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Agroécologie : des baisses de traitement constatées dans les réseaux Dephy

Sous la bannière commune Unisson, les arboriculteurs et producteurs de légumes d’Occitanie ont pris connaissance des nombreuses pratiques et résultats obtenus dans le cadre des réseaux Dephy-Ferme et Dephy-Expé.

Une journée technique Unisson-filières fruits et légumes a été organisée au centre CTIFL de Balandran (Gard) fin mars, en collaboration avec la chambre régionale d’agriculture d’Occitanie. Cet événement a rassemblé plus de 200 producteurs et conseillers agricoles des filières maraîchage et arboriculture. Il visait à présenter les pratiques majeures permettant de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires dans le cadre élargi de la transition écologique. Les résultats présentés étaient issus des dernières avancées obtenues dans les réseaux Dephy-Ferme et Dephy-Expé, qui sont constitués au niveau national de 15 groupes spécialisés en arboriculture et 23 en culture légumière.

« En arboriculture, 145 systèmes de culture ont été observés avec beaucoup d’espèces concernées, la pomme et les fruits à noyau bien sûr, mais aussi l’olive », a précisé Baptiste Labeyrie, ingénieur au CTIFL et animateur de la cellule nationale Ecophyto. La synthèse de filière Dephy-Ferme arboriculture montre une baisse moyenne de 35 % des IFT (indice de fréquence de traitement), hors produits de biocontrôle. Cette réduction concerne toutes les espèces fruitières et près de 80 % des systèmes de production étudiés. « La baisse est surtout marquée sur les herbicides, -50 %, avec un nombre croissant de systèmes ayant choisi l’arrêt total du désherbage chimique », précise le rapporteur.

Les matières actives classées ont baissé

La baisse est de 35 % pour les fongicides et de 30 % pour les insecticides. L’autre point de satisfaction concerne la réduction d’usage des « produits préoccupants ». Ainsi, les matières actives classées dangereuses pour l’utilisateur ont baissé de plus de moitié, -44 % pour les matières actives classées CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) et -39 % pour celles classées dangereuses pour l’environnement. Les produits de biocontrôle ont connu à l’inverse une augmentation de 30 % de leur IFT.

Les systèmes de culture se complexifient

Pour arriver à ces résultats, plusieurs leviers ont été mobilisés : actions prophylactiques et utilisation des OAD (outils d’aides à la décision) pour la gestion des maladies, en plus des produits de biocontrôle ; désherbage mécanique et paillages contre les mauvaises herbes ; confusion sexuelle et filets anti-insecte contre les ravageurs. « Les systèmes de culture du réseau Dephy se complexifient », a résumé Baptiste Labeyrie. Si ces systèmes permettent de maintenir les niveaux de rendement, il manque aux observateurs des moyens méthodologiques pour estimer la stabilité de la rentabilité.

Les systèmes légumiers ont réduit les phytos

Dans la filière légumes/maraîchage, les réseaux Dephy utilisent des leviers comparables à ceux utilisés en arboriculture pour lutter contre les adventices (désherbage mécanique, paillage). Pour la régulation naturelle des ravageurs, d’autres leviers sont utilisés comme les lâchers de macro-organismes et les plantes de service. La gestion du climat et la diversification des rotations sont aussi utilisées. Au bilan, la baisse moyenne des IFT est comparable à l’arboriculture avec -33 % tous systèmes confondus. Sous abri, la baisse de 25 % des IFT repose sur la réduction des fongicides. En plein champ, elle est de -30 % en raison de la réduction des fongicides et insecticides.

En hors-sol, qui concerne principalement des cultures sous abri, la baisse d’IFT est presque de 60 %. La quantité de matières actives classées CMR a également été réduite de 43 %. « La grande majorité des systèmes légumiers ont réduit leur usage des phytos. Ceux qui n’ont pas réduit avaient déjà un niveau très bas d’IFT à l’entrée dans le réseau », témoigne Jean Guyot, chercheur au Cirad et rapporteur Dephy-Ferme légumes. « Toutefois, même si l’usage des produits de biocontrôle progresse, on ne constate pas de substitution massive des produits chimiques par ceux de biocontrôle, malgré l’explosion de l’offre de ces derniers », commente le spécialiste. La reconstruction des stratégies de protection se fait donc en intégrant d’autres leviers.

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