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35 heures : les entreprises attendent une réforme

Démotivation des salariés, perte de flexibilité, les griefs des chefs d’entreprises de l’agroalimentaire ne manquent pas à propos de la réduction du temps de travail.

« Que l’on revienne comme avant tout simplement ». La remise en question des 35 heures fait l’unanimité chez les entrepreneurs de l’agroalimentaire en Rhône-Alpes (316 entreprises et 26 265 emplois dans cette branche), qui estiment leur activité « très pénalisée » par les lois mises en place par Martine Aubry. Même si, comme le souligne Jean-Yves Krief, Pdg de l’entreprise Vitacuire, « un retour en arrière risque de prendre beaucoup de temps et de n’être possible que face à une menace très concrète de délocalisation». Le principal reproche qui est fait à la loi est la démobilisation des salariés. « Cadres comme employés, la démotivation du personnel est complète,regrette Emmanuel Brochot, directeur général de Valentin Traiteur, qui compte un effectif de 130 personnes. Pour les cadres administratifs, le passage à 35 heures a été facile à gérer, en revanche pour les commerciaux cela a été très difficile et au niveau de la production c’est une loi ingérable», poursuit-il.

Assouplissement des heures supplémentaires

Une évolution sur les heures supplémentaires est ainsi l’un des premiers assouplissements réclamés. Après la loi Fillon qui porte le contingent de 130 à 180 heures annuelles, l’une des pistes retenues est la généralisation du régime dérogatoire des entreprises de moins de 20 salariés qui limite les heures supplémentaires à 10 % au lieu de 25 %. Christine Laurent, p-dg de l’entreprise de volailles Corico à Monsols (Ain) où sont employées 230 personnes, estime qu’« à 10 % c’était encore tenable mais à 25 % la masse salariale est trop importante. Il faudrait envisager par exemple un calcul dégressif car on arrive très vite à 36 heures». Elle met aussi en avant la perte de flexibilité qu’ont occasionnée les 35 heures : « Nous travaillons beaucoup de frais, donc en flux tendus, et quand il y a une commande supplémentaire il faut supplier les salariés pour qu’ils restent, l’attrait de l’argent ne suffit même plus », explique-t-elle.

Chez Valentin Traiteur, le directeur général regrette lui aussi la limitation des heures supplémentaires mais fait un constat assez différent. « 90 % des salariés voudraient travailler plus pour gagner plus, ça ne les intéresse pas de terminer la journée à midi et de voir diminuer leur pouvoir d’achat. Avant ils se faisaient un quatorzième mois en décembre grâce aux heures supplémentaires. Si une réforme ne passe pas rapidement, je suis persuadé que ce sont eux qui la réclameront d’ici quelques années », assure-t-il. Et d’ajouter : « avant les 35 heures on se posait la question avant d’automatiser certaines fonctions. Aujourd’hui, chaque développement est pensé avec une diminution de personnel ». Même si tous espèrent une réforme rapide, la traditionnelle hausse d’activité des fêtes de fin d’année approchantes, les changements attendront.

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