Grandes cultures Limagrain face à des pertes inédites et un défi de trésorerie pour ses adhérents

- - 4 min

La coopérative Limagrain a accueilli ce lundi le préfet de région Étienne Guyot et la préfète du Puy-de-Dôme Anne Frackowiak-Jacobs. L'occasion de dresser un bilan alarmant d'une année 2026 marquée par une sécheresse sans précédent dans l'histoire du groupe.

Alors que les récoltes de maïs battent leur plein dans la plaine de la Limagne, au terme d'une campagne historiquement sèche, difficile de parler de fin de crise. La coopérative Limagrain en fait les frais et sait déjà que les conséquences de 2026 se prolongeront au moins pendant 12 mois. « Difficile de dire qu'on va tourner la page, parce que malheureusement cette année va nous suivre encore a minima pendant un an, du fait du manque de disponibles », alerte Sébastien Vidal, président de la coopérative.

Les chiffres donnent la mesure du désastre. Ce sont « entre 35 000 et 40 000 tonnes » qui manquent à l'appel pour les besoins de Limagrain. La coopérative ne pourra malheureusement pas compter sur les volumes produits dans les autres régions françaises pour joindre les deux bouts. Elle part donc à la recherche de volumes à l'étranger. Côté semences de maïs, le plan de production attendu ne sera pas atteint, malgré une présence sur plusieurs territoires. Le tournesol n'a pas été épargné, non plus. « Nous enregistrons entre 30 et 40 % de pertes, une baisse qu'on n'envisageait pas de manière aussi importante ».

A lire aussi : Sécheresse 2026 : une perte de 20 à 30 % de rendement à prévoir en tournesol

Le bilan établi par Limagrain fin juillet se confirme voire « s'empire » des mots de son président. « Dans l'histoire de Limagrain, ce n'est jamais arrivé d'avoir des pertes comme celles-ci sur nos activités. Je pense que c'est même très historique à l'échelle de nos exploitations », souligne Sébastien Vidal.

Soutenir la trésorerie des fermes de Limagne

Au-delà de la perte de ses volumes, la coopérative doit se porter au chevet de ses adhérents. « Nous devons les accompagner dans une année qui s'annonce très difficile en termes de trésorerie sur certaines fermes. On met en place un certain nombre d'actions. On remonte des compléments d'acomptes là où on peut sur les cultures afin d'apporter de la trésorerie sur les exploitations », détaille le président. Limagrain étudie également la mise en place « d'avances sur de futures livraisons avec des taux d'intérêt très réduits ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

économie
Suivi
Suivre
Limagrain
Suivi
Suivre

L'État en appui de la « force économique »

Sébastien Vidal plaide aussi pour des investissements structurels afin de « sécuriser les productions agronomiques sur la Limagne ». Ce discours, le président le porte depuis de nombreuses années.

Ce lundi 28 septembre, le préfet de région, Étienne Guyot, accompagné de la préfète du Puy-de-Dôme, Anne Frackowiak-Jacobs, s'est entretenu avec Sébastien Vidal et plusieurs membres du conseil d'administration de Limagrain, au cours d'une visite. Si son objet n'était « pas spécialement en lien » avec le contexte climatique, la sécheresse a naturellement irrigué les échanges. « Quand on vient de vivre l'été que l'on a eu, canicule, sécheresse, impact sur l'agriculture, on a naturellement eu des échanges sur le sujet, sur la manière dont ça va nous amener à traiter différemment des sujets de l'eau, les sujets de la recherche, les sujets de la production » précise Étienne Guyot.

A lire aussi : Mal-être agricole : la MSA note une augmentation des signalements avec la sécheresse de l’été 2026

Le président de la coopérative en a ainsi profité pour, encore une fois, insister sur le dossier de la gestion de l'eau. « La solution la plus importante sera d'avancer très rapidement sur le sujet des barrages et d'amener des capacités supplémentaires. Pas seulement pour l'agriculture mais pour tous les usages. Les outils économiques doivent avoir les quantités d'eau nécessaires, ne serait-ce que pour fournir une alimentation française à nos concitoyens ».

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires