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Après une sévère correction, le colza se stabilise

La récolte record attendue en Amérique du Sud, la hausse du dollar et le retour de l'huile de palme, tous les éléments sont réunis pour faire pression sur le complexe soja. Le colza, qui résistait, a fini par se laisser entraîner dans la spirale.

Le weather market s'installe en Amérique du Sud. Il y a 15 jours/3 semaines, grâce à une amélioration des conditions climatiques, on annonçait que la récolte brésilienne allait être plus importante que prévu, à 95,5 millions de tonnes (Mt), voire plus. Aux dernières nouvelles, selon les sources, elle ne serait plus que de 93,6 Mt (Agroconsult) ou 94,2 Mt (Celeres) et les pluies pourraient retarder la moisson. En Argentine en revanche la sécheresse inquiète les producteurs. Cela n'a pas empêché les cours des graines de soja de se dégrader à Chicago. C'est surtout l'impact de l'arrivée imminente des graines brésiliennes sur le marché. Les flux des marchandises vers les ports brésiliens commencent à s'organiser et on constate les premiers « switchs» de la demande mondiale, des États-Unis vers le Brésil. Du côté des huiles, la pression monte. Les dégâts causés par les inondations en Malaisie semblent être maintenant du passé, et la hausse attendue de la production de l'huile de palme, à un moment où la demande recule, provoque une forte baisse des cours, entraînant au passage ceux du soja. Et ce, d'autant plus qu'avec ses grosses récoltes, l'Amérique du Sud devrait produire cette année près de 4 Mt d'huile de plus qu'en 2014. De plus, la décision que vient de prendre le gouvernement américain d'étendre le bénéfice des crédits d'incorporation aux États-Unis au biodiesel argentin contribue à faire chuter l'huile de soja à Chicago.

Baisse des importations de soja

L'annonce par la Banque centrale européenne du rachat de plus de 1 milliard d'euros, entre mars 2015 et septembre 2016, a entraîné la baisse de l'euro notamment face au billet vert. La hausse des coûts, qui freine les importations de soja américain, est bien sûr un élément de soutien au complexe oléagineux UE et en premier lieu au colza. Mais face à un environnement hostile – dégradation du soja à Chicago, baisse des cours et de la demande des huiles, le pétrole largement sous la barre des 50 $ le baril – le colza a fini par céder. Il est vrai qu'au même moment, la récolte 2014 européenne vient d'être légèrement revue à la hausse. De plus, l'Australie, qui peine à vendre son canola en Asie, se presse devant la porte de l'Union européenne. Après une sévère correction la semaine dernière, le colza se stabilise sur ce début de semaine soutenu par le petit sursaut de soja. Peu d'évolution sur le marché du tournesol où la demande, soutenue par de bonnes marges de trituration, est toujours présente. Les prix, tout de même un peu secoués par un environnement international défavorable, sont sous pression. Paul Varnet

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