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Biocarburants : quel impact pour les coops ?

Les coopératives d'aliments du bétail mesurent avec circonspection l'effet biocarburants sur leur industrie.

Outre les sujets évoqués par le président du Syncopac, Daniel Rabiller, dans notre numéro du 23 mai, un dossier a fait l'objet d'exposés et de débats lors de l'assemblée générale de cette organisation : le développement des biocarburants et ses conséquences éventuelles sur l'alimentation animale.

Après les récentes vagues d'agréments de nouvelles capacités de production annoncées en 2005 et février 2006, ces capacités atteindront en 2009 4 274 000 tonnes, dont 3 227 500 t de bio diesel et 1 041 500 t d'éthanol. En 2005, la production française de biodiesel se limitait à 417 500 t et celle d'éthanol 207 000 t. Sachant que la production d'une tonne d'éthanol fournit une tonne de coproduits (drèches de céréales) et une tonne de diester, une tonne et demie de tourteaux, on mesure l'apport supplémentaire de matières premières pour l'alimentation animale du plan biocarburants.

De nouvelles implantations d’élevage ?

Compte tenu de l'importance des volumes en jeu, mais aussi de leur localisation, le Syncopac envisage une modification notable de l'ensemble du marché des matières premières pour l'alimentation animale ces prochaines années, en particulier dans les matières premières riches en protéines dont l'Europe est largement déficitaire.

Ce gisement supplémentaire constitue donc pour les fabricants français une perspective a priori positive. Mais il en est une autre : la délocalisation de certains élevages par leur implantation à proximité de ces nouvelles sources de matière première. On pense plus particulièrement à l'élevage porcin qui utilise les tourteaux de colza sortant des usines de trituration. Les industriels de l'alimentation animale ont d'ailleurs demandé à l'ITP (institut technique du porc) d'étudier les aspects techniques et économiques d'un développement de l'utilisation des tourteaux de colza par les porcins.

Il n'y a techniquement pas de problème majeur pour une incorporation de 15, voire 18 % de tourteaux de colza dans les rations. Mais cela sera-t-il suffisant pour engager un redéploiement important de cet élevage dans des zones proches des usines de trituration ? La perspective est tentante, mais suppose que la compétitivité du tourteau de colza par rapport au tourteau de soja soit importante et durable, ce qui est difficile à garantir dans un marché aussi volatile que celui des matières premières agricoles. Cela supposerait aussi d'implanter de nouvelles usines de fabrication d'aliment. L'on songe surtout aux énormes difficultés administratives pour créer de nouveaux ateliers porcs. Quant aux drèches et pulpes, elles s'adressent plutôt à l'élevage bovin et disposent d'un important potentiel de débouchés locaux.

Le développement des biocarburants s'est brusquement accéléré après une longue période de latence. Les industriels de l'alimentation animale s'efforcent logiquement d'en suivre le rythme.

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