Lancée en avril 2026 par l’entreprise à mission 2050Now La maison, l’Observatoire de l’Agriculture Régénératrice regroupe une vingtaine de fondateurs des secteurs agricole et alimentaire avec pour objectif la mise en avant de l’agriculture régénératrice à tous les maillons de la chaine. Le 30 septembre, le groupe a annoncé la publication de son premier livre recensant une centaine d’initiatives dont une partie portée par des coopératives.
« Un observatoire national pour valoriser les solutions en faveur de la transition agroécologique ». Ainsi se décrivait le « do tank » Agriculture Régénératrice lors de son lancement et de son appel à candidatures en avril 2026.
Quelques mois plus tard, l’initiative portée par 2050Now La Maison (entreprise du groupe Les Echos-Le Parisien, fondée par LVMH, BCG, BETC, BNP Paribas, SNCF Voyageurs, Engie et Veolia) et soutenue par les entreprises de conseil en stratégie BCG et Quantis, publie le 30 septembre son premier rapport, « Le cap du bon sens », fruit de cette première année de coopération.
Il recense une centaine de projets « en faveur de l’agriculture régénératrice » aux différents maillons de la chaine agro-alimentaire : des coopératives aux industriels en passant par les financeurs. A noter qu’une partie des plus développées dans la publication sont portées par des membres fondateurs de l’Observatoire comme Groupama, UniLasalle, Nestlé ou LVMH.
Des coopératives mises à l’honneur pour leur programme à l’échelle des filières
Dans les programmes présentés dans la catégorie « Coalition de filière », en plus de projets de décarbonation de filière, d’autres encouragent le changement de pratiques des agriculteurs. Le programme O’trement de la coopérative Oxyane, co-construit avec la fondation Earthworm, accompagne sur cinq ans des agriculteurs vers cette transition et dans la gestion des surcoûts liés à celle-ci. En 2026, 67 exploitations sur 9 500 hectares étaient engagées. Avec un budget de 20 millions d’euros, le programme ambitionne d’atteindre les 500 agriculteurs en 2030.Sur le même principe, dans les Hauts-de-France, le projet Re’col’te lancé aussi par la fondation Earthworm en décembre 2025, accompagne 175 agriculteurs avec un budget de 1,5 million d'euros dont 500 000 euros de fonds publics Ademe.
Toujours en grandes cultures, la coopérative Maïsadour a lancé en 2025 une offre européenne de maïs waxy et de tournesol basée sur un cahier des charges et une prime de 100 €/ha sous contrat pluriannuel. La première campagne en 2026 porte sur 10 000 tonnes de maïs et 2 000 tonnes de tournesol oléique avec 190 agriculteurs engagés.
Autre initiative présentée : l’accord signé par McCain, le Crédit Agricole et le GAPPI (Groupement d’Agriculteurs Producteurs de Pommes de terre pour l’Industrie) en 2022. Ce contrat financier propose aux producteurs de pommes de terre des prêts jusqu'à 2 000 €/hectare sur 6 ans, sans frais de dossier ni garantie, avec les intérêts pris en charge par l’industriel. L’enveloppe s’élève à 40 millions d’euros.
De son côté, avec 2,5 millions d’euros redistribués à 700 coopérateurs engagés, le projet Amplify lancé par Cristalco en 2022, propose « la première offre européenne de sucres et d’alcools agroécologiques et bas-carbone ». Pour ce faire, les industriels paient un premium de durabilité reversé aux coopérateurs sous forme de prime, selon l’avancée des pratiques dites régénératrices.
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A l’échelle nationale, le groupe Vivescia porte le programme Transitions pour ses adhérents céréaliers en s’associant à des partenaires industriels. L’objectif : soutenir « le financement et la dérisquation économique » des changements de pratiques. D’après le rapport, en 2026, 650 agriculteurs sont engagés sur 100 000 hectares pour 600 000 tonnes de grains.
Le projet de coalition territoriale Covalo lauréat dans sa catégorie
Du côté de l’élevage, c’est notamment le groupe d’éleveurs coopérateurs de Terrena du Grand Ouest, La Nouvelle Agriculture qui est mise en avant. Initié en 2008, les membres ont créé leur propre marque et leurs propres cahiers des charges pour commercialiser en grande distribution leur production, avec, pour les éleveurs engagés, une rémunération supérieure.
Un jury composé « d’agriculteurs, chercheurs, experts, acteurs financiers, journalistes spécialisés et représentants de la jeune génération », a récompensé dans chaque catégorie « les solutions les plus prometteuses en faveur de la transition agroécologique », sans mention de prix ou de récompenses. Pour les coalitions de filière, c’est le projet de coalition territoriale Covalo qui s’est distinguée.