En Ariège, le Gaec de la Bruyante s’est équipé d’un DAC pour complémenter les veaux aubracs destinés à la vente directe en bio. La consommation d’aliment a été drastiquement réduite par rapport à une distribution à volonté, et les croissances sont pilotées veau par veau.
Au Pla, en Ariège, Clément Coll, Mélanie Dupin et Matthias Coulet élèvent 70 vaches aubracs en bio avec pour production principale des veaux valorisés en vente directe. « Les veaux partent en estive avec leurs mères de début juin à fin octobre. Ils sont sevrés à l’âge de 7 ou 8 mois, et ensuite repoussés en bâtiment », explique Clément Coll. Il y a des veaux à complémenter pratiquement toute l’année, sauf durant quelques semaines entre août et septembre. Ils consomment, durant cette phase de repousse, du foin et un aliment complet bio acheté, puis sont abattus entre 12 à 16 mois. Une trentaine de veaux, mâles et femelles, sont ainsi commercialisés chaque année.
« Jusqu’à il y a quatre ans, on donnait le concentré à volonté en deux repas par jour, ou en trois repas pendant l’hiver, période durant laquelle on passe beaucoup de temps dans le bâtiment. » En 2022, les associés ont acheté une station DAC (distributeur automatique de concentré) de marque Hanskamp. « Le DAC nous a beaucoup simplifié le travail. »
Les veaux se sont très bien habitués. Au Gaec de la Bruyante, ils sont équipés de colliers électroniques pendant leur phase de repousse, qu’il faut donc mettre et enlever, voire remettre quand ils les perdent en se grattant. « On réfléchit à passer aux boucles électroniques officielles à la naissance. »
Les éleveurs ont vite compris qu’il fallait prendre en option la porte arrière qui ferme automatiquement la stalle. Sans quoi, quand les veaux les plus petits se présentaient au DAC, les plus gros, entendant le bruit de l’aliment descendre dans l’auge en Inox, les faisaient sortir d’un coup de tête pour prendre leur place et finir le repas. « Avec la porte arrière, les veaux sont tranquilles pour manger. »
Une croissance planifiée pour chaque veau
« C’est vraiment intéressant pour l’économie d’aliment, relève Clément Coll. Avec 20 à 25 veaux, on distribuait auparavant 150 à 200 kg d’aliment par jour. Avec le DAC, ils en mangent à peine 60 kg/j. La facture est divisée au moins par deux. » L’équipement est revenu en 2023 à 18 000 euros HT (tarif indicatif de base et peut varier en fonction des options choisies).
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Le DAC permet d’autre part pour chaque veau de définir une courbe de croissance à partir de son poids d’entrée et de la date d’abattage prévue. Cela simplifie la régularité des sorties sur toute l’année pour la vente directe. « Certains veaux démarrent à 1 kg/j, d’autres à 3 kg/j… et ils sont abattus à un âge compris entre 12 et 16 mois. » L’objectif étant de répartir au mieux leurs ventes sur l’année tout en ayant des vêlages pas non plus trop étalés (de mi-octobre à fin avril pour l’instant) pour mieux gérer le travail et la valorisation des prairies, parcours et estives. « Le DAC est équipé de barres de pesée, mais nous avons aussi une cage de pesée dans laquelle on a la pratique de passer assez souvent les animaux. »
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Le Gaec est en train de finir un nouveau bâtiment d’engraissement. Le DAC va y déménager, et un second DAC sera installé, l’un dans une case pour 20 veaux et l’autre dans une case pour 10 veaux. « Peut-être que plus tard on envisagera de les utiliser aussi pour des vaches à l’engraissement et des génisses de 2 ans. » Clément Coll attire l’attention sur le fait que comme les animaux bousent en sortant du DAC, il faut l’installer à un endroit facile d’accès pour nettoyer.
Fiche élevage
70 vaches aubracs
240 ha de prairies et parcours autour des bâtiments, à 70 km du siège de l’exploitation, 50 ha de prairies naturelles récoltés en foin et 50 ha de luzerne sous contrat avec des céréaliers récoltés en foin,
estive de Mijanès en groupe pastoral (rassemblant au total 620 UGB sur 4 000 ha)
3 associés
Jusqu’à 16 concentrés assemblés avec un DAC fixe
Le DAC fixe est alimenté avec des vis depuis le stockage des aliments. Il est possible d’y assembler jusqu’à 16 types de concentrés. À partir d’une trémie contenant à peu près 2,5 kg, les repas sont programmés par chaque animal avec un fractionnement sur 24 heures. Le logiciel envoie une alerte sur le niveau dans les stocks d’aliment.