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Politique agricole commune
Fin des déclarations le 15 mai : la PAC, au cœur des enjeux de l'Union européenne

Dernier jour pour les déclarations PAC. Tous les dossiers doivent être remplis ce 15 mai. L’occasion d’un petit éclairage sur cette Politique agricole commune, devenue un enjeu dans les élections européennes.

© Vincent Marmuse

La PAC – Trois lettres qui raisonnent bien et permettent de prendre un raccourci pour parler de la politique agricole commune. Le sigle est bien connu des Français, autant que sa version anglo-saxonne CAP outre-Manche.  La politique agricole de l’Union européenne a été créée en 1962, il y a 57 ans. Ce fut la première politique commune mise en place par l'Union européenne et elle a accompagné la vie professionnelle de tous les agriculteurs en activité aujourd'hui. En 1999, est venu se rajouter ce que l’on a appelé le second pilier de la PAC qui s’intéresse au développement rural, tandis que le premier pilier est destiné à soutenir les marchés, les prix et les revenus agricoles.

En 1980, Simone Veil, alors présidente du Parlement européen, citait la PAC en exemple de choses « qui vont bien ou mieux qu’elles n’iraient autrement, grâce à l’Europe ». Dans les archives de l'INA, au micro d’Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach, elle défendait cette politique : « qui a permis aux agriculteurs de voir leur niveau de vie suivre celui des autres catégories de la population ». La femme politique poursuivait : « C’est la politique agricole commune qui, depuis 20 ans, a fait que les produits sont vendus à un niveau de prix garanti qui, en réalité, a assuré aux agriculteurs européens dans leur ensemble une situation qui, sans cela, aurait été catastrophique. » La PAC aurait donc permis d’éviter la catastrophe, le mot est fort, mais pesé, car Simone Veil en était convaincue : « Sans la politique agricole commune, l’agriculture dans les pays européens aurait très largement disparu, parce que les prix mondiaux sont, dans bien des secteurs, très inférieurs ».

Près de 40 ans après, sur fond de mondialisation galopante, la problématique des prix mondiaux est toujours aussi cruciale. Et les négociations de la PAC à l’horizon 2021-2027 se déroulent sur fond d’élections européennes. Le magazine l’Obs du 10 mai consacre un article à ce sujet et rappelle que le budget de la PAC, de plus de 360 milliards d’euros entre 2014 et 2020, a représenté environ 40 % du budget de l’Union européenne. Dans cette enveloppe, une part de 9,1 milliards d’euros par an pour la France, précise l’hebdomadaire. « Un fromage aussi vital qu’appétissant pour l’agriculture nationale ». Et d’expliquer les visions de chaque camp : celle d’une « politique agricole française » du Rassemblement national, celle d’aides concentrées sur les « exploitations petites et moyennes » de la République en marche, ou encore la proposition du PS-Place publique d’attribuer 70 % du budget de la PAC « aux pratiques agricoles qui visent à l’abandon des pesticides et des engrais de synthèse ».

En 2019, difficile aussi de faire évoluer la PAC sans un volet alimentation. Les formations politiques en parlent dans leur programme. Et tandis que Europe Ecologie – Les Verts veut « favoriser l’alimentation locale », le parti des Républicains évoque une « préférence communautaire dans le domaine agricole », analyse l’Obs.

« On le voit, cette réforme de la PAC constitue pour beaucoup un recul, une sorte de retour en arrière qui privilégierait une définition nationale des politiques agricoles », observe pour sa part RCF. La chaîne de radio donne également l’avis de Lucien Bourgeois, membre de l’académie d’agriculture pour qui il manque, pour redéfinir la PAC, « un objectif qui serait commun aux agriculteurs comme aux consommateurs ». L’économiste pense que « la santé pourrait être un objectif de la PAC ».

S’exprimant sur les ondes de la radio, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, estime que la PAC doit viser un objectif à la fois « économique, social et environnemental ».

La PAC repose sur deux piliers. Mais pas évident de trouver l’équilibre.

 

Lire aussi dans l'Oise agricole : " Bruxelles, ton univers impitoyable ".

 

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