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La question de la gestion de l’eau en cultures légumières s’invite dans les Hauts-de-France

Peu habitués à se préoccuper d’irrigation, les producteurs des Hauts-de-France sont confrontés à des sécheresses de plus en plus fréquentes. Au point que la gestion de l’eau devient un enjeu stratégique.

Bertrand  Vandoorne, ingénieur-chercheur chez Junia, a exposé des solutions techniques pour rendre l'irrigation plus vertueuse.
Bertrand Vandoorne, ingénieur-chercheur chez Junia, a exposé des solutions techniques pour rendre l'irrigation plus vertueuse.
© Aletheia press/B.Dequevauviller

« Autrefois, on considérait l’eau comme une ressource inépuisable ». En quelques mots, les responsables du pôle légumes de la Chambre d’agriculture Nord–Pas-de-Calais (CANPC) ont placé le contexte du colloque sur la gestion de l’eau, organisé le 7 septembre sur la plateforme d’essais de Lorgies (Pas-de-Calais). En effet, les conditions climatiques, de plus en plus extrêmes, imposent l’installation de systèmes d’irrigation, même dans le nord de la France. « Depuis sept à huit ans, nous devons arroser les endives au printemps pour faire lever les petites graines », donne à titre d’exemple Jacques Blarel, responsable équipe irrigation du pôle légumes. « Parfois, c’est aussi un passage obligé pour décrocher des contrats de production avec les industriels. Or même en Nord–Pas-de-Calais, on peut connaître des déficits hydriques. Mais la concentration des forages d’eau de surface sur une période de trois mois en été participe à la mise en tension des nappes ».

Sondes hydriques et OAD

Certes, le prélèvement total d’eau potable dans les Hauts-de-France a diminué passant de 500 millions de m3 en 1982 à un peu moins de 400 millions en 2017, notamment grâce à la disparition de certaines industries et l’amélioration des process. Mais dans le même temps, la part de l’agriculture a augmenté à 60 millions de m3. Pour répondre aux besoins d’industriels comme Mc Cain ou Bonduelle, les surfaces irriguées augmentent d’année en année (48 000 ha en 2021). Alors irriguer oui, mais pas dans n’importe quelles conditions. Jacques Barel préconise de « mieux connaître la ressource disponible et améliorer la recharge des nappes par les pratiques agronomiques ».

Mais il veut aussi devenir plus précis dans l’évaluation des besoins, grâce à l’utilisation des bilans hydriques, de sondes, d’outils d’aide à la décision et de matériels plus performants, permettant de limiter l’évaporation lors de l’arrosage. « Et quand on maîtrise tout cela, on peut passer à la vitesse supérieure », assure-t-il. La vitesse supérieure peut notamment passer par les leviers technologiques. Bertrand Vandoorne, chercheur dans un groupement d’école d’ingénieurs (ISA-HEI et INSEN) en a présenté quelques-uns, testés dans le programme Bio4Safe. Celui-ci teste la réduction de l’utilisation de nutriments et d’eau en horticulture et en maraîchage, grâce à des biostimulants combinés à des capteurs de surveillance. Les capteurs permettent d’évaluer le stress hydrique de la plante et ainsi déclencher ou non l’irrigation. Les biostimulants, eux « permettent d’améliorer le rendement, en améliorant l’efficience de l’irrigation ». Mais si les solutions technologiques sont prometteuses, elles sont encore chères…

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