Aller au contenu principal

Affaire Unigrains : trois ministres au secours de la FNSEA

Michel Rocard, Alain Lamassoure, Henri Nallet ont témoigné vendredi 3 octobre pour justifier le système de financement des organisations professionnelles agricoles.

Sollicités comme témoins par l’ancien président d’Unigrains, Henri de Benoist, trois anciens ministres, Michel Rocard, Alain Lamassoure, Henri Nallet ne se sont pas dérobés. Tous les trois, qui ont eu à un moment ou à un autre à donner leur accord au financement de la FNSEA par Unigrains via les organisations professionnelles de l’Élevage, ont assumé leurs décisions. Quand il apprit le fonctionnement du système, « j’ai bien compris que nous n’étions pas dans un univers réglementaire parfait » a reconnu, Michel Rocard qui fut ministre de l’Agriculture de 1983 à 1985. « Mais j’ai trouvé que cette solution qui impliquait « la solidarité » entre riches et pauvres était « élégante et exemplaire » et « j’étais fier de participer ». « Je nageais dans une admiration mais plus pour des raisons éthiques que réglementaires » a-t-il résumé.

Alain Lamassoure, aujourd’hui parlementaire européen UMP qui fut ministre du ministre du Budget de 1995 à 1997 et qui fut également Conseiller maître à la Cour des Comptes, est davantage resté sur le plan juridique. Lui aussi a donné sa signature à « un accord politique au sein du monde agricole pour considérer qu’il fallait organiser une redistribution entre céréaliers et éleveurs par le biais de la fiscalité ». Et d’insister sur le fait qu’un tel dispositif ne pouvait pas se mettre en place sans l’accord du ministère de Budget.

Henri Nallet au cœur du système

Pour lui donc il est impossible de parler d’abus de biens sociaux, puisqu’il s’agissait de « deniers publics » et non privés, Unigrains n’ayant que « la gestion technique » du dossier. Certes il a reconnu qu’il avait pu donner son accord « à des actions illégales ». Mais rien de très grave puisque la Cour des Comptes « n’a constaté ni un détournement de fonds, ni saisi le Parquet, ce qu’elle fait régulièrement ».

Quant à Henri Nallet, ministre de l’Agriculture à deux reprises, en 1985-1986 et 1988 à 1990, il fut au cœur du système. D’abord, à la mise en place du Fonds de solidarité entre céréaliers et éleveurs en 1969-1970, alors qu’il était salarié de la FNSEA. Au départ, il s’agissait d’aider les associations de l’Élevage, (FNB, FNP, CFA) à « être plus présentes », de les doter de moyens humains et financiers pour se faire entendre à Paris comme à Bruxelles, pour moderniser l’élevage français qui à l’époque en avait bien besoin. A une époque aussi où la Pac accordait un soutien plus important aux céréaliers qu’aux éleveurs.

Ce soutien justifiait il les cotisations à la FNSEA ? Bien entendu. « Aider la les organisations de l’élevage à payer sa cotisation à la FNSEA était un moyen pour la partie la plus pauvre et la moins aidée par la politique agricole commune d’avoir du poids dans les instances arbitrales. C’était financer son droit à la parole », résume l’ancien ministre socialiste de l’Agriculture

Tout cela est certainement vrai. Mais quand l’accord du paiement des cotisations dues à la FNSEA par Unigrains a été donné 1981, par la ministre de l’Agriculture, Edith Cresson, ce feu vert n’était pas dénué non plus d’arrière pensées politiques. Pour le pouvoir en place, et compte tenu du climat d’hostilité qui régnait vis-à-vis des socialo-communistes dans les campagnes, il s’agissait de renforcer le poids de structures au sein de la FNSEA, qui sans être ouvertement de gauche, était moins hostiles aux socialistes que les céréaliers du bassin parisien.

Rédaction Réussir

Les plus lus

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

graphique de prix des oeufs
Œufs : les prix des œufs au sol battent des records en Europe, pas la cage

L’évolution des prix des œufs français, au  février 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

quai de déchargement des porte conteneur
Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Jamais sur un mois de janvier, l’Union européenne n’avait importé autant de viande bovine qu’en 2026. Les envois étaient…

poule rousse dans un champ vu de prés
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 27 mars 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio