Élevage du Bugey, dans l’Ain « Ancrer l’élevage dans la durabilité »

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Chaque bâtiment est équipé d’un laveur d’air. La gaine d’extraction, parfaitement étanche (double isolation croisée et étanchéité à la mousse projetée), déborde au-dessus du laveur. Les ventilateurs sont en position horizontale. La pompe remonte l’eau au-dessus des filtres. Elle retombe dans une fosse dans laquelle sont récupérées les calories. La conception a été réalisée par le service bâtiments de Cirhyo. Crédits : © B. Griffoul
La fosse (Sudifos) est fermée par une bâche (Vendée Bâches) qui repose sur un mât, en béton pour la partie immergée, en inox pour la partie en élévation. Le lisier est évacué par gravité vers une pré-fosse à partir de laquelle il est pompé dans la grande fosse (4 000 m3). Avec les fosses sous caillebotis, l’élevage dispose d’un stockage de 5 500 m3. Crédits : © B. Griffoul
La fabrique d’aliment comprend une fosse de réception de 30 tonnes et un stockage de 132 tonnes (une cellule orge et une cellule blé de 30 tonnes chacune, 3 cellules soja et 3 cellules colza de 12 tonnes chacune). À l’arrière, les cuves de stockage du lactosérum et de l’eau qui provient d’un forage, (100 000 litres chacune). Crédits : © B. Griffoul
La machine à soupe comprend deux cuves de préparation (5 400 l) et une cuve de reste (1 000 l). Pour gagner du temps dans la distribution, elles travaillent en parallèle : une distribue pendant que l’autre prépare. La machine à soupe appelle les différentes matières (prémélange de pain et de miel, céréales stockées broyées, protéines, compléments minéraux...) et assure le mélange. Chaque bâtiment a son circuit de soupe. Crédits : © B. Griffoul
Le pré-mélange de pain est préparé tous les deux jours avec de l’eau dans une fosse inox de 30 m3 avec fond en pyramide. Un moteur de 30kW entraîne deux disques coupants et aspirants montés sur un axe vertical (système de mélange Weda). La pesée se fait pas sonde de pression. Le mélange est ensuite stocké dans deux cuves de 28 m3 chacune. Crédits : © B. Griffoul
Les poteaux de soupe sont intégrés dans la cloison de séparation des cases. L’arrivée d’air se fait par plafond diffuseur et l’extraction par des trappes à volets, les ventilateurs étant placés en bout de gaine. Crédits : © B. Griffoul
Roland Servant, responsable du service bâtiment de Cirhyo, et Pascal Allabouvette, éleveur. Crédits : © B. Griffoul

Avant d’envisager de nouveaux élevages, d’abord assurer la succession de ceux qui ont déjà une autorisation, telle est la philosophie de Cirhyo. « C’est notre mission de faciliter la reprise de ces outils lourds », explique Gérard Dutois, le directeur du groupement. Cet accompagnement va jusqu’à une participation financière temporaire. C’est dans cet esprit volontariste qu’a été organisée la transmission de l’engraissement de Jean Labrune, situé à Vernas, en Isère. Pascal Allabouvette, éleveur à une quinzaine de kilomètres, s’est porté acquéreur. Il exploite plusieurs élevages porcins et est actionnaire de deux maternités collectives (voir ci-contre). Le site de Vernas a été repris en 2015 par la SARL du Bugey, dans laquelle Cirhyo possède 20 % des parts, aux côtés de l’éleveur. « Quand il le décidera, il rachètera les parts du groupement", précise Gérard Dutois. "Nous sommes ainsi engagés dans une quinzaine de dossiers. » Sur ce site, composé de quatre bâtiments d’engraissement identiques, la conduite des porcs sur litière n’était plus viable. Il fallait le restructurer. Strictement engraisseur (3 264 places), il s’agissait d’en faire un élevage post-sevreur engraisseur, avec approvisionnement par une maternité collective.

Des relations publiques dans les communes

Si la structure des quatre bâtiments a été conservée (mur, isolation…), ils ont été entièrement rénovés et reliés entre eux par un couloir. Dans le premier, ont été créées 1 240 places de post-sevrage (2 salles), deux salles d’infirmerie (192 places), une salle d’embarquement (250 places), ainsi qu’une fabrique d’aliments. L’engraissement est logé dans les trois autres (4 salles dans chacun, soit un total de 3 528 places). Une configuration voulue pour dissocier le post-sevrage de l’engraissement. L’infirmerie est située après les salles de post-sevrage pour permettre une marche en avant des porcs. Une bande de 620 porcelets rentre toutes les trois semaines. L’alimentation est entièrement en soupe, hormis le premier âge. Le site étant isolé, une surveillance électronique avec contrôle d’accès prévient les intrusions. L’élevage fonctionne avec deux salariés.

Au-delà de la rénovation, l’ambition des repreneurs était « d’ancrer l’élevage dans le XXIe siècle », aussi bien sur le plan environnemental, bien-être animal, utilisation des ressources (eau, énergie) que valorisation des céréales et de coproduits locaux. Même si le plus proche voisin est la centrale nucléaire du Bugey, peu encline à la contestation, la zone, proche de la métropole lyonnaise, est très urbanisée. Pascal Allabouvette a tout fait pour l’acceptation locale du projet. « Il a mené de main de maître l’enquête publique", affirme Gérard Dutois. "Il a fait des relations publiques dans toutes les communes pour expliquer son projet. Ça s’est très bien passé. »

Laveurs d’air, fosse couverte et bâtiment BEBC

Sur le plan environnemental, les efforts sont significatifs et coûteux. Chaque bâtiment est équipé d’une ventilation centralisée couplée à son propre laveur d’air. Pour les quatre bâtiments, le surcoût d’investissement est de 250 000 euros par rapport à une ventilation classique (40 à 50 euros par place). Pour limiter les émissions d’ammoniac et les émanations olfactives, la fosse (4 000 m3) est couverte d’une bâche, demande formulée par l’enquête publique. Coût : 40 000 euros. L’ensemble des fosses permet un stockage de 10 mois, largement supérieur au minimum réglementaire, ce qui permettra d’optimiser la valorisation des effluents. Autre exigence de l’enquête : l’enfouissement du lisier. Le site de Vernas, qui ne possède pas de foncier, a contractualisé des surfaces d’épandage (253 ha) avec huit voisins céréaliers. L’épandage est effectué avec un double équipement : une tonne de 30 m3 déverse le lisier dans deux caissons de 30 m3 et une tonne de 12 m3, équipée d’enfouisseurs multidisque, qui épand. Un investissement élevé (72 000 euros), mais gage d’efficacité (50 à 70 m3 épandus par heure). Des investissements ont également été réalisés pour réduire les consommations d’énergie : ventilateurs économes, couplage de la régulation chauffage/ventilation dans les salles de post-sevrage, fenêtres à double vitrage, pompe à chaleur pour récupérer les calories de l’eau des laveurs d’air et les restituer au circuit de chauffage du post-sevrage, régulateurs de fréquence sur les gros moteurs… Le site est classé BEBC (bâtiment à basse consommation d’énergie).

Céréales locales et coproduits agroalimentaires

En matière d’alimentation l’élevage joue au maximum la ressource locale. Les céréales seront le plus possible achetées chez des agriculteurs du voisinage. L’éleveur valorise dans ses différents élevages des coproduits de l’industrie agroalimentaire locale (1 700 tonnes par an de pain de la société Harrys, 3 000 tonnes de lactosérum des producteurs de Beaufort dont il a l’exclusivité, 80 tonnes de miel issu de la cosmétique qui a la valeur du blé). Une fabrique d’aliment à la ferme a été construite à l’extrémité du bâtiment de post-sevrage. Céréales et protéines sont stockées à l’extérieur. Elles sont broyées en sortie de la fosse de réception, avant le stockage, pour réduire le temps de fabrication. La machine à soupe sert ainsi de mélangeuse.

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En juin dernier, lors de la journée d’inauguration, Pascal Allabouvette a ouvert le site à tous les décideurs qui touchent de près ou de loin à la filière et à la presse. Une habitude chez lui à chaque nouvelle réalisation. « Je préfère maîtriser la communication plutôt que de laisser divulguer de fausses informations sur notre métier par des gens qui n’y connaissent rien. »

Un investissement de 2,6 millions d’euros

L’investissement global réalisé par la SARL Élevage du Bugey (achat des deux sites, travaux de rénovation, fonds de roulement…) s’élève à 2,585 millions d’euros (80 % élevage Allabouvette, 20 % Cirhyo) dont 1,7 million de travaux sur le site de Vernas. Ils ont été financés par un pool bancaire (Banque publique d’investissement : 0,50 M€ ; Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes : 1 M€ ; Crédit Agricole Centre : 1 M€).

Une holding porcine

Pascal Allabouvette exploite plusieurs élevages porcins et est actionnaire de deux maternités collectives, situées dans l’Ain, dans lesquelles il est associé à un autre éleveur et à Cirhyo. La première (élevage du Bois Cochon) élève 1 250 truies, la seconde (élevage des Marais) détient 1 150 truies et engraisse un tiers des porcelets. La « maison mère » (élevage Allabouvette) est à Pusignan (Rhône) : elle comprend 130 hectares de foncier et 2 100 places d’engraissement et 720 places de post-sevrage. La filiale élevage du Bugey, outre le site rénové de Vernas, exploite un autre élevage de 900 places d’engraissement et 450 places de post-sevrage, en Savoie, acheté en même temps que le précédent. Les deux sites sont alimentés par la maternité des Marais. Pascal Allabouvette détient enfin une ferme céréalière de 180 hectares, qui comprend un élevage de 1 200 places d’engraissement et 600 places de post-sevrage, en Saône-et-Loire. Ce site, tout comme celui de Pusignan, reçoit des porcelets de la maternité du Bois Cochon.

L’élevage du Bugey en images

Des équipements spécifiques permettent une bonne insertion de l’élevage dans l’environnement et de valoriser les matières premières locales.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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