Aïd-el-Kebir : la DSV veut remplir les abattoirs pérennes
L’Aïd el Adha (fête du sacrifice) ou Aïd el Kebir (grande fête) sera célébrée cette année du lundi 8 au mercredi 10 décembre. Le lundi est d’ordinaire un jour assez chargé pour les abattoirs, souligne-t-on à la Fneap (fédération des abattoirs prestataires de service). « Néanmoins, on tâchera de s’organiser », dit le responsable des affaires générales de la Fneap, André Eloi. Celui-ci regrette un peu que les services vétérinaires ne se rendent pas disponibles le dimanche, alors que les organisations professionnelles avaient proposé de débuter ce jour en comité de pilotage.
Dans les départements, les négociations sont en cours avec les DDSV, si bien que la liste des abattoirs pérennes ou temporaires qui se mobilisent n’est pas disponible ; elle est généralement publiée au Journal officiel quelques jours avant. Comme chaque année, l’abattage de quelque 100 000 jeunes ovins en quelques jours est une épreuve pour les abattoirs pérennes. La direction des services vétérinaires souhaite pourtant une utilisation optimale des capacités d’abattage de ces abattoirs, afin de limiter le recours aux abattoirs temporaires. Dans une circulaire interministérielle datée du 13 novembre 2008, qui dresse le bilan de l’Aïd de 2007, la DDSV suggère entre autres de « rentabiliser les abattoirs pérennes avant de créer des structures temporaires » et d’y « optimiser l’abattage ».
La capacité maximale d’abattage de ceux-ci, au nombre de 159 l’an dernier, « est loin d’avoir été atteinte », dit l’analyse : 85 % alors que celle des abattoirs temporaires, au nombre de 49 en décembre 2007, a été dépassée (119 %), ce qui peut être à l’origine de problèmes sanitaires.
Bilan positif de 2007
Les autorités tirent un bilan sanitaire « très positif » de la précédente célébration : déroulement dans de bonnes conditions d’hygiène, fruit d’une « bonne coopération entre services administratifs et les autres acteurs concernés », de l’implication d’intervenants habituels, d’une meilleure coordination et de la volonté de centraliser les commandes. Mais « de nombreuses non-conformités » ont été observées en abattoirs temporaires, sans « aucune avancée significative » par rapport à la précédente célébration. Pour utiliser à plein les abattoirs pérennes, l’autorité sanitaire compte sur l’étalement des abattages sur 4 jours, en partant de la veille. Or, 70 % se sont réalisés le jour « J » en abattoir pérenne, contre 11 % le deuxième et 2 % le dernier. Les abattoirs temporaires ont concerné 24 408 abattages ovins l’an dernier. C’est qu’ils répondent aussi à une nécessité géographique. La carte publiée dans la circulaire montre un manque de structures pérennes dans l’ouest de la couronne parisienne, dans le Var et les Bouches-du-Rhône, en Savoie et Haute-Savoie et le Centre, à moins de raisonner à l’échelon régional ou interrégional.
Selon la Fneap, l’organisation est aidée par les arrêtés préfectoraux et les centres de rassemblement des bêtes. Pour l’améliorer encore, les DDSV suggèrent de favoriser la concentration des abattages en organisant des livraisons de carcasses, de centraliser les commandes auprès des grossistes et d’encourager la vente en supermarché. Comme le rappelle l’association OABA (assistance aux bêtes d’abattoirs), bien des dérapages pourraient être évités si le jour « J » n’était pas respecté à la lettre, sachant que l’Aïd el Kebir n’est pas un pilier de l’Islam.