Soignon cherche des intolérants au lait de vache

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Les réactions digestives des volontaires seront scrutées de près après l’ingestion de lait de vache et de lait de chèvre. Crédits : © A. Roche/A. Bretin/Cniel

Eurial et sa marque Soignon lance une étude clinique pour explorer les bénéfices potentiels du lait de chèvre chez les personnes souffrant d’inconfort digestif avec le lait de vache. La coopérative laitière recherche activement des volontaires.

Le service recherche et développement de la coopérative Eurial et de sa marque Soignon cherche à mieux comprendre les bénéfices potentiels du lait de chèvre pour les personnes présentant une intolérance digestive au lait de vache. Pour cela, elle lance une étude clinique et recrute des personnes intolérantes au lait de vache. 

Afin de finaliser l’essai, la coopérative recherche des hommes et des femmes âgés de 18 à 65 ans, en bonne santé, mais présentant une mauvaise tolérance digestive au lait de vache. Les volontaires devront passer deux journées à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Lors de ces deux sessions, espacées d’un mois, les participants boiront alternativement un demi-litre de lait de vache et un demi-litre de lait de chèvre. En contrepartie, ils recevront une indemnisation de 400 euros. L’étude prévoit également plusieurs analyses biologiques — prises de sang, analyses d’urine et mesures d’air expiré — sous la supervision d’un gastroentérologue et d’un infirmier. Les chercheurs analyseront en parallèle les réactions digestives des participants.

Démontrer la meilleure digestibilité du lait de chèvre

« Cette étude s’inscrit dans un programme de recherche plus large visant à comprendre les mécanismes de digestion des produits laitiers », explique Laurent Noël, directeur recherche et développement de la branche beurre et fromage chez Eurial. « Une idée largement répandue affirme que les produits au lait de chèvre seraient plus faciles à digérer que ceux au lait de vache, confirme Philippe Demonte, responsable innovation et technologies ultra-frais chez Eurial. Mais il existe encore peu de démonstrations scientifiques solides pour expliquer ce phénomène. »

Avant cette étude clinique, les chercheurs ont déjà mené plusieurs travaux expérimentaux : digestion in vitro, études de biologie cellulaire et analyses de l’impact sur le microbiote intestinal. « Ces recherches ont livré des résultats intéressants, mais il reste à confirmer les mécanismes chez l’humain, d’où la nécessité de recruter des volontaires », précise Philippe Demonte.

Des enjeux nutritionnels plus larges

Certaines études cliniques suggèrent déjà un moindre inconfort digestif avec les produits au lait de chèvre. Toutefois, les mécanismes biologiques expliquant ces différences restent encore mal compris. « Cette recherche pourrait avoir des implications importantes en nutrition humaine, estime Laurent Noël. La baisse de consommation de produits laitiers peut poser des problèmes de santé publique, notamment chez les personnes âgées, avec un risque accru d’ostéoporose ou de perte de masse musculaire. Si certaines personnes évitent les produits laitiers en raison d’un inconfort digestif, il pourrait être utile d’identifier des alternatives mieux tolérées, comme certains produits au lait de chèvre. »

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