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Cap sur la reprise pour les Fermiers de Loué

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Un pacte filières entre la coopérative et la région des Pays de la Loire a été signé visant à mobiliser les cuisines des lycées autour des produits locaux. Crédits : © Fermiers de Loué
Le géographe Damien Deville a souligné le rôle des élevages dans la vie du territoire : économique, dans le maintien et la construction du bocage, dans la diversification des paysages. Crédits : © Fermiers de Loué

Après deux années chahutées, l’année 2025 a marqué la fin de l’inflation et le début de la reprise : les ventes de volailles de la coopérative sarthoise des Fermiers de Loué sont reparties à la hausse.

Comme à son habitude, l’assemblée générale des Fermiers de Loué, qui s’est tenue le 21 mai 2026 au centre des expositions du Mans, a fait le plein : le plein de public puisque 1500 personnes sont venues y assister ; le plein de coopérateurs, puisqu’ils étaient environ un millier sur les 1160 coopérateurs ; le plein de nouveautés, nouveau président, nouvelle pub, nouvel ambassadeur… mais aussi le plein de bonnes nouvelles, puisque la reprise est enfin là.

C’est ce qu’a confirmé Erwan de la Fouchardière, directeur de la coopérative : « Après deux années chahutées, 2025 a été une année d’accalmie pour l’inflation et une année de reprise pour nos ventes. » Les Fermiers de Loué ont en effet mis sur le marché 29 millions de volailles de chair dont 20 millions de poulets (+ 6 % en volumes par rapport à 2024) et 200 millions d’œufs (stable par rapport à 2024), pour un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros.

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L’année 2026 s’engage bien

Même si l’export ne représente qu’une faible partie du chiffre d’affaires (8 %), son augmentation de 5 % est aussi un signe de reprise. En outre, comme l’a souligné Christophe Pajot, directeur général du groupe LDC qui abat et commercialise les produits Loué : « L’année 2026 s’engage bien en volume et en valeur. »

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Angelo Carbonel, président Des Fermiers de Loué, a rappelé l’importance de « faire filière », c’est-à-dire permettre aux producteurs d’avoir de la visibilité, des revenus revalorisés et de pouvoir investir. © C. Perrot

Erwan de la Fouchardière a rappelé la victoire obtenue au niveau européen par Anvol et le Synalaf sur la protection des mentions plein air et liberté et l’ouverture du restaurant Loué sur l’aire d’autoroute de Sargé-Le-Mans Nord. L’année 2026 continue sur une lancée positive avec l’obtention de trois médailles d’or lors du dernier Concours général agricole ou encore la signature d’un pacte filière avec la région, qui va accroître la présence des produits Loué dans les lycées publics.

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La coopérative s’est dotée d’un nouveau président : Angelo Carbonel, éleveur à Bouessay, dans la Mayenne, a été élu par le conseil d’administration en novembre dernier, remplaçant Philippe Pancher arrivé à l’âge de la retraite. Nouveautés également du côté du packaging, pour moderniser l’image de la marque et de la publicité avec un spot ébouriffant garanti sans intelligence artificielle. Enfin, Loué s’est choisi un nouvel ambassadeur : le chef cuisinier Julien Serri, très présent sur les réseaux sociaux.

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Dans son discours de clôture de cette assemblée, Angelo Carbonel a réaffirmé son optimisme pour l’avenir et la solidité du modèle coopératif : « Nous avons réussi à garder une ruralité agricole par le nombre d’adhérents sur le territoire. » Dans un marché global du poulet en croissance, il assure que Loué pourra « faire sa part » en augmentant encore sa production, tout en rappelant l’importance de « faire filière », c’est-à-dire permettre aux producteurs d’avoir de la visibilité, des revenus revalorisés et de pouvoir investir.

 

« L’agriculture habite le territoire »

Damien Deville est spécialiste de géographie culturelle, la branche de la géographie qui étudie les liens entre les espaces et les cultures, au sens des « activités humaines ». Invité à prendre la parole lors de l’assemblée générale, il a expliqué aux éleveurs leur importance dans la vie du territoire : une importance économique, certes, mais aussi dans le maintien et la construction du bocage, dans la diversification des paysages.

Pour le géographe, les politiques de développement territorial ont trop souvent eu pour dogme l’hyperspécialisation des territoires, avec le développement de « filières d’excellence » et la métropolisation. Cette approche a ses limites et elle a tendance à concentrer les imaginaires sur les villes, rarement sur les campagnes. « Les jeunes générations sont capables de reconnaître immédiatement les logos de marques américaines, mais pas un oiseau, ni une plante, ni un monument commun de leur territoire. Beaucoup de gens ont perdu la conscience les lieux », explique-t-il.

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Selon lui, l’agriculture est une clé de la résilience des territoires, et les Fermiers de Loué, avec leur modèle de polyculture-élevage et d’implantation de parcours arborés contribuent à maintenir, à créer et à relier les paysages. « En Sarthe, je vois autre chose que le territoire entre Paris et la mer. Je vois le bocage du Maine, le pays de l’arbre… Il faut repeupler les cartes, un territoire, c’est un centre du monde, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est verte là où on arrose le sol. »

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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