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Assurer la sécurité sanitaire : à chacun sa méthode

BASF Agro, Lesieur, Agrial et Fleury Michon sont venus expliquer lors d'un colloque à Paris les moyens mis en place pour assurer la sécurité alimentaire, au-delà de la réglementation et des démarches classiques.

Jusqu'où les industriels sont-ils responsables de la sécurité alimentaire de leurs produits ? Comment s'y prennent-ils pour se prémunir au mieux des risques d'une crise ? Quelle place pour l'innovation face à un consommateur très exigeant et critique ? Quatre industriels (Fleury Michon, BASF Agro, Lesieur et Agrial) ont tenté de répondre à ces questions jeudi lors d'un colloque sur le partage des responsabilités en matière d'alimentation organisé par les anciens élèves de trois grandes écoles (Agro, X, Ena). Emmanuel Butstraen, président de BASF Agro, a expliqué que pour réduire les risques liés à l'utilisation de ses produits, son entreprise « ne pouvait se réfugier derrière les autorisations ministérielles mais devait prendre des mesures proactives ». Parmi elles, le patron du groupe phytosanitaire cite l'éducation aux bonnes pratiques de 5000 agriculteurs, la mise en place d'une filière de recyclage des emballages avec l'objectif d'atteindre 50 % des emballages recyclés, et l'établissement d'indicateurs de suivi et de contrôle par un observatoire des résidus. Pour Jean-Marie Meulle, DG du groupe coopératif Agrial, au-delà de la réglementation, du système de traçabilité et de méthodes type HACCP, la sécurité alimentaire passe par la motivation du personnel. « Et ce n'est pas une chose évidente de motiver, dans les abattoirs ou les usines Florette, un personnel qui n'a pas un niveau scolaire élevé et qui touche une rémunération de 1 à 2 Smic», a-t-il confié. Pour y parvenir, Agrial met en place des méthodes participatives : les salariés travaillent sur des projets d'amélioration des procédures et de la productivité et un intéressement financier en fonction de la conduite des procédures et de la qualité dans les usines. « La carotte : ça fonctionne », selon le directeur général.

L'innovation d'abord pour Fleury Michon

Pour Fleury Michon, parmi les moyens destinés à assurer la sécurité alimentaire, c'est l'innovation qui est avancée en premier par le président du directoire Frédéric Bouisset. Et ce, depuis les années 60. Après la cuisson sous-vide du jambon, Fleury Michon a transféré dans les années 80 la technologie aux plats cuisinés. « Nous avons récemment vendu la technologie aux Etats-Unis, un contrat a été passé avec un leader local en Italie et un accord est en vue sur l'Espagne », s'est félicité Frédéric Bouisset. Aujourd'hui, le leader des solutions repas s'est fixé le challenge de développer une gamme de jambons sans conservateurs. Aidé par Joël Robuchon, l'industriel a conçu un procédé qui utilise des herbes et des végétaux comme le céleri, la carotte et l'ail. Difficile d'en savoir plus. Pour garder son secret, Fleury Michon a même pris le risque de ne pas déposer de brevet.

Chez Lesieur, même son de cloche. « Notre première responsabilité, c'est d'innover, de mettre au point des produits répondant aux attentes et besoins du consommateur en termes de nutrition et de santé », a affirmé Yves Delaine, directeur général de Lesieur. La marque a pour objectif de sortir deux nouveaux produits par an, dont le dernier né : la fleur de colza. 650 producteurs sont engagés dans la fabrication de cette nouvelle huile et répondent à un cahier des charges strict établi par l'industriel.

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