La consommation de porc a progressé en 2024, mais l’autosuffisance en viande porcine française s’érode progressivement en raison d’une production en baisse. Pour répondre à la demande croissante, les importations de produits porcins ne cessent d’augmenter.
« On est contents, les Français plébiscitent toujours le porc» lance Philippe Bizien, président de l’interprofession Inaporc, au démarrage d’une conférence de presse à Paris le 20 février 2025.
La consommation de porc progresse en 2024
En 2024, chaque Français a consommé en moyenne 31 kg de porc, soit une hausse de 1,4 % en un an. Cette hausse de la consommation est notamment portée par la restauration hors domicile, en particulier le secteur du snacking, ainsi que par les entreprises agroalimentaires qui intègrent le porc dans leurs produits traiteurs.
Selon Anne Richard, directrice d’Inaporc « La charcuterie est indispensable à la tradition gastronomique française ». Cette affirmation se confirme par une enquête réalisée par le CSA pour Inaporc, qui révèle que 93 % des Français consomment de la viande de porc, un produit qui reste un incontournable des barbecues pour 84 % d’entre eux et des apéritifs pour 76 %.
« le point fondamental de la viande de porc, c’est son excellent rapport qualité-prix... »
Toujours d’après l’enquête, ce qui fait la particularité de cette viande, c’est avant tout son prix abordable pour 93 % des consommateurs. Selon Anne Richard « le point fondamental de la viande de porc, c’est son excellent rapport qualité-prix, en plus d’être goûteuse et conviviale ». Côté découpes, le top 3 des morceaux préférés des Français sont le filet mignon, le rôti et la côte de porc.
En 2024, les exportations françaises, tous produits confondus, sont restées stables comparées à 2023. Tandis que les importations ont gagné 4% en volume, contribuant ainsi à la baisse du solde de balance commerciale du porc, qui est désormais négatif et à -488 million d’euros.
La concurrence espagnole pèse
La situation est d’autant plus alarmante pour les entreprises de charcuterie, dont le déficit commercial se creuse encore plus. Celui-ci est désormais à -898 millions d’euros, en lien avec des importations de produits à base de porc en hausse de 11,8% en 2024 comparé à 2023. Désormais en magasin, une référence de charcuterie sur cinq est fabriquée à l’étranger, selon une étude d’Inaporc de 2024.
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« La moitié des importations de viande porcine provient de l’Espagne » rappelle Thierry Meyer premier Vice-président d’Inaporc. Cela est possible à cause de sa compétitivité qui est « déloyale » selon ce dernier. D’après Philippe Bizien président d’Inaporc « la montée récente du Smic en Espagne de 4,4% pourrait faire perdre en compétitivité leurs envois face au porc français ».
« La moitié des importations de viande porcine provient de l’Espagne »
La production est insuffisante face à la demande nationale
La France se situe en troisième position des pays producteurs de porc de l’Union européenne avec 2,1 millions de tonnes, derrière l’Espagne et l’Allemagne. Mais au regard de la consommation, la production est insuffisante. En cause, le renouvellement des générations qui patine. De plus, la filière, de l’amont à l’aval, a été impactée durement par la flambée des prix des énergies, entrainant des coûts de production à la hausse « pouvant aller à plus de 200 à 300% de hausse sur les charges pour les entreprises agroalimentaires » selon Christiane Lambert, vice-présidente d’Inaporc. Les entreprises ont ainsi vu leur situation financière se dégrader très fortement entre 2021 et 2023. Une entreprise sur trois était déficitaire en 2023.
Les entreprises, fragilisées économiquement, peinent à répercuter les hausses de charges sur leurs prix de vente. Dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d'achat des consommateurs, elles appellent les autorités à éviter toute nouvelle augmentation des coûts pour préserver la compétitivité de la production française.
La production française perd du terrain par manque de relève