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Adapter le terroir à la modernité, un travail délicat pour les IAA

Les produits du terroir doivent faire valoir une histoire sans pour autant être déconnectés des attentes actuelles, ont estimé les participants à un colloque organisé à Montpellier.

Animal aux attentes apparemment contradictoires, le consommateur a été ausculté sous toutes ses coutures et ses fantasmes décryptés, lors du colloque organisé le 17 octobre dernier à Montpellier par l'Aria et Transferts LR, centres d’expertise chargés de développer l’innovation et le transfert de technologie en Languedoc-Roussillon. Invités à venir débattre des attentes de nos concitoyens en matière de terroir, dans une région qui compte plus d’un millier de PME dans le secteur agroalimentaire, Alain Frétellière, directeur de la marque Reflets de France (Carrefour) et Didier Chabrol, vice président de Slow Food France ont longuement répondu aux industriels présents.

Ne pas aller trop loin dans l’enracinement local

Selon les résultats d’études présentés en amuse-bouche de cet atelier, le consommateur français aurait donc une vision assez floue, qualifiée même de fantasmatique de ce que peut-être le terroir. Notion dans laquelle il projette des attentes telles que les liens à l’histoire et la tradition, la proximité avec une région et de ses producteurs, l’idée d’une production artisanale, un goût précis et typique, des circuits de distribution courts et un packaging minimal, loin en tout cas de la débauche de moyens dont font preuve des produits de grande marque, le produit étant vendu, cela va de soi, pour ce qu’il est…

Alain Frétellière confirmait d’emblée que la notion de terroir est un concept qui fonctionne bien et en toute cohérence avec la modernité. Tout en mettant en garde : « Il faut être très prudent lorsque l’on veut lancer un produit « de terroir». Relancer un produit qui n’existe plus revient le plus souvent à prendre de très, très grands risques. » Simplement à cause du décalage qui existe entre le rêve et la réalité. « Autrefois, le terroir était subit » rappelle Didier Chabrol, et l’alimentation souvent peu variée… « Pas sûr que si l’on propose aux consommateurs d’aujourd’hui de consommer le navet de Pardaillan(à côté de Montpellier ndlr) comme il se cuisinait il y a un siècle cela lui plaise finalement» ajoute Alain Frétellière. Cerner les attentes des consommateurs n’étant pas un exercice facile, quelques pistes furent énoncées pour espérer un succès. Comme par exemple la nécessité de rester proche du terroir mais sans s’enfoncer dans la notion patrimoniale. « Ce sont des produits qu’il faut savoir adapter aux instants de consommation moderne. Ce n’est pas parce qu’un produit a une histoire qu’il est figé, les produits ont toujours fait l’objet d’évolution. Pourquoi alors ne pas continuer de les faire évoluer ? Ne pas faire comme le vin par exemple, qui est allé tellement loin dans la notion de terroir qu’il ne sait plus s’en sortir maintenant. » Le terroir est bien un exercice difficile et périlleux…

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