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Baisse de production attendue en 2009

Après un recul de la consommation fin 2008, les industriels de la transformation du légume ont revu à la baisse leurs besoins pour la campagne 2009. Résultats : les surfaces reculent de 8 % et les négociations s’avèrent difficiles pour les producteurs.

«Après une année 2008 record en matière de production de haricots et de pois, la campagne 2009 commence avec des surfaces sous contrats en recul de l’ordre de 8 % », a annoncé Agnès Bernardin, directrice de l’interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet), lors de son assemblée générale, qui s’est tenue mardi à Paris. Le Comité économique national agricole des légumes à destination industrielle (Cénaldi) évoque pour sa part une baisse des surfaces d’environ 3 % par rapport à la moyenne semée entre 2004 et 2008 et une baisse des volumes de 3,5 %. Les deux poids lourds du secteur légumes d’industrie, à savoir les pois et haricots (qui représentent plus de 60 % des volumes), devraient respectivement voir leurs surfaces reculer de 1 % et 4 % par rapport à la moyenne 2004-2008. Les flageolets (-5 %), les épinards et le chou-fleur (-19 %) sont également annoncés en retrait. Seules les surfaces de carottes (+2 %), de brocolis (stables) et de salsifis (+20 %) sont stables ou en progression. Sur les neuf principaux légumes d’industrie, le Cénaldi prévoit en 2009 une production de 857 100 tonnes, soit 13 700 tonnes de plus que le tonnage moyen livré entre 2004 et 2008, mais 4,8 % de moins qu’en 2008. Ce recul de la production s’explique par les besoins revus à la baisse des industriels face à une consommation qui ralentit. En région Nord-Picardie-Centre, les surfaces prévues régressent de plus de 10 % en pois, haricots, jeunes carottes et épinards. Dans la région sud-ouest, le recul des surfaces est encore plus important. Pour les producteurs, les négociations avec les industriels s’avèrent difficiles. « Dans le contexte général de la hausse des prix des matières premières, 2008 avait permis une revalorisation globale des prix des légumes, compensant des années de faible évolution et la hausse de certaines charges. Après les volumes record de la campagne 2008, la chute des cours des céréales et la crise généralisée, les négociations sont une nouvelle fois longues et difficiles », commente le Cénaldi dans son rapport d’activité 2008.

Reprise de la consommation début 2009

Pourtant, après un deuxième semestre 2008 difficile, il semblerait que la consommation ait repris sur les trois premiers mois de l’année, laissant entrevoir aux industriels de meilleures perspectives. La consommation à domicile de légumes en conserve, après avoir progressé en volume de 1 % au premier trimestre 2008, a chuté de 3 % sur les six mois suivants, entraînant un recul moyen de la consommation par foyer de 10,2 kg/an en 2007 à 9,6 kg en 2008. Sur les surgelés, la chute a été plus rude avec un -3 % au second semestre après un +7 % au premier. « Le recul a notamment porté sur les haricots (en recul de 8 % en valeur, malgré des prix en hausse), le chou-fleur, les épinards et les produits élaborés, victimes de leur prix au kilo », a commenté Frédéric Soudon, président du groupe légumes de la Fédération des industries d’aliments conservés (Fiac), mardi lors de l’assemblée générale. « Sur les quatre premiers mois de 2009, la consommation s’est reprise, avec une légère hausse de 1 % en volume sur les surgelés et les conserves. Cette hausse semble confirmer l’hypothèse d’un déstockage de la part des consommateurs fin 2008, surtout sur les surgelés », a-t-il ajouté.

Aux surgelés, « il manque la dimension plaisir »

Une impression qu’est venue confirmer Pascale Hebel, directrice du département consommation du Crédoc. « Le marché de l’alimentation ne sera pas négatif en 2009 (ndlr : contrairement à la baisse de 2 % en volume enregistrée en 2008) », a-t-elle pronostiqué, annonçant également un retour en grâce des marques nationales après une dégradation de l’image des premiers prix et des MDD auprès des consommateurs en 2008. En revanche, la spécialiste de la consommation annonce à long terme une baisse importante du budget consacré à l’alimentation. « Dans 20 ou 30 ans, cette part atteindra 10 % », a-t-elle déclaré. Une prévision que le Crédoc réalise en regardant la part que la génération des 20-30 ans y consacre aujourd’hui : soit 8 % (contre 23 % pour les 60-70 ans). Cette génération privilégie les produits transformés par rapport aux produits bruts. « Pour les jeunes, il faut de plus en plus proposer un légume d’assemblage », a-t-elle conseillé aux industriels.

Autre conseil de Pascale Hebel : oublier un peu le discours santé et privilégier le plaisir. « Je crois beaucoup aux surgelés, il leur manque juste la dimension plaisir », a-t-elle estimé. Et selon elle, ce changement d’image ne pourra se faire qu’à travers une campagne collective, comme ont su le faire les industriels de la charcuterie. Elle pense également que les légumes d’industrie devraient davantage se rapprocher de l’interprofession des fruits et légumes frais. « On le fait déjà », répond Gildas Conanec, président de l’Unilet. Interfel et l’Unilet sont par exemple associés dans un projet pour l’accessibilité des légumes auprès des populations défavorisées. Après une phase pilote (d’octobre 2008 à mai 2009), ce programme va désormais se démultiplier auprès d’associations caritatives.

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