« Le robot des champs nous libère du temps pour bien travailler »

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L'EARL Les Mousseaux souhaiterait investir dans un second robot à roues moins puissant pour le broyage et le désherbage mécanique. Crédits : © L. Vimond
L'EARL Les Mousseaux, en Seine-et-Marne, a investi dans un robot Agxeed T2 5 de 156 ch il y a un an. Crédits : © L. Vimond
L'EARL Les Mousseaux, en Seine-et-Marne, a investi dans un robot Agxeed T2 5 de 156 ch il y a un an. Crédits : © L. Vimond
Les chenilles du robot marquent moins le sol ce qui permet de travailler moins profond. Crédits : © L. Vimond

En Seine-et-Marne, l’EARL Les Mousseaux dispose d’un robot AgXeed de 156 chevaux pour réaliser les travaux dans les champs. Cette exploitation en agriculture biologique dresse un bilan très positif de cet engin autonome après une année d’utilisation.

L’EARL Les Mousseaux en chiffres

Deux associés : Cédric Minet et Denis Van Landeghem

450 ha en agriculture biologique depuis 2019, dont 385 cultivés :

  • 100 ha de blé,
  • 50 ha de luzerne,
  • 50 ha de fèverole,
  • 45 ha de tournesol,
  • 30 ha de triticale,
  • 25 ha de trèfle
  • 25 ha de pois,
  • 15 ha de chanvre,
  • 15 ha de maïs,
  • 15 ha d’orge de printemps,
  • 15 ha de soja.

« Avant, c’était toujours la course au moment des semis. Nous avancions parfois un peu trop vite, ce qui ne permettait pas de réaliser un travail de bonne qualité. Désormais, avec le robot assurant les travaux dans les champs, nous prenons le temps de bien faire », résume Cédric Minet, installé à Bassevelle (Seine-et-Marne). Associé avec son beau-frère Denis Van Landeghem au sein de l’EARL Les Mousseaux, cet agriculteur possède un robot sur chenilles AgXeed AgBot T2 5 Series de 156 chevaux depuis septembre 2025. Son exploitation de 415 hectares, conduite en agriculture biologique depuis 2019, dispose de trois bâtiments de poulettes bio et compte à son assolement une dizaine de cultures.

Ne plus perdre de temps en cabine

« Cela fait deux-trois ans que nous cherchions à automatiser les travaux du sol et les semis. Vu le temps improductif passé en cabine, autant confier ces tâches à un robot. » Pour Cédric Minet, ce choix se justifie par les difficultés à trouver de la main-d’œuvre qualifiée et par les fortes sollicitations de l’atelier volailles. « Lors du vide sanitaire, les poulaillers doivent être curés rapidement, lavés et désinfectés. Pendant cette période, nous n’avons pas de temps disponible pour d’autres tâches. »

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Lors de sa phase de recherche, l’agriculteur découvre la solution du Néerlandais AgXeed. « Les vidéos de robots AgXeed que j’ai visionnées sur le web m’ont donné une impression de sérieux. » L’agriculteur contacte la start-up néerlandaise en février 2025 : le robot est mis à l’essai trois mois plus tard sur l’exploitation. L’engin sur chenilles a réalisé de la préparation du sol, semé les tournesols, passé de la herse étrille et du broyeur. « Nous avions signé un contrat de location pour 100 heures d’essai, mais il en a effectué 170 », souligne l’exploitant, conforté alors de l’utilité et de la pertinence du robot sur son exploitation.

La vitesse de travail n’est plus une priorité

Acheté 325 000 euros, l’AgXeed a fait ses premières armes en septembre 2025, notamment pour les semis, attelé à un combiné herse rotative – semoir de 3 mètres. « Avec cet appareil, la vitesse n’est plus une priorité. Les 10 à 12 hectares, semés auparavant en huit heures avec le tracteur en comptant la pause-déjeuner, sont désormais emblavés en 12 ou 13 heures au robot, si les conditions l’exigent, pour réaliser un travail de qualité. »

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Cédric Minet s’accorde aussi beaucoup plus de temps pour peaufiner les réglages des outils attelés sur l’engin autonome. « Je fais beaucoup plus de pas derrière le robot qu’auparavant derrière le tracteur. Avant, pressé par le temps, les réglages étaient parfois approximatifs. Dorénavant, je les affine pour atteindre une qualité de travail optimale. »

L’agriculteur apprécie le temps libéré par le robot, qui réalise tous les travaux sauf le labour et le désherbage mécanique. « Je retrouve dorénavant du temps à consacrer à l’agronomie et aux projets. Je peux même recevoir la famille le week-end, pendant que le robot prépare les terres. »

Des levées de meilleure qualité

Agronomiquement, l’agriculteur est conforté et récompensé par la qualité de levée. « Je n’ai jamais eu d’aussi belles levées que cette année, quelle que soit la culture. Dans certains champs, on ne voit même plus les passages de semis, grâce aux chenilles. » Dans les parcelles aux terres hétérogènes, Cédric Minet finalise ses réglages dans la zone à la nature de sol la plus compliquée, afin qu’ils conviennent à toute la parcelle. Pour la prochaine saison, AgXeed annonce des évolutions, avec la possibilité de paramétrer des réglages par zone. « Ces zones peuvent même être établies à partir des mesures du robot, qui enregistre les variations d’effort de traction. »

Une usure moindre des outils

 

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Doté de chenilles de 760 mm de large, le robot travaille parfois dans des conditions dans lesquelles un tracteur à roues de même puissance ne passerait pas, ce qui allonge potentiellement la plage d’utilisation. De plus, les chenilles permettent à l’engin de 8,5 tonnes de nettement moins marquer le sol, donc de moins le compacter. « Par rapport aux roues de tracteur qui s’enfonçaient davantage, je fais évoluer mes outils de travail du sol à plus faible profondeur, notamment la herse rotative, car j’ai moins besoin de piocher pour effacer les traces des trains roulants. Cela signifie moins d’effort pour travailler le sol, moins d’usure et moins de consommation de carburant, même si l’AgXeed fait plus d’heures que le tracteur. »

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La diminution de l’usure des machines est également confortée par la vitesse plus réduite du chenillard. « Avec tous les outils, j’ai fait le choix de réduire la vitesse d’au moins un kilomètre à l’heure avec le robot par rapport au tracteur. Et comme l’usure est proportionnelle au carré de la vitesse, les pièces durent plus longtemps. » L’agriculteur donne l’exemple du déchaumeur à dents de 5 m, qui avance désormais à 6-7 km/h, contre 8 à 11 km/h avec le tracteur : « j’ai déjà fait 30 % de surface en plus avec le jeu de socs, par rapport à ce que je réalise habituellement. Et ces pièces d’usure sont encore bonnes. »

Investir dans des outils moins larges

En parallèle de l’acquisition du robot, les associés ont commencé à repenser leur parc matériel. « Puisque cet engin autonome est capable de travailler 24 heures sur 24, il paraît logique d'y atteler des outils moins larges, même s’il peut bien sûr emmener les mêmes équipements que les tracteurs de 115 et 155 ch qu’il a remplacés. » D’une part, un appareil porté de trois mètres coûte moins cher qu’un modèle semi-porté ou porté repliable. D’autre part, il est plus facile à transporter d’un chantier à l’autre. Comme les terres de l’exploitation sont réparties en trois îlots (autour du siège, un second site à moins de 2 km et un troisième à 25 km), Cédric Minet transfère le robot d’un site à l’autre sur un plateau porte-char derrière un tracteur. « Il faut moins de quinze minutes pour charger et décharger l’AgXeed, entre les deux proches îlots, et un peu plus d’une heure pour l’emmener sur le troisième site. Les outils de trois mètres restent dans le gabarit routier et ne nécessitent pas d’escorte. » D’un point de vue logistique, l’organisation n’est pas si différente de celle d’un chantier classique. « Je remplis la trémie du semoir toutes les 3 à 4 heures. Et je reviens de temps en temps contrôler le travail, comme je le ferais avec un apprenti ou un salarié peu expérimenté. »

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Les chantiers préparés en amont

 

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Une télécommande et une tablette numérique s’utilisent pour contrôler manuellement le déplacement de l’engin et réaliser les opérations d’attelage et de dételage. Elles servent aussi à peaufiner les réglages. La programmation principale (définition des lignes de guidage, heure de démarrage des travaux, heure de fin, paramètres de fonctionnement de l’outil, etc.), quant à elle, est réalisée en amont. « Les premiers mois, je planifiais sur l’ordinateur les travaux du robot du soir pour le lendemain. Mais depuis ce printemps, je réalise les planifications pour un mois, voire plus. »

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L’application mobile AgXeed permet de visualiser à distance que les travaux en cours se passent bien. « Je m’aide des caméras. Certains capteurs m’apportent des informations. » L’agriculteur prend l’exemple, lors de travaux de déchaumage, d’une brusque augmentation des efforts de traction détectée au niveau des moteurs électriques animant les chenilles : il s’agissait d’un bourrage. Il a alors arrêté le robot à distance et s’est déplacé sur site pour résoudre le problème.

Malgré l’absence d’opérateur au volant, Cédric Minet ne constate pas pour autant d’augmentation de casse sur le matériel. « Au contraire, je n’ai enregistré aucun dommage avec le robot. Les seuls qui ont eu lieu depuis un an sont dus à des erreurs humaines. » L’exploitant reste toutefois humble. « Je suis encore en phase d’apprentissage. Quand on fait des loupés, tout comme en conduite manuelle, on corrige, on rattrape. »

Le robot rentable à partir de 700 heures par an

Pour Cédric Minet, l’investissement de 325 000 euros, auxquels s’ajoutent 5 000 euros annuels pour la réception du double signal RTK, ainsi que 5 000 euros annuels d’assistance, d’entretien et de garantie, impose un volume annuel de 700 heures pour être rentable. Cédric Minet estime qu’il en fera probablement le double.

« Dans le dossier de financement fourni à la banque, j’avais présenté les charges de main-d’œuvre économisées versus le coût du robot, ce qui avait suffi pour valider le prêt. » Le plan prévoit également de remplacer trois tracteurs : deux d’entre eux sont déjà partis. En outre, la remise en culture, en deux campagnes, de 80 hectares de luzerne doit se solder par une augmentation de la marge à l’hectare de 600 euros par an sur cette surface. Ce gain de rentabilité va également contribuer au financement de l’engin autonome.

Un second modèle en projet

De surcroît, l’agriculteur a pu chiffrer d’autres gains à l’issue de sa première campagne, procurés par la plus grande longévité des pièces d’usure des outils, la réduction des casses matérielles et la baisse du montant des investissements due à l’achat d’outils portés moins larges. L’agriculteur entend rapidement prendre en charge lui-même la maintenance du robot, ce qui abaissera le coût d’utilisation. Seule la consommation annuelle de GNR va légèrement augmenter, du fait que l’AgXeed réalise davantage d’heures que les précédents tracteurs.

D’ores et déjà, du fait du bilan positif, Cédric Minet prévoit de renouveler cet engin, amorti sur sept ans, à l’issue de la cinquième campagne. L’agriculteur aimerait aussi en acquérir un second, le modèle W4.2 à roues de 75 chevaux, beaucoup plus léger (3,2 tonnes). Il serait notamment dédié à un broyeur frontal – les robots AgXeed peuvent travailler dans les deux sens – et au désherbage des cultures attelé à un appareil de désherbage laser. Mais, le volume de travail, évalué à 400 heures annuelles, ne justifie pas l’achat d’un robot neuf seul. « L’idéal serait une occasion ou l’acquisition d’un modèle neuf à plusieurs exploitations. »

« Un robot de 156 ch équivalent à un tracteur de 165 ch »

Le robot T2.5 d’AgXeed est animé par un moteur Deutz quatre cylindres 4,1 l alimenté par un réservoir à GNR de 350 litres. « L’engin développe 156 chevaux et un couple de 610 Nm, mais il équivaut à un tracteur de 165 ch, du fait du meilleur rendement de la chaîne cinématique », assure Cédric Minet, agriculteur à Bassevelle (Seine-et-Marne) et propriétaire de cet engin autonome. En effet, le bloc moteur anime directement une génératrice électrique, qui alimente les moteurs électriques des deux trains de chenilles (un moteur par chenille), ainsi que la prise de force délivrant 136 chevaux. Se comportant comme une transmission à variation continue, les moteurs des chenilles affichent un meilleur rendement qu’une boîte hydromécanique. De plus, la prise de force électrique permet de faire tourner un outil à son régime optimal, tout en ayant un régime moteur bas, lorsque la demande de puissance n’est pas élevée.

Une maintenance facile

Du côté de l’hydraulique, la pompe, Load Sensing en option, débite 85 l/min et alimente notamment le relevage de 8 tonnes de capacité. Au quotidien, la maintenance reste assez simple : « tout est accessible : un soufflage quotidien du filtre à air – j’ai un souffleur en permanence dans le pick-up – qui prend moins de 10 minutes, le remplissage du réservoir et quelques graisseurs à lubrifier toutes les 50 heures. »

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