Ce mode de conduite a pour avantage d’avoir des consignes de taille simples à expliquer même à des salariés non spécialisés en arboriculture. Les interventions sont rapides et ne nécessitent pas ou très peu l’utilisation de poids ou de ficelles pour positionner les branches. Le savoir-faire repose sur l’identification des branches fruitières à conserver ou à supprimer durant la vie du verger. L’augmentation de la densité des arbres sur le rang (≤ 1,25 m entre plants monoaxes et ≤ 1,50 m entre plants biaxes) permet de concevoir des haies fruitières homogènes et de maintenir une production élevée après le retrait de plusieurs branches fruitières.
Quelque que soient l’emplacement ou l’importance des branches fruitières renouvelées, leur suppression n’engendre jamais de dégarnissements car le choix des branches fruitières conservées doit coloniser ce nouvel espace. Entre rangs, comme le développement de la haie est maîtrisé tout au long de la vie du verger, il est possible de resserrer jusqu’à 3,5 m cet espace afin d’augmenter la productivité par hectare selon la variété et le porte-greffe. Plusieurs limites ont été identifiées : elle est difficilement compatible avec une taille d’été, elle exige des conditions de cultures poussantes et une densité de plantation élevée.
Une production cumulée de 300 t/ha sur les neuf premières années
1/ Supprimer les branches fruitières très développées, souvent concurrentes de l’axe, soit les branches fruitières trop fortes, trop longues présentant souvent un dégarnissement d’organes végétatifs et fructifères important à leur base. La coupe d’une branche fruitière s’effectue à 2-3 cm du tronc de sorte à laisser un onglet « chicot ». Selon les régions et les variétés, la longueur du chicot peut être volontairement adaptée ou légèrement biseautée afin de favoriser la genèse naturelle des nouvelles pousses. Une à quatre branches/an/arbre sont à supprimer au maximum selon la vigueur et le développement des branches et les renouvellements des années précédentes.
2/ Sélectionner les nouvelles pousses bien placées avec des angles ouverts. Ces dernières sont issues du développement de bourgeons latents induits par la suppression d’une branche fruitière. Les fructifications en 2e et/ou 3e année des jeunes branches permettront de parfaire les positionnements naturels de celles-ci dans la canopée. Chaque arbre ou axe d’une haie fruitière peut porter 18 à 25 branches fruitières en comptant les pousses et branches en cours de renouvellement.