Fruits transformés origine France : « Nous développons tout un réseau d’approvisionnement local », affirme Raquel Martins de Charles & Alice, implanté dans la Drôme et le Vaucluse
Raquel Martins, responsable marketing, innovation et RSE de Charles & Alice, explique comment le groupe œuvre à augmenter la part de fruits français utilisés dans ses compotes, alors que l’origine France représente déjà 70 % de ses approvisionnements pour sa gamme sans sucres ajoutés standard.
En soufflant sa quinzième bougie en mars, le spécialiste des desserts aux fruits Charles & Alice a réaffirmé sa volonté de constamment progresser sur le sourcing français de ses fruits incluant, outre l’incontournable pomme, la poire, la pêche, l’abricot, la rhubarbe, le kiwi ou encore les fruits rouges. L’entreprise, qui cherche à identifier de nouveaux partenaires, s’approvisionne déjà à 70 % en fruits origine France sur sa gamme sans sucres ajoutés standard, et à 100 % pour les pommes de sa gamme sans sucres ajoutés standard, ses fraises et son cassis. Quatre questions à Raquel Martins, responsable marketing, innovation et RSE du groupe, pour comprendre comment Charles & Alice travaille avec les arboriculteurs et maraîchers.
Charles & Alice veut augmenter la part de fruits français dans ses approvisionnements. Comment procédez-vous sur le terrain ?
Raquel Martins : Dans la Drôme et le Vaucluse où sont implantés nos ateliers, nous développons tout un réseau d’approvisionnement local, autant que possible dans un rayon de moins de 200 kilomètres. Mais nous travaillons aussi avec des producteurs d’autres régions, comme les Hauts-de-France en rhubarbe. Nous concluons des contrats pluriannuels avec les producteurs, de trois ans en moyenne sur les écarts de tri mais qui peuvent être beaucoup plus longs. Aujourd’hui, sur nos pommes françaises (généralement Vergers écoresponsables ou HVE), plus de la moitié de nos volumes sont en contrat. Et sur des vergers dédiés de pommiers, qui représentent environ 10 % de nos approvisionnements en pomme, certains contrats ont une durée de quinze ans ou plus.
En poire williams, vous avez récemment noué des partenariats de long terme…
R.M. : Face à nos difficultés d’approvisionnement en poire williams française, nous nous sommes associés en 2021 avec quatre producteurs basés au nord de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), avec des contrats sur 15 ans. Nous les avons accompagnés pour replanter 10 hectares et les premières récoltes ont eu lieu l’an dernier. Dans l’Hérault, 5 hectares supplémentaires ont été plantés en janvier 2025 par un jeune arboriculteur avec lequel nous sommes engagés sur 20 ans.
Quelle sécurité offrez-vous à vos producteurs dans le cadre de ces contrats pluriannuels ?
R.M. : Nous donnons aux arboriculteurs la perspective nécessaire en nous engageant, dans la durée, sur des volumes et des prix basés sur des coûts de revient. Des clauses de renégociation incluent notamment les aléas climatiques, et il y a bien sûr des clauses de révision annuelle (Egalim). Nous nouons une véritable relation avec les producteurs et coopératives, et nos acheteurs sont très disponibles pour échanger, sur les vergers comme par téléphone.
Vos fraises et votre cassis sont français à 100 %. En framboises et myrtilles, ce taux est proche de zéro. Comment y remédier ?
R.M. : À part en fraises et cassis, l’approvisionnement en fruits rouges français est très difficile. Il faut réussir à développer une filière pérenne pour l’industrie. Pour cela, nous allons faire notre part en travaillant en collaboration avec nos partenaires, coopératives et producteurs. Ces évolutions se font pas à pas. À l’image de ce que nous avons fait en raisin l’an dernier : nous avons lancé une compote pomme-raisin avec du raisin 100 % français, et elle a bien démarré.