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Bière : les nouveaux usages désormais réglementés

L'ajout d'une matière végétale ne doit pas entraîner une augmentation du titre alcoométrique final supérieure à 0,5 % en volume.
© DR

Obsolète, le décret de 1992 vient d’être actualisé pour adapter la réglementation à la forte diversification des produits brassicoles. L’ajout de miel est par exemple officiellement autorisé.

Alors que le nombre de brasseries a explosé ces dernières années en France, la plupart voulant se différencier et mettre en avant leurs typicités régionales par de nouvelles recettes, la profession restait régie par un texte de 1992, peu adapté aux nouveaux usages. « C’est la DGCCRF elle-même qui est venue nous voir en 2012, car elle avait contrôlé plusieurs brasseries régionales qui ne respectaient pas le décret de 1992. Pour autant, ces entreprises dynamisaient le secteur avec de nouvelles recettes. Elle nous a donc encouragés à régulariser les pratiques pour prendre en compte l’utilisation d’ingrédients déjà en usage dans la profession », explique Pascal Chèvremont, délégué général de Brasseurs de France.

Les échanges entre l’administration et les représentants de la profession ont abouti à la parution le 15 novembre du décret n° 2016-1531 relatif à la composition et à l’étiquetage des produits brassicoles. Il stipule que des herbes aromatiques ou des épices naturelles peuvent désormais être ajoutées à la bière, « si l’adjonction de ces ingrédients ne confère pas au produit final de manière perceptible les caractéristiques aromatiques typiques de ces ingrédients ». Alors que seule l’adjonction de jus de fruits, jus de légumes ou d’extraits végétaux était autorisée dans le précédent décret, il est désormais possible d’ajouter toute matière végétale, du miel ou même d’autres boissons alcoolisées, tant que cela n’entraîne pas une augmentation du titre alcoométrique final supérieure à 0,5 % en volume. « Le brasseur pourra utiliser la mention “ bière au miel ” par exemple », précise Pascal Chèvremont. Les ingrédients d’origine végétale à propriété colorante pourront aussi être ajoutés à la bière. La liste de ces ingrédients va être fixée par un arrêté du ministre chargé de la Consommation.

La « bière de garde » encadrée

Le décret définit par ailleurs les mentions « bière de garde » et « pur malt ». « La mention “ bière de garde ” est réservée à la bière qui, après sa fermentation primaire, a subi une période de garde d’une durée de 21 jours minimum », détaille le texte. La mention « pur malt » concerne la bière obtenue par fermentation alcoolique d’un moût préparé uniquement à partir de malt de céréales. « Nous avons envisagé de réglementer aussi la bière de Noël et la bière de Printemps, mais il y a tellement de recettes différentes selon les brasseurs que cela était impossible », soutient Pascal Chèvremont. Le décret entrera en vigueur le 1er janvier 2017. Les bières mises sur le marché ou étiquetées avant cette date pourront être commercialisées jusqu’à épuisement des stocks.

Une marque collective à l’étude

Dans le cadre de son assemblée générale, le 9 décembre dernier, l’association Brasseurs de France, qui représente une centaine de brasseries et 95 % de la production française de bière, a fait savoir qu’elle travaillait à la création d’une marque collective de qualité. Elle « aura pour objectif de valoriser le savoir-faire brassicole français et les brasseurs qui investissent en France dans un outil de production pour brasser eux-mêmes à l’inverse d’entreprises commerciales qui sous-traitent, souvent à l’étranger, en laissant entendre une origine locale de leurs bières », écrit l’association dans un communiqué. Le nom et le logo de cette marque ne sont pas encore fixés. « Le cahier des charges devrait être finalisé courant 2017 », annonce Pascal Chèvremont, délégué général de Brasseurs de France.

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