Grâce à l’optimisation des formules de ses aliments fabriqués à la ferme, Thierry Marchal a réduit son coût matière, tout en maintenant des performances techniques de haut niveau.
« La rentabilité de mon élevage est liée avant tout à la maîtrise de mon coût alimentaire », souligne Thierry Marchal, éleveur à Sizun (Finistère) à la tête d’un atelier de 600 truies naisseur-engraisseur équipé d’une fabrique d’aliments à la ferme.
C’est pourquoi, avec son conseiller nutritionniste Pierre Stéphane Revy, dirigeant de la société nutriXP, il a récemment réalisé un bilan et une analyse technico-économique de l’intégralité de ses formules d’aliment qui lui a permis d’identifier une économie potentielle de près de 70 000 euros pour 4 600 tonnes d’aliments fabriqués par an. L’objectif était d’identifier les leviers d’amélioration du coût alimentaire par l’optimisation des formules et l’élaboration de cahiers des charges, pour les minéraux notamment. « Ce résultat est la résultante d’une somme de petits détails. Pris individuellement, ils ne coûtent pas très cher. Mais leur accumulation aboutit souvent à des montants élevés », souligne Pierre Stéphane Revy
Des minéraux à des prix très variables
« Le premier levier d’action a consisté à analyser la composition et le coût des minéraux », décrit le nutritionniste. Entre les constituants « aux effets discutables », d’autres qualifiés « d’inutiles » ou ayant des taux d’incorporation trop élevés, le gain de coût matière avait été chiffré à 6 000 euros. La surprise est venue de l’appel d’offres qui s’en est suivi auprès de quatre fournisseurs. « Pour des formules fermées et des conditions de livraison et de paiement bien définies, les tarifs des propositions variaient du simple au double. Le moins cher permettait d’économiser 46 000 euros par rapport à l’existant », se souvient Thierry Marchal. « Au final, la baisse du prix des minéraux m’a permis de réduire les coûts des formules de 7 à 17 €/tonne d’aliment ». Pierre Stéphane Revy analyse ces écarts de prix de son œil de conseiller indépendant : « Les tarifs pratiqués dépendent d’éléments propres à chaque entreprise : sa stratégie de développement, son intérêt pour l’éleveur (volumes, proximité), ses couvertures en matières premières, une activité de conseil… Tous ces éléments peuvent considérablement impacter le coût final des minéraux ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le second poste d’économies a été détecté par l’analyse de la composition et des caractéristiques nutritionnelles des formules des aliments fabriqués à la ferme. Pour le superfinition utilisé de 90 kg jusqu’à l’abattage, le gain possible sur le coût matière était de 14 €/tonne sur la base d’une formule à 9,95 mégajoules d’énergie nette par kilo. Soit près de 17 000 euros pour une consommation totale de 1 200 tonnes d’aliment par an. « L’optimisation de la formule s’est faite à la fois par l’augmentation du taux d’incorporation des matières premières économiquement intéressantes, et par un rééquilibrage de certaines valeurs nutritionnelles, en protéines notamment », détaille le nutritionniste.
Du label Rouge aux mâles entiers
« Ce travail d’optimisation doit être fait à chaque fois que l’éleveur a l’opportunité d’acheter une nouvelle matière première, par le calcul de son prix d’intérêt, puis par son incorporation dans les formules », estime Pierre Stéphane Revy. « Il doit aussi tenir compte des changements de prix des matières premières ou de l’évolution des objectifs techniques, notamment si l’éleveur change son mode de production. En moyenne, mes clients me sollicitent une dizaine de fois par an pour modifier les formules ». Pour Thierry Marchal, l’évolution des formules d’aliment s’est aussi imposée par l’arrêt de la production de porcs label Rouge et de la castration des porcs mâles. « Le label Rouge m’apportait une plus-value importante à la vente. Mais je devais freiner considérablement la croissance pour atteindre l’objectif de 182 jours à la vente. En passant au mâle entier, j’ai libéré les croissances et l’indice de consommation a baissé ». Sur les 12 derniers mois, le GMQ corrigé a atteint 981 grammes par jour, et l’indice de consommation 30-115 kg est descendu à 2,08. « Je n’aurais jamais atteint ses résultats sans une évolution importante de la composition et des valeurs nutritionnelles des aliments d’engraissement ». L’éleveur a aussi fait le choix d’utiliser un nombre important de matières premières dans ses formules. « J’utilise du blé, du maïs humide et de l’orge pour les céréales, des tourteaux de soja, de tournesol lowpro ou de colza, un concentré de fibres de bois pour la cellulose, de l’huile de soja et des coproduits d’industries agro-alimentaires (lactosérum, coproduits de biscuiterie) ». Avec l’aide de son groupement Porc Armor Evolution et de quelques fournisseurs, il est toujours à l’écoute des informations des marchés et des opportunités qui peuvent se présenter pour baisser son coût matière. "L’optimisation des coûts matières se fait aussi par une régularité dans ses approvisionnements, sans chercher à faire des coups", conclut Thierry Marchal.
Ayant un faible lien au sol, je m’approvisionne exclusivement auprès de négociant pour couvrir 60 % de mes besoins en céréales. Pour les minéraux, je procède par des appels d’offres auprès de plusieurs fournisseurs. C’est pour cela que je fais appel à un conseiller nutritionniste indépendant qui m’aide dans l’élaboration du cahier des charges. J’apprécie de pouvoir optimiser mes formules d’aliment avec quelqu’un qui n’a rien d’autre à vendre que sa compétence. Chaque intervenant qui travaille avec moi doit être bon dans son domaine. Rien n’est gratuit, mais en travaillant ainsi, je suis certain de tirer le meilleur résultat technico-économique de ma FAF et de mon élevage.
Pierre Stéphane Révy, Nutri XP
"Un travail permanent d’optimisation des formules"
Pour un éleveur fabricant à la ferme, la maîtrise du coût alimentaire est un travail permanent d’optimisation des formules, de choix nutritionnels adaptés à son élevage, d’achats de matières premières et d’analyses des résultats pour identifier les leviers d’amélioration. Mon offre de conseil indépendant en nutrition et formulation me permet de répondre à toutes ces exigences.