Salade : le Corky root, une maladie à part

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La variété Cortizone, proposée par Vilmorin-Mikado, est la première batavia du marché avec une résistance au Corky root. Crédits : © M. Kerdraon

Contrairement à Bremia et à la fusariose, la résistance au Corky root est encore peu présente dans les catalogues et ne permet pas de couvrir tous les créneaux de production.

Plusieurs raisons expliquent le peu de variétés de salade résistantes au Corky root. « Jusqu’à présent, en plein champ, une parcelle touchée se traduisait par quelques salades non récoltées, sachant que les producteurs récoltent 70 à 75 % de leur parcelle », relate Chrystel Texier, spécialiste laitue pour Rijk Zwaan pour expliquer pourquoi le sujet était peu travaillé auparavant. « Aujourd’hui nous pouvons perdre une parcelle entière si rien n’est fait », observe Benoît Guiraud, responsable commercial laitue pour Vilmorin-Mikado. Autre point, le problème Corky root est pour l’instant localisé. « On l’a surtout vu en Italie au départ, puis il a migré plus au nord, notamment en Provence et en Rhône-Alpes », observe Benoît Guiraud qui pense que cette migration est due à une contamination par transit de plant. Les semenciers ont donc d’abord concentré leurs efforts pour proposer des variétés adaptées à ces régions. Mais ils tendent désormais à développer des variétés « full package », c’est-à-dire dotées de résistances à toutes les souches de Bremia et de fusariose connues et/ou dommageables en France ainsi qu’au puceron Nasonovia ribisnigri, en plus du Corky root.

Lire aussi :  Recherche variétale en laitue : l’essor de la résistance au Corky root

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La qualité agronomique toujours essentielle

« On essaie toujours de proposer une bonne qualité agronomique en plus du pack résistance complet, c’est un vrai challenge d’allier les deux », admet Chrystel Texier. À ce jour, toutes les variétés proposées sur le marché ne répondent pas à cet objectif. « Dans le Sud-Est, certains font le choix de certaines résistances par rapport à d’autres », observe Chrystel Texier. « Des producteurs lyonnais sont prêts à choisir des variétés à volume moyen dès lors que la résistance Corky root leur assure une récolte. Dans l’Ouest, c’est impensable. Aujourd’hui, il faut composer en fonction de son contexte de production et l’historique de la parcelle », ajoute Benoît Guiraud. Le cumul des résistances, avec l’arrivée plus récente du Corky root, interroge les semenciers sur la place de la résistance dans la lutte contre les bioagresseurs. « Avec le retrait des produits phytosanitaires, on compte de plus en plus sur la résistance pour tout type de pathogène, mais elle ne fait pas tout. Il est important de développer d’autres leviers de lutte », alerte, en conclusion, Chrystel Texier.

Lire aussi :  Des variétés de laitue iceberg résistantes au puceron "Nasonovia ribisnigri"

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