Grandes cultures, maïs semence : une récolte brûlée, des revenus évaporés

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En moyenne, les producteurs n'ont livré à Limagrain que 43 % des rendements attendus.

La plaine de Limagne vient de vivre l'année la plus noire de son histoire semencière. Et derrière la catastrophe, une question hante les fermes : qui voudra encore semer en 2027 ?

La campagne 2026 restera gravée dans les mémoires. Alors que tout avait commencé sous les meilleurs auspices, la grande majorité des producteurs de maïs semence de la plaine de Limagne récolte aujourd'hui les conséquences d'un été de feu. Le syndicat des producteurs de semences tire le signal d'alarme sur une catastrophe agricole d'une ampleur inédite.

« Du jamais-vu » : quand la chaleur brûle le pollen

Tout avait pourtant bien commencé. « Tous les voyants étaient au vert au printemps 2026 », se souvient Régis Rougier, président du syndicat des producteurs de semences de Limagne. Les semis avaient été réussis, les levées excellentes. La fin du printemps a sonné le glas de ce qui s'annonçait comme une bonne campagne. Les fortes chaleurs se sont abattues sur la plaine dès le mois de juin. Malgré une irrigation anticipée et gérée « jusqu'aux restrictions », l'excès de chaleur a brûlé les pollens et empêché la fécondation du maïs.

« Nous n'avions jamais vu ça sur la totalité de la plaine. » La grande majorité des surfaces n'a pas été fécondée, 500 hectares ont été broyés, faute d'être récoltables.

Limagrain a annoncé dans nos pages à la fin du mois de septembre, avoir perdu entre 35 000 et 40 000 tonnes de maïs semence, soit des rendements en baisse de 30 à 40 %.

Frustration économique : un travail réduit à néant

Le sentiment dominant chez les producteurs est la frustration. Le maïs semence est une culture exigeante, dont les frais de mise en place sont « supérieurs à beaucoup d'autres cultures ». Certains agriculteurs ont même volontairement pénalisé d'autres cultures en irrigation pour tenter de sauver leur maïs semence. « Sans effet », lâche le président du syndicat.

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Côté rémunération, le compte n'y est pas. En moyenne, les producteurs n'ont livré à Limagrain que 43 % des rendements attendus. L'assurance multirisque climatique, déclenchée cette année, remontera le revenu jusqu'à 75 % mais c'est sans compter sur une franchise de 25 %. « C'est un minimum », estime Régis Rougier, compte tenu de la hausse du GNR, des engrais et des coûts d'irrigation.

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Le verdict reste cependant sans appel pour le producteur. « Ça va couvrir à peine plus que les frais engendrés pour la mise en production. Il n'y aura quasiment pas de revenu sur le maïs semence pour les producteurs cette année. »

2027 : des arbitrages à venir sur les surfaces et l'eau

Cette catastrophe inédite interroge l'avenir de la filière. « Limagrain devra reconstituer ses stocks », ce qui laisse espérer aux producteurs, a minima un maintien des surfaces de production en 2027 alors qu'elles avaient reculé de 12 % l'an dernier, faute d'un marché porteur. « Si les cours en maïs grain se maintiennent, les producteurs auront envie de ressemer. Quant aux éleveurs, sur les maïs ensilage, au regard de l'année qu'on vient de vivre, je pense qu'ils vont aussi ressemer » prédit Régis Rougier.

Toutefois, le président du syndicat craint aussi que les producteurs, marqués au fer rouge par cette sécheresse ne réalisent des arbitrages en défaveur du maïs. « Les rendements du maïs grain non irrigué ont souffert partout en France, les producteurs pourraient délaisser la culture au profit du tournesol ou d'autres moins gourmandes en intrants, notamment avec le coût de l'azote en hausse. »

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L'approvisionnement en eau sera également déterminant. La production des semenciers de Limagne dépend entièrement du barrage de Naussac. Si ce dernier venait à ne pas être plein à la sortie de l'hiver, de nouveaux arbitrages se feront dans les fermes. « Peut-être qu'il faudra faire moins d'hectares mais bien réussis, en concentrant l'irrigation. En dessous de 75-80 % de réussite, la rémunération devient compliquée » avance-t-il.

Enfin, les producteurs n'excluent pas une hausse des primes d'assurance multirisque, devenues « onéreuses du fait de la multiplication des phénomènes », même si aucune information n'a encore été communiquée par les assureurs.

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