On pourra passer au lait entier pour des veaux déjà démarrés à la poudre, en réalisant une phase de transition. L'Institut de l'élevage rappelle les recommandations pour réussir une alimentation au lait entier : volume, mesures d'hygiène, température de buvée...
Par contre, au printemps, le nombre d'animaux concernés est souvent limité : vaches à plus de six mois de gestation et dont la production est inférieure à 20 kg lait/j.
Cette pratique exige en outre une bonne maîtrise de la technique de tarissement et de la gestion de la période sèche afin d’éviter les risques d’infections mammaires au cours de cette phase et de la lactation suivante, et les maladies métaboliques en début de lactation liées à un sur-engraissement.
3 - Réduire les concentrés
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Puis, avec le démarrage du pâturage et l'augmentation de la part d'herbe pâturée dans la ration, on ajuste les fourrages complémentaires à l'herbe pâturable disponible, ce qui permet de réduire le correcteur azoté. On peut le supprimer dès qu'on atteint une 1/2 ration de pâturage.
"Pour des vaches à 25 kg lait/j, la baisse de production laitière peut atteindre entre -5 et -10%", ajoute Benoît Rouillé, de l'Institut de l'élevage.
"Ce levier est plus délicat à mettre en oeuvre avec des vaches hautes productrices. Cela peut déstabiliser leur métabolisme. Et il n'est pas sûr qu'elles puissent remonter à leur niveau d'avant. Dans les élevages avec des vaches à plus de 30 kg de lait, ne plus traire le dimanche soir s'envisage davantage que la réduction des concentrés."
Les systèmes qui ont le plus de marge de manoeuvre avec ce levier sont ceux les systèmes mixtes "Herbe - Maïs". "Les éleveurs peuvent chercher au maximum l'herbe, d'une part parce que les stocks ne sont pas suffisants partout, d'autre part pour réduire voire arrêter le correcteur azoté. Habituellement, on l'arrête quand on a moins de 5 kg d'ensilage de maïs dans la ration. Là, avec un objectif de réduction de la production, on peut l'arrêter dès qu'on tombe à 7 - 8 kg d'ensilage de maïs", développe Benoît Rouillé.
4 - Supprimer la traite du dimanche soir voire passer en monotraite
Supprimer une traite par semaine est envisageable dans tous les systèmes alimentaires, même avec des vaches hautes productrices. L'impact est modéré sur la baisse de production (-5%), mais toute baisse est bonne à prendre en ces temps difficiles. Il est conseillé d’adapter les horaires de traite : plus tard le dimanche matin (vers 10h), plus tôt que d’habitude le lundi matin. « Et il ne faut pas aller voir les vaches le dimanche soir, sinon elles réclament la traite ; c’est stressant pour elles et pour l’éleveur. »
Passer à une traite par jour est un levier très efficace : - 25% de production laitière. Mais lors du retour à deux traites, il subsiste une perte de lait inférieure à 1,5 kg de lait/jour. Par ailleurs, ce levier n’est envisageable qu'avec des régimes peu « engraissants » et à très faible coût alimentaire car les vaches mangent autant, produisent moins, donc le coût alimentaire par litre s’accroît. La monotraite doit s’accompagner d’une suppression complète des concentrés de production et convient davantage à des systèmes très pâturants avec peu de concentré. Ce levier peut faire d'une pierre deux coups si l'objectif est aussi de soulager l'astreinte de traite et de se libérer du temps.