Marché des céréales et du sucre du 23 au 30 septembre 2026 – Les prix du blé tendre ont chuté dans un contexte de fortes disponibilités mondiales

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L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 23 et le 30 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Le prix du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 23 et le 30 septembre 2026 : - 4,50 €/t, à 234,50 €/t sur la période octobre-décembre, dans le sillage du marché à terme européen Euronext (- 4,50 €/t à 236 €/t sur l’échéance décembre 2026 et - 6 €/t à 239 €/t sur l’échéance mars 2027). Sur le CBOT, les cours ont également clôturé en baisse : - 32,75 cts$/boisseau à 675,75 cts$/boisseau sur l’échéance de décembre 2026 et - 33,50 cts$/boisseau à 690,75 cts$/boisseau sur celle de mars 2027.

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Le marché a réagi à la révision à la hausse par l'USDA de la production de blé aux Etats-Unis qui se révèle supérieure aux attentes des opérateurs. Par ailleurs la baisse des droits de douane en Chine sur le blé et le maïs annoncée à l'issu de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping a donné des espoirs aux exportateurs aux Etats-Unis. 

Les fabricants d'aliments pour animaux sont couverts sur la période d'octobre à décembre mais restent aux achats sur la période de janvier à mars. Selon des courtiers, le taux d'engagement des agriculteurs serait proche de 65%, laissant penser qu’une proportion importante de la production est désormais entre les mains des coopératives et collecteurs privés. 

Les fabricants d'aliments pour animaux italiens et espagnols sont aux achats sur octobre décembre, contrairement aux industriels français ou belges. Dans le Sud-Ouest, les courtiers parlent d'un marché du blé évoluant en vase clos avec malgré tout peu d'offre en céréales à paille.

La meunerie est aux achats également sur le premier semestre 2027.

Enfin, dans un contexte de retour des grands pays importateurs comme le Pakistan, les exportations sont dynamiques sur Rouen. Les opérateurs rapportent des chargements à destination de débouchés habituels comme le Maroc, mais aussi de destinations plus rares comme le Yémen. Sur La Pallice, le trafic est moins dynamique compte tenu d'une prime plus élevée que sur Rouen qui résulte d’une meilleure qualité du blé suffisante pour concurrencer les pays baltes sur ce segment de marché.

Frets fluviaux : les dégagements sur le port de Rouen se font au compte-gouttes

Les prix de base du fret fluvial en France sont donnés à titre purement indicatif en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026, en l’absence d’offres de transport.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin baissent de jour en jour, ce qui rend la navigation très difficile voire impossible. Mais officiellement la navigation n’est pas arrêtée.

Le Danube est dans la même situation, avec des niveaux « très bas » à « trop bas » sur tout son parcours, entravant le fret de marchandises. 

Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ) reprend quelque peu au gré des chargements des navires qui accostent. 

L’intracommunautaire est en revanche à l’arrêt, ce qui commence à être inquiétant à cette période de l’année.

​​​​​​La rédaction

 

Maïs

Forte baisse des prix

Le cours du maïs rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé de 8 €/t à 268,50 €/t sur la période octobre-décembre 2027, entre le 23 et le 30 septembre 2026. Sur Euronext, ils ont perdu 10,50 €/t à 264,25 €/t sur l’échéance de novembre 2026. Sur le CBOT, le contrat à terme a quant à lui cédé 28,25 cts$/boisseau à 500,75 cts$/boisseau sur l’échéance de décembre 2026.

L’USDA a surpris le marché en annonçant des stocks américains de maïs de 2,095 milliards de boisseaux, un niveau supérieur aux attentes et plus élevé que les stocks au 1er septembre 2025. Les opérateurs sont néanmoins de plus en plus inquiets concernant la production française de maïs. Chacun s'attend à une très faible collecte de maïs, à un niveau bien inférieur à celui annoncé par FranceAgriMer en septembre (6,9 Mt). Les rendements sont globalement catastrophiques même si certaines zones comme les Hautes Landes s'en sortent mieux. Les fabricants d'aliments tentent d'acheter du maïs mais les vendeurs sont frileux et attendent de connaître précisément le niveau de la production. Un marché de recouverture fonctionne de façon discrète au regard de la nécessité de payer des surprimes. Les fabricants d’aliments du Centre et de l’Ouest de la France viennent acheter du maïs dans le nord du Sud-Ouest et payent des primes à la hausse. Dans ce contexte de faibles disponibilités locales, les importations devraient être massives même si les courtiers parlent actuellement d'achats en maïs d'import encore modérés sur novembre.

La production de semences de maïs a été fortement impactée par les conditions climatiques hors norme de ce printemps et de cet été, tant sur la quantité que sur la qualité. « À l’échelle nationale, la profession estime que 70 à 75 % des objectifs seraient atteints. Il manquerait donc entre 25 et 30 % des volumes attendus. Mais derrière ces chiffres se cachent de fortes disparités selon les régions, les Pays-de-la-Loire, le Centre et le Poitou-Charentes étant les plus impactées », a révélé à nos confrères d'Agra Pauline Boussin-Fort, chef marché semences de maïs chez Bayer Dekalb (18 % de parts de marché). Et d'ajouter : « Les éleveurs vont chercher à reconstituer leur stock de fourrage : la sole de maïs fourrage devrait fortement augmenter en 2027 ». Dans les zones davantage tournées vers les grandes cultures, certains agriculteurs pourraient, à l’inverse, après plusieurs années compliquées, être tentés d’arrêter le maïs grain même si, à date, les cours se portent plutôt bien.

Lors d’une conférence de presse précédant son assemblée générale annuelle à Paris le 1er octobre, l’Usipa (syndicat des amidonniers) prévoit un nouveau recul du chiffre d’affaires de l’amidonnerie française en 2025, de 6,5 %, à 2,9 Md€, rapportent nos confrèresc d'Agra. La flambée des coûts de l’énergie plombe la compétitivité des usines françaises et européennes, qui perdent des parts de marché sur le marché intérieur mais aussi à l’export. Ajoutons à cela une consommation alimentaire atone, qui reste le débouché principal de l’amidon. L’année 2026 ne s’annonce guère meilleure, avec des récoltes en grandes cultures en nette baisse. Si le blé s’en sort à peu près, celle de maïs s’annonce catastrophique, laissant supposer le recours accru à l’import, prévient le syndicat.

Orge fourragère​​​​

Une orge demandée par les FAB

En orge fourragère, le prix en rendu Rouen, sa place de référence en France, a reculé de 3 €/t à 214,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026, entre le 23 et le 30 septembre 2026.

Le gain de compétitivité aidant, les fabricants d'aliments sont aux achats en orge fourragère pour palier en partie le déficit en maïs. 

Orge de brasserie

Poursuite de la baisse des cours

​​​​Sur le marché physique français, les cotations de l’orge de brasserie ont de nouveau baissé de - 1 €/t à - 5 €/t sur la période janvier-juin 2027, entre le 23 et le 30 septembre 2026, toutes variétés et récoltes confondues. Le FOB Creil, leur place de référence, a cédé 3 €/t à 215 €/t en Faro (variété d’hiver) et 1,50 €/t à 230 €/t en Planet (variété de printemps).

Les orges brassicoles suivent la tendance baissière de l'orge fourragère, sur un marché guère actif. On enregistre quelques affaires en inter-négoce sur le port de Rouen. Les industriels sont absents du marché. Concernant les semis, les agriculteurs attendent désespérément la pluie pour humidifier les sols, et ainsi rendre possible les travaux d'emblavement et la germination des semences dans de bonnes conditions.

​​​​​​Blé dur

Une qualité dégradée en Amérique du Nord

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marché à terme
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En blé dur, le prix en rendu Port-la-Nouvelle, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé de 10 €/t à 295 €/t sur l’échéance octobre-décembre 2026, entre le 23 et le 30 septembre 2026.

Les volumes disponibles pour les semouliers seront inférieurs au Canada et aux Etats-Unis à l'année dernière, un contexte profitable pour la production française.

​​​​​​Céréales secondaires

Marché en sommeil

L’avoine blanche, l’avoine noire, le triticale et le seigle ne sont guère cotés, sur un marché physique français peu animé. Les cours disponibles suivent une tendance baissière entre le 23 et le 30 septembre 2026.

En avoine blanche, le départ Marne s’est stabilisé à 210 €/t, à titre indicatif.

En avoine noire, le départ Marne demeure à 200 €/t, à titre indicatif. 

En triticale, le départ Allier a régressé de 2,50 €/t à 217,50 €/t.

​​​​Sucre

Les cours du sucre poursuivent leur baisse cette semaine sur les marchés internationaux 

Le prix du sucre brut coté à New York a régressé, de 0,02 ct$/livre pour la semaine allant du 21 au 28 septembre 2026, passant de 17,48 cts$/livre à 17,46 cts$/livre. Celui du sucre raffiné coté à Londres a aussi reculé, de façon plus marquée : - 3,40 $/t, à 504,10 $/t. 

Les cours du sucre ont suivi la baisse du prix du pétrole, ce qui pénalise les cotations de l’éthanol et pourrait inciter les sucreries du monde entier à réorienter une plus grande partie de la transformation de la canne à sucre vers la production de sucre plutôt que vers celle d'éthanol, alourdissant l’offre de sucre. Un autre facteur négatif pour les cours du sucre a été la décision prise par StoneX de revoir à la baisse son estimation du déficit mondial de sucre pour 2026-2027, la ramenant à - 900 000 t contre une estimation de - 1,7 Mt en juillet 2026.

Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, le gouvernement instaure une nouvelle taxe sur les produits «transformés, emballés», contenant des sucres ajoutés et des additifs, pour lutter contre l’obésité et la progression des maladies chroniques, rapportent nos confrères d'Agra. Le barème de cette taxe sera « croissant selon la teneur en sucres ». 

La rédaction

 

À surveiller

Blé tendre

  • Avancées des discussions menées par la Turquie sur un corridor sécurisé d’exportation des céréales ukrainiennes et russes en mer Noire.

  • Négociations entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis.

  • Voies alternatives d’exportation des céréales russes et ukrainiennes.

  • Production en Australie.

  • Retour aux achats des principaux pays importateurs.

Maïs

  • Production française et européenne.

  • Évolution des contraintes sur le maïs dans les formules d’aliment pour volailles.

  • Importations françaises de maïs, pour pallier la faible récolte nationale.

Orge

  • Demande grand export sur l’origine France.

  • Activité portuaire à l’importation.

  • Demande chinoise en qualité fourragère et brassicole​​.

Laurent Morin

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