Les flux de viande bovine sur le marché mondial évoluent nettement, entre les quotas mis en place par la Chine et l’interdiction européenne de la viande brésilienne. Une porte s’est ouverte en revanche vers les États-Unis.
C’est la Chine qui a ouvert le bal en début d’année en mettant en place des quotas pour l’importation de viande bovine. Une politique qui a entraîné la baisse des exportations de l’Australie et du Brésil vers la Chine, les poussant à trouver de nouveaux débouchés.
L’Australie et le Brésil ont rempli les quotas de viande bovine vers la Chine
L’Australie a en effet rempli son quota annuel sans droits de douane (205 000 tonnes) dès le mois de juin. Depuis, elle oriente ses envois notamment vers les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie et le Canada. La Corée du Sud a d’ailleurs mis en place son propre mécanisme de sauvegarde.
Le Brésil devrait remplir le sien (1,1 million de tonnes) en septembre, informe l’AHDB. Les envois vers la Chine sont ralentis depuis plusieurs semaines et les exportateurs cherchaient à réorienter leurs produits vers les États-Unis, la Russie et l’Union européenne, mais beaucoup sont restés sur le marché intérieur.
Le Brésil doit trouver un autre débouché que l’UE pour sa viande bovine à haute valeur ajoutée
Aujourd’hui, c’est l’interdiction du bœuf brésilien en Europe qui redessine le panorama mondial, en privant le géant sud-américain d’un débouché à forte valeur ajoutée. Sur les premiers mois de l’année, ce sont 7 000 à 9 000 tonnes de viande bovine brésilienne qui étaient destinées à l’UE.
Sur août, 20 000 tonnes ont été expédiées. Si les volumes brésiliens orientés vers l’Union européenne demeurent limités au regard des exportations totales du pays, il n’en reste pas moins que c’est un marché très rémunérateur, centré sur les pièces nobles. Les exportateurs brésiliens devront travailler dur pour trouver des débouchés comparables, au Japon et en Corée du Sud probablement.
Les États-Unis vont importer davantage de viande bovine
A l’inverse, les États-Unis viennent d’ouvrir des nouveaux quotas à la viande bovine importée, le président Donald Trump cherchant à limiter l’inflation sur le steak. Le cheptel bovin des États-Unis est à un plus bas historique pour alléger les tensions sur le prix de la viande, l’administration Trump a ouvert un quota de 300 000 tonnes pour 90 jours au 1er septembre. Ce quota ne concerne pas l’Australie qui dispose déjà d’un accès libre de droit de 450 000 tonnes. Le Brésil, qui remplit son quota très rapidement dans l’année, pourrait quant à lui en profiter. De quoi donner un peu d’air à la filière viande du pays, sans pour autant venir remplacer le débouché européen perdu car il concerne de la viande utilisée pour le haché et non les pièces à forte valeur ajoutée.