Aller au contenu principal

« Aujourd'hui, il manque 50 % des volumes »

La filière AOP Lentille verte du Puy encourage ses producteurs à semer davantage, et espère que les rendements seront au rendez-vous en 2015 afin de répondre à la demande.

Tous les étés, les vacanciers et les opérateurs touristiques croisent les doigts pour que les mois de juillet et août soient beaux et chauds. Les producteurs de la lentille verte du Puy aussi. « Cela fait trois ans que nous avons des étés qui ne sont pas de vrais étés », déplore Antoine Wassner, président de l'ODG et directeur général de Sabarot-Wassner, l'une des trois entreprises de conditionnement de la filière. « Du coup, nous sommes en déficit de production : aujourd'hui, il manque 50 % des volumes pour couvrir la demande », annonce-t-il. La lentille, culture méditerranéenne, n'aime pas l'eau. Il lui en faut à la floraison, au mois de juin, mais ensuite, elle réclame un temps sec et ensoleillé jusqu'à la ” récolte du mois d'août. Sinon, elle souffre. « L'année dernière, à cause de la pluie de juillet, on a terminé sur une campagne à 7 quintaux l'hectare en moyenne, alors que le potentiel de production avait été estimé à 15 quintaux en juin, observe Laurent Béraud, président du groupement des producteurs. Certains ont récolté 2 quintaux, d'autres même rien du tout. »

Un hectare de plus par producteur

Une météo capricieuse qui pénalise la filière, alors même qu'elle s'escrime depuis quelques années à relancer son potentiel de production. « La lentille est une culture de diversification, explique le président. La majorité des producteurs sont des éleveurs laitiers qui, par souci de rentabilité immédiate, préfèrent parfois faire du lait et des céréales. » Alors l'année dernière, pour remobiliser les 760 producteurs de la filière, un appel « un hectare de plus par producteur » a été lancé, et entendu : 10 % de surfaces en plus ont été emblavées, soit 500 hectares pour un total de 3 860 hectares (voir graphique). Un sursaut collectif malheureusement insuffisant : en 2014, les tonnages récoltés ont plafonné à 2600 tonnes, alors que la moyenne ces dix dernières années se situe autour de 3 à 4000 tonnes. « Il faudrait 5 000 tonnes pour couvrir la demande actuelle et reconstituer un peu nos stocks », précise Antoine Wassner. « On aurait besoin d'une bonne récolte qui crée de l'émulation, ça fait dix ans que cela n'est pas arrivé », remarque Laurent Béraud. Et si c'était pour 2015 ?

1 700 euros la tonne à l'achat

La saison s'annonce bien, même si les surfaces semées ne seront connues qu'en mai. À 1 700 euros la tonne à l'achat et 1 000 euros par hectare de marge brute en moyenne, la lentille reste une culture attractive, d'autant plus que le prix du blé est en baisse. Si la météo ne leur joue pas encore un vilain tour, si les adventices et les maladies se tiennent tranquilles, si les rendements sont au rendez-vous, la filière pourra enfin livrer tous ceux qui l'attendent avec impatience. « La demande est pressante, c'est un produit qui plaît beaucoup, vendu dans plus de 70 pays dans le monde », confirme Antoine Wassner, dont l'entreprise exporte 50 % des volumes collectés. « Notre défi national, c'est de revenir en GMS », ajoute Laurent Béraud.

Passionnés, fiers de leur produit d'exception, les acteurs de la filière restent optimistes : un bel été et la lentille verte AOP du Puy retrouvera toute sa place dans les rayons des distributeurs.

Les plus lus

dindes en élevage
Dinde : alourdir les carcasses, la stratégie de LDC et Galliance pour la reconquête

Après une chute ininterrompue des abattages depuis 2000, la dinde semble reprendre quelques couleurs en France. Au moins le…

Terrains de stockage et troupeaux au Brésil
Viande bovine : la Rabobank prévoit une baisse de la production mais s’inquiète de la demande en 2026

Les prévisions de la Rabobank sont à une poursuite de la baisse de l’offre mondiale de viande bovine, et une hausse des prix…

Mamie au supermarché
7 marqueurs de l’alimentation des seniors d’aujourd’hui

Les habitudes alimentaires des Français de plus de 65 ans ou plus ont évolué avec le changement générationnel. Ces dernières…

vaches dans un pré
Prix des bovins : après 8 semaines de baisse, le plancher en vue ?

Les prix des vaches allaitantes et des vaches laitières se stabilisent tandis que ceux des jeunes bovins s’effritent encore…

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

Javier Prida
Œufs : Le premier quota d’ovoproduits réservé au Mercosur rempli sur le champ par une seule entreprise

La firme argentine Ovoprot a fourni en quelques jours le premier quota détaxé d’ovoproduits attribué au Mercosur dans le cadre…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio