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Fruits et légumes : un observatoire des prix de la vente directe

Pricco, un outil développé par l’Inrae, permet aux internautes d’explorer les prix moyens des fruits et légumes français vendus en vente directe via Internet, de 2021 à 2024, et de comparer ces prix avec ceux de la GMS.

<em class="placeholder">Capture d&#039;écran du site Pricco, observatoire en ligne des prix des fruits et légumes en vente directe</em>
Lancé en version bêta et piloté par l’Inrae, Pricco est un observatoire en ligne des prix moyens de la vente directe.
© Pricco

Piloté par l’Inrae, Pricco est un observatoire en ligne des prix moyens de la vente directe via Internet, portant actuellement sur les années 2021 à 2024. L’objectif est de « calculer les prix des fruits et légumes produits en France et vendus en circuits courts, d'étudier leur évolution, et de les comparer aux prix de produits français issus de chaînes d'approvisionnement plus longues », décrit Pricco sur son site. Ces données sont importantes pour la recherche et notamment pour le projet Plat4terfood, dans lequel l’observatoire s’inscrit et qui étudie les systèmes alimentaires territorialisés (SAT). Mais Pricco entend aussi éclairer les agriculteurs et les consommateurs grâce à ses références de prix.

Il s’agit d’une version bêta du site, c’est-à-dire susceptible d’évoluer en fonction des potentiels retours des premiers utilisateurs. Sur la forme, il est intuitif et très simple d’utilisation. Sur le fond, il se base sur des données fournies par cinq plateformes en ligne de vente directe, « choisies pour leur couverture géographique et leurs volumes de vente », justifie Pricco. Il s’agit de Cagette, Coop Circuits, Bienvenue à la ferme (Drive Fermier), La Ruche qui dit oui et Socleo.

Pour chaque fruit et légume en vente directe, l’observatoire affiche le prix moyen mensuel, en euros par kilo, payé par les consommateurs. Les données portent sur 21 fruits et légumes produits en France, biologiques et conventionnels. En fruits : abricot, cerise, fraise, melon, pêche, poire conférence, pomme golden et raisin blanc. En légumes : asperge blanche, asperge verte, aubergine, carotte, concombre, courgette, haricot vert, oignon, poireau, poivron, pomme de terre, potiron et tomate ronde.​​​​​

Le bio est globalement moins cher en vente directe

Le site permet aussi, en un clic, d’afficher l’écart de prix avec l’équivalent du fruit ou légume en question avec son équivalent en GMS origine France. En explorant les données et graphiques, l’internaute peut ainsi constater que, pour la plupart des fruits et légumes étudiés, la vente directe est moins chère que la GMS lorsqu’il s’agit de produits bio, et plus chère lorsqu’il s’agit de produits conventionnels. Avec des écarts variables selon les mois.

C’est le cas de la pomme golden bio. En avril 2024, elle a été jusqu’à 15 % moins chère en vente directe qu’en GMS (données d’avril), tandis que la golden conventionnelle a été jusqu’à 33,5 % plus chère en vente directe qu’en GMS (données de janvier).

 

 
<em class="placeholder">Capture d&#039;écran d&#039;un graphique sur le site Pricco, observatoire en ligne des prix des fruits et légumes en vente directe.</em>
Le site Pricco, observatoire en ligne des prix des fruits et légumes en vente directe, permet par exemple de comparer les prix de la pomme golden (bio et conventionnelle) en vente directe et en GMS. © Pricco

Il y a des exceptions. Par exemple, en 2024, la carotte bio était plus chère en vente directe, jusqu’à + 35 % en novembre (de même que la carotte conventionnelle, jusqu’à + 48 % en décembre). Le melon bio était, en juin 2024, 45 % plus cher en vente directe qu’en GMS (et le melon conventionnel, 80 % plus cher en vente directe).

De plus, « la différence de prix entre le conventionnel et le bio est souvent plus restreinte en circuit court », a expliqué à Agra Presse Manon Pradère, ingénieure à l'Inrae. 

« L'analyse de l’évolution des prix de dix fruits et légumes frais sur plusieurs années montre par ailleurs une moindre réactivité des circuits courts face à la hausse des charges », rapporte aussi l'agence agro-économique. L’hypothèse étant, pour Manon Pradère, que « les producteurs en circuits courts ont fait tampon avant de répercuter plus tard la hausse ».​​​​​​

Les données GMS utilisées par Pricco pour les comparaisons avec la GMS viennent du RNM (prix Fruits France Detail GMS et Légumes France Detail GMS).

Pas de données sur l’année en cours

Sur la méthodologie, le site Pricco précise que, pour calculer les prix de la vente directe, « chaque prix au kilo est pondéré par le volume des ventes ». De plus, en amont, lors de l’agrégation des données fournies par les plateformes, l’observatoire a notamment exclu les produits en promotion et procédé au « retrait des valeurs extrêmes (10 % des volumes achetés les moins chers et 10 % des volumes achetés les plus chers) par produit, mois, année et mode de production (biologique et non-biologique) ».

Malheureusement, Pricco ne permet pas de suivre les prix actuels - il porte sur les années 2021 à 2024 et des mises à jour annuelles ou bisannuelles sont prévues, dans le cadre du projet Plat4Terfood.

Néanmoins, cet observatoire se veut utile aux maraîchers et arboriculteurs. « En plus de son intérêt pour la recherche, il fournit des références de prix aux agriculteurs et agricultrice ainsi qu’aux structures les accompagnant », décrit Pricco. Et les porteurs du projet espèrent que les consommateurs sauront, eux aussi, s’en emparer.

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