comptent moins de 10 vaches et en moyenne 3 vaches.

« Seulement 11 pays peuvent se targuer d’afficher une moyenne nationale supérieure à 100 vaches par ferme (329000 fermes – 16 % des vaches) », a-til précisé prévoyant une importante restructuration dans les années à venir. « Les fermes avec moins de 10 vaches (household farm), qui représentent aujourd’hui 78 % des exploitations dans le monde et détiennent 56 % des vaches, seront demain en difficulté, faute de terres », met-il en garde.

Cette analyse montre en définitive que les équilibres sont en train de changer d’axe. Les pays en développement augmentent leur production de lait ajoutant un point d’interrogation à l’avenir des échanges mondiaux de lait et de produits laitiers à moyen terme. D’autant plus que 40 % du lait produit dans le monde n’est pas collecté.Torsten appelle les acteurs économiques à consolider les fermes efficaces et à réfléchir à la localisation des usines.

CHANGEMENT DANS LE TOP 20 MONDIAL

Côté entreprises, ça bouge également. Les grands groupes sont conscients de ces évolutions et s’activent pour réserver des places sur la carte laitière mondiale du futur. Dans sa présentation, Benoît Rouyer du Cniel, a montré les évolutions qui se sont opérées dans le classement mondial des entreprises laitières. « Six groupes atteignent désormais un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros. Ils sont 24 à afficher plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’origine géographique de ces groupes est très variée contrairement aux années 90 où les entreprises laitières du top 20 étaient concentrées essentiellement en Europe, au Japon et aux Etats-Unis ».

Benoit Rouyer souligne ainsi la croissance accélérée de la coopérative canadienne Agropur qui en 10 ans, a multiplié son chiffre d’affaires par trois en se développant aux Etats-Unis (25 % du CA). « Nous comptons augmenter nos capacités de fabrication aux Etats-Unis notamment dans les poudres », a confié à la RLF son directeur Pierre Claprood qui compte également développer la position d’Agropur en Argentine : une opération est en cours de négociation actuellement. Autre exemple : le développement rapide du groupe coopératif indien Amul qui est passé de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005 à 2,1 milliards en 2011.

L’entreprise va pouvoir compter sur une production laitière qui va doubler dans les 10 ans à venir », a annoncé Amrita Patel, directrice de FIL India.« Un plan de développement sur 12 ans est en cours. La banque mondiale apporte son aide pour les 6 premières années. Parmi les objectifs : améliorer la génétique et l’alimentation des vaches ainsi que l’utilisation des terres agricoles ».

LA PRODUCTION LAITIÈRE POURSUIT SA CROISSANCE

Adriaan Krijer de ZMP (Pays-Bas, qui a présenté l’édition 2011 (chiffres 2010) de la World dairy situation, réalisée conjointement avec le Cniel et téléchargeable sur le site de la FIL(1), s’est prêté lui aussi au jeu des prévisions mais à plus court terme: « En 2011, la production laitière va continuer à croitre: +1,5 % en Amérique du Nord, +2 % en Europe, +3,2 % en Amérique du Sud, +3,4 % en Asie et +7 % en Nouvelle-Zélande, soit 13 à 14 millions de tonnes supplémentaires. Le prix du lait devrait continuer à augmenter du fait de la demande de la Russie, du Moyen et de l’Extrême-Orient. Il en est de même pour les échanges internationaux qui restent dynamiques ».

Les échanges de lait et de produits laitiers ont cru de 9 % en 2010. Toutefois Adriaan Krijer considère que le pic des prix est derrière nous car la croissance de la production s’accélère. D’autre part, il constate que les pays demandeurs changent de comportement. La Chine par exemple a restreint le crédit à la consommation.

Ceci pourrait se  traduire par une baisse de la consommation qui par ricochet agira sur les échanges et in fine sur les cours. « Même si les échanges ne concernent que 7 % du lait produit mondialement, elles ont le pouvoir de déstabiliser une filière en proie à la volatilité », a-t-il conclu.

(1) Bulletin FIL n° 451/2011

Les chiffres de la World Dairy Situation confirment la forte croissance de l’Inde. Le pays a augmenté sa production par rapport à 2009 et s’affirme comme étant le premier pays laitier du monde avec 109 milliards de litres. L’Union européenne progresse de 1,1 % par rapport à 2009 pour une production de 149 milliards de litres.

L’augmentation de la production mondiale de 1,8 % par rapport à 2009, profite au fromage dont les fabrications sont en hausse de 3 % en moyenne, notamment en Europe et aux Etats-Unis amenant dans son sillon la poudre de lactosérum (+6,8 par rapport à 2009 qui avait enregistré une baisse de plus de 5 %). Concernant la poudre de lait entier, la Chine se rétablit après la crise de la mélamine et la Nouvelle-Zélande explose ses fabrications avec +16,5 % après +21,4% en 2009. Enfin sur le marché de la poudre de lait écrémé, l’UE recule alors que les Etats-Unis progressent dans les mêmes proportions : -5,5 % et +5,4 respectivement.

Ces chiffres vont de pair avec une augmentation de la consommation mondiale. Celle-ci atteint en 2010, 104,7 kg par habitant, en moyenne, contre 103,5 en 2009. En 2000, celle-ci n’excédait pas 95 kg par habitant.

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