Marché des oléagineux et coproduits du 23 au 30 septembre 2026 - Les prix en colza français font volte-face à la baisse, à l’image du complexe oléagineux mondial

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L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 23 et le 30 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont reculé entre le 23 et le 30 septembre 2026, perdant 17,25 €/t à 536,75 €/t sur l’échéance novembre 2026, dans le sillage du pétrole (- 5,05 $/baril à 98,03 $/baril sur l’échéance décembre 2026 pour le Brent mais + 0,26 $/t à 92,42 $/t sur l’échéance novembre 2026 pour le WTI) qui a entraîné dans son sillage la graine de soja cotée sur le CBOT (- 25 ct$/boisseau à 1 293 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026 et - 24,50 ct$/boisseau à 1 309,25 ct$/boisseau sur l’échéance janvier 2026), le canola canadien (- 1,40 CAN/t à 823,70 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (- 177 RM/t, à 4 424 RM/t sur l’échéance octobre 2026). L’euro s’est légèrement affaibli face au dollar d’une semaine sur l’autre (- 0,0056 $, à 1,1355 $).

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Sur le marché physique français, les prix du colza ont suivi la tendance baissière d’Euronext entre le 23 et le 30 septembre 2026, cédant entre - 4,50 et - 17 €/t. Le FOB Moselle, sa place de référence, a perdu 12,50 €/t à 541 €/t sur la période octobre-décembre 2026, et 8 €/t à 556 €/t sur janvier-mars 2027. Le marché est calme. Le repli des cours a fait ressortir les triturateurs sur le marché. Les vendeurs, absents du marché, attendent que les cours se reprennent. Côté champs, il a plu cette semaine mais en faible quantité. Dans ce contexte, les semis ou ressemis avancent péniblement et les levées sont difficiles, entre adventices (repousses et autres mauvaises herbes) et ravageurs (punaises, altises, pucerons et limaces).

Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont évolué dans une large fourchette entre le 23 et le 30 septembre 2026, évoluant entre - 10 et + 1 €/t. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 2,50 €/t à 592,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Des affaires se traitent, mais dans des volumes limités au vu de la faiblesse de la récolte de l’année. Le rendement moyen se situerait entre 16 q/ha et 17 q/ha à l’échelle nationale. Dans le Sud-Ouest, la récolte est quasiment terminée. Les rendements évoluent entre 11 q/ha et 17 q/ha, avec une moyenne de 13-14 q/ha. On s’attend par ailleurs à des petites graines, avec des risques de perte lors des manipulations. La teneur en huile oscille entre 45,5 % et 46 %, selon les premières analyses.

​​​​​​Sur le marché physique français, la cotation de la graine de soja en départ Rhône-Alpes a progressé de 5 €/t à 535 €/t sur la période octobre-décembre, entre le 16 et le 23 septembre 2026, mais celle en départ Rhin n’a pas évolué, demeurant à 550 €/t. En départ Sud-Ouest, des affaires ont été traitées à 530 €/t sur la période octobre-décembre et 537 €/t sur la période janvier-mars. Les cultures ont grillé sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse estivales. Dans son dernier rapport de septembre, Agreste prévoit une production de 298 000 t pour 2026, en retrait de 24,8 % par rapport à 2025 et de de 25,5 % par rapport à la moyenne 2021-2025.

Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin sont de nouveau cotés en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale comme de l’alimentation humaine. Le lin jaune à destination de l’alimentation humaine a renchéri de 30 €/t par rapport au début du mois, les cours du lin brun n’ont pas évolué sur les trois dernières semaines.

Karine Floquet

 

Protéagineux

Reprise de l’activité

Sur le marché physique français, les pois et les féveroles fourragers ne sont guère cotés sur la semaine allant du 23 au 30 septembre 2026. La tendance est haussière en pois et féverole fourragers. À titre indicatif, le pois fourrager en rendu Pontivy-Guingamp a de nouveau gagné 2,50 €/t à 295 €/t sur la période septembre-décembre. En féverole fourragère, la cotation en rendu Pontivy-Guingamp fait de même pour s’établir à 295 €/t. En revanche, on notera le net recul de la cotation du pois jaune rendu Marne, qui perd 40 €/t d’une semaine sur l’autre. Le marché des protéagineux est calme.

Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 25 septembre, la Commission européenne impose un droit antidumping définitif sur les importations de protéines de pois en provenance de Chine, rapporte nos confrères d’Agra. « En l’espèce, Bruxelles institue des taux de droit antidumping définitifs pouvant aller de 40,5 % à 67,1 % du prix CIF à la frontière de l’UE, avant dédouanement, en fonction des entreprises chinoises », précise le média.

Tourteaux

Nouvelle hausse des cours

Sur le marché physique français, les prix du tourteau de soja OGM ont perdu du terrain en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026, oscillant entre -3 et -13 €/t sur l’ensemble des places commerciales. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait cédé 13,20 $/t à 357,10 $/t sur l’échéance octobre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière sur la semaine. À titre indicatif, elle valait + 165 €/t sur la période octobre (+ 16 €/t), + 165 €/t sur la période 2 de novembre (+ 16 €/t), + 160 €/t sur la période janvier (+ 17 €/t) et + 164 €/t sur la période 3 de février. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, entre 3 €/t et 4 €/t.

​​​​​Le tourteau de colza sur le marché physique français a suivi une tendance haussière sur la semaine, gagnant entre 0 €/t et 6 €/t. Le tourteau de tournesol a fait de même, perdant entre 1 €/t à 3 €/t selon les places et les périodes, exception faite du départ Bassens qui augmente de 5 €/t sur le rapproché mais cède 15 €/t sur l’éloigné.

Le marché hexagonal des tourteaux a enregistré quelques affaires de réapprovisionnement sur les 3 de novembre, en toutes graines. Aucune activité n’a été rapportée sur le début de l’année 2027.

Huiles

Hausse des cours

Le marché physique français de l’huile végétale n’est guère coté. Pour information, l’huile de soja en départ Brest a renchéri de 4€/t à 6 €/t entre le 23 et le 30 septembre 2026. En franco Bretagne, les cours de l’huile de coprah raffinée a grimpé de 10 €/t sur les sept derniers jours, tandis que ceux de l’huile de palme raffinée ont perdu 40 €/t. Le marché physique français a enregistré quelques affaires de complément sur la fin de l’année en huile de colza et de tournesol, dont les cours européens ont suivi une tendance baissière sur la semaine. Les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat, pour se couvrir sur les longueurs.

Sur les ports nord européens, les prix de l’huile de colza et de tournesol ont perdu du terrain en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026, perdant respectivement jusqu’à 5 €/t et entre 5 €/t et + 10 €/t selon les périodes. Les cotations de l’huile de palme se sont nettement repliées, perdant de 105 €/t à 145 €/t sur les sept derniers jours. L’huile de coprah raffinée est de nouveau cotée.

Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a gagné 0,60 cts$/livre sur l’échéance octobre à 67,85 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a perdu 177 ringgits la tonne à 4 424 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.

Issues de meunerie

Renchérissement des sons fins

Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière entre 22 et le 29 septembre 2026. Les prix du son fin pellet et du remoulage demi-blanc ont progressé de 3 €/t, voire de 5 €/t en ce qui concerne le son fin pellet. Les cotations de la farine basse et du gruau n’ont pas évolué. L’offre n’arrive toujours pas à contenter la forte demande française et européenne. Les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de fibres pour formuler. Et ce, malgré le décrochage des cours des céréales.

En Bretagne, les cours du son fin farine ont progressé de 4 €/t entre le 23 et le 30 septembre 2026, dans le sillage du marché francilien. On rapporte toujours une forte demande des fabricants d’aliments pour animaux, face à une offre qui demeure limitée. En Isère, les cours du son fin ont gagné 5 €/t pour s’aligner sur le marc hé francilien. La demande en alimentation animale est forte, en raison de la faiblesse annoncée de la production de maïs, mais l’offre fait défaut. En région marseillaise, les cotations ont gagné 5 €/t en son fin farine et 15 €/t en son fin pellet sur la période.

​​​​Coproduits amidonniers

Baisse des prix en drêche de maïs

De nouveau cotée sur le rapproché, la drêche de maïs sur le marché physique français a suivi une tendance baissière (de -1 €/t à - 4 €/t en départ Gand), entre le 23 et le 30 septembre 2026.

La drêche de blé et le corn gluten feed sont non cotés.

Le marché est relativement calme.

​​​​Coproduits laitiers

Marché toujours tendu

Les cours de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, n’ont pas évolué sur le marché physique français, stagnant à respectivement 3 275 €/t et 1680 €/t entre le 24 septembre et le 1er octobre 2026, après la flambée des prix enregistrée la semaine dernière. Le marché français est inactif.

En poudre de lait, la situation reste très tendue à partir de novembre mais sans offre ni demande. En poudre de lactosérum, le négoce est un peu revendeur sur octobre mais sans trop d’intérêt acheteur.

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Produits déshydratés

Prix reconduits en luzerne

En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 23 et le 30 septembre 2026, à 225 €/t. Les fortes chaleurs de juin et le manque d’eau ont impacté négativement la deuxième coupe. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août, et le manque d’eau en septembre, n’ont fait qu’amoindrir les disponibilités.

La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français demeure non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires et de la sécheresse de cet été sur le développement des cultures de betterave.

Farine de poisson

Tension sur le marché européen

En Amérique du Sud, les prix de la farine de poisson sur le marché physique français n’ont pas évolué, toutes origines confondues, entre le 23 et le 30 septembre 2026. Les prix se stabilisent en raison du retrait d’un grand nombre d’acheteurs.

Les pêches au Maroc sont bonnes, ce qui permet une légère détente des qualités fabriquées en Amérique du Sud.

En Europe, la disponibilité reste limitée et les prix très tendus.

Pailles et fourrages

Statu quo

En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026. Les prix n’évoluent pas d’une semaine sur l’autre en paille mais la pression de la demande est toujours présente face à une offre qui se raréfie.

En foin, les prix atteignent parfois des niveaux défiants l’entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t en France. À terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes.

En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales et officielles) n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. En revanche, le Comité du foin de Crau a relevé ses prix de 25 €/t en première coupe et de 5 €/t en deuxième et troisième coupes. Selon l’association professionnelle, les rendements sont globalement mauvais. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.

Les éleveurs sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Supplémenter avec des aliments composés, la paille pourrait venir en alternative au foin, dans le cas extrême.

Au 20 septembre 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 40 % à celle observée à cette date durant la période de référence 1989-2018, selon la dernière note d’Agreste. « Malgré quelques pluies fin août, la sécheresse des sols atteint un niveau exceptionnel et empêche toute reprise de pousse. Le déficit s’accentue dans quasiment toutes les régions », précise l’agence gouvernementale.

Par ailleurs, à l’occasion de son entretien avec le conseiller agricole de Sébastien Lecornu, le 30 septembre, le Modef a demandé au gouvernement une « intervention de l’armée » pour acheminer des céréales vers les élevages des zones herbagères, où les manques de fourrages se font déjà ressentir, rapportent nos confrères d’Agra. « En dehors des Cévennes, il n’y aura pas d’herbe. Les éleveurs ont six mois de réserve, ils en ont déjà mangé quatre. Que fait-on ? », interroge le coprésident du Modef, Frédéric Mazer, éleveur dans le sud des Cévennes.

La rédaction

 

À surveiller

Soja

  • Évolution des achats chinois et/ou brésiliens de soja états-unien.

  • Semis et conditions de culture au Brésil.

  • Récolte en termes de volume et de qualité en France et dans l’UE.

  • Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).

Colza

  • Entre semis et ressemis, surface emblavée en France.

  • Développement des cultures entre adventices et ravageurs.

  • Récolte canadienne de canola.

  • Concurrence de l’origine Ukraine.

  • Trituration européenne, portée par le biodiesel.

Tournesol

  • Production et teneur en huile en France.

  • Échos de la récolte en Europe.

  • Trituration et logistique en Ukraine (guerre russo-ukrainienne).

Karine Floquet

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