« Je me suis installé hors cadre familial en volailles »

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De gauche à droite, Corentin Lambert, le technicien chez Huttepain aliments, Samuel Sevin et Célestin Foret, deux récents installés, Damien Compain, chargé de développement. Crédits : © C. Julien

En rénovant deux bâtiments, pour une superficie totale de 2 200m², Célestin Foret s’est donné les moyens de devenir éleveur de volailles de chair à Saint-Germain-le-Fouilloux en Mayenne.

Un an tout juste après son installation à Saint-Germain-le-Fouilloux, en Mayenne, Célestin Foret reconnaît être fier d’avoir réussi à devenir éleveur. Titulaire d’un bac pro CGEA (1), le jeune homme a travaillé pendant plusieurs années comme salarié agricole. « J’en avais assez d’être salarié et je voulais m’installer en production avicole », retrace le nouvel éleveur. L’exploitation qui deviendra la sienne, Célestin Foret l’a connue par le RDI, le Répertoire départs installations, géré par la chambre d’agriculture qui met en contact futurs cédants et repreneurs potentiels. Même si les deux bâtiments, de 1 000 et 1 200 m2, étaient très vétustes, Célestin Foret y a vu la possibilité de rénovation, une exploitation avec du potentiel dans le secteur géographique où sa famille voulait s’installer.

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En rénovant deux bâtiments, pour une superficie totale de 2200m², Célestin Foret a trouvé les moyens de son installation. © C. Julien

Deux chantiers de rénovation en un an

Une fois l’exploitation trouvée, Célestin Foret a mené son projet tambour battant. Fin 2024, il décide de travailler avec Huttepain Aliments « pour la solidité du groupe qui rassure les banquiers et l’accompagnement technique ». Pour l’obtention de ses prêts, le jeune éleveur choisit de travailler avec un courtier spécialisé en agriculture. « Sa mission était de me trouver la meilleure offre, explique-t-il. C’est aussi un stress en moins et la possibilité de me garder du temps pour les démarches d’installation et le choix des fournisseurs. »

Dès son installation le 1er juillet 2025, Célestin Foret commence les travaux de rénovation. « Les bâtiments étaient vraiment vétustes, je n’ai gardé que le toit et les poteaux », explique-t-il. Le nouvel installé va démonter les parties à rénover, puis faire les dalles bétonnées « essentielles pour gérer les pododermatites, surtout si je veux faire du poulet lourd ». Dans les longs pans, le jeune éleveur a installé des fenêtres. « Je souhaite produire selon le cahier des charges Nature d’éleveurs », souligne Célestin Foret. Tous ces travaux ont été faits durant l’été pour que les équipementiers commencent à intervenir en septembre.

Le choix de Célestin Foret s’est porté sur une ventilation dynamique transversale Tuffigo. Le jeune éleveur a fait installer un éclairage LED multicolore « car cela permet de baisser l’intensité lumineuse en cas de lot nerveux ». L’abreuvement est fait avec des pipettes de 80 ml/min. Pour l’alimentation, Célestin Foret a choisi des chaînes polyvalentes Leroy. « Pour l’instant, je produis du poulet du quotidien mais, pour répondre aux besoins des abattoirs, je veux pouvoir élever du poulet lourd, de la pintade ou de la dinde, souligne Célestin Foret. Pouvoir faire différentes productions permet de s’adapter à la demande du marché et de casser les microbismes. C’est pour cela que j’ai pensé mes bâtiments pour qu’ils soient polyvalents ».

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Célestin Foret a fait le choix de LED multicolores et d’une ventilation transversale. © C. Julien

En réalisant beaucoup de travaux par lui-même, Célestin Foret a réussi à contenir le coût de la rénovation à 562 000 euros pour 2 200m², soit 255 euros par m2 en moyenne.

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Une marge poussin aliment de 13,80 €/m2/lot

Dans le premier bâtiment, le premier lot est arrivé fin octobre 2025. Le deuxième bâtiment a accueilli ses premiers poussins mi-décembre 2025. « Pour les premiers lots, le technicien venait deux fois par semaine, notamment pour m’accompagner à trouver les bons réglages de ventilation », apprécie Célestin Foret.

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Pour ses litières, Célestin Foret utilise des granulés de pailles. « C’est de la paille broyée puis agglomérée, qui donne des granulés homogènes et ultra-absorbants, présente Damien Compain. Des différentes litières que nous avons testées, ce sont les granulés de paille qui donnent les meilleurs résultats d’absorption et de qualité de litière. » Ces granulés existent en version émiettée pour le démarrage. © C. Julien

Sur les 7 premiers lots, les résultats sont au rendez-vous, avec une marge poussin-aliment de 13,80 euros par m2. Le meilleur lot a atteint 15 euros par m2. « J’ai construit mon projet sur une marge de 10,50 euros par m2 mais je vise une moyenne de 15 euros, notamment en faisant du poulet lourd, analyse Célestin Foret. Ces premiers résultats encourageants confortent mes choix. » Déjà, le jeune éleveur se projette dans les étapes suivantes : « retrouver un peu de terres, construire un nouveau bâtiment pour que mon épouse puisse s’installer ».

(1) Conduite et gestion de l’antreprise agricole

Huttepain Aliments cherche de nouveaux éleveurs

Huttepain Aliments regroupe 600 000m² sur 14 départements de l’Ouest et du Centre et fournit LDC. « Pour préparer l’avenir, nous travaillons au renouvellement des générations, explique Damien Compain, chargé de développement. Avec les départs en retraite, il va y avoir 20 000 m² à transmettre sur les prochaines années. » Pour les reprendre, l’organisation de production ambitionne cinq installations par an. S’il y a beaucoup de reprises familiales, il y a aussi de nombreuses opportunités d’installation hors cadre familial. « Pour accompagner ces nouveaux éleveurs, nous renforçons notre accompagnement technique, partage Corentin Lambert, le technicien qui suit Célestin Foret et Samuel Sévin. Par exemple, nous organisons des visites chez un éleveur expérimenté pour voir un démarrage ou un enlèvement. » L’accompagnement est également économique avec des aides adaptées pour la construction de bâtiments neufs ou en rénovation.

« La construction d’un poulailler a permis mon installation »

Après sept années à gérer son entreprise de terrassement, Samuel Sevin a pu concrétiser son ambition de devenir éleveur. Non issu d’une famille d’agriculteurs, le jeune homme a repris une exploitation à Sainte-Gemmes-le-Robert, en Mayenne, et s’est installé en avril 2025. « Il y avait des cultures et une dizaine de vaches allaitantes, retrace Samuel Sevin. J’ai construit un bâtiment de 1 380m² pour compléter mes revenus. »

Malgré la charge de travail, le jeune éleveur se sent bien dans son nouveau métier. « J’ai plus de temps pour ma famille, souligne Samuel Sevin, qui apprécie de pouvoir plus facilement gérer son planning que quand il devait répondre aux exigences de ses clients. En plus, les résultats techniques sont meilleurs que prévus, grâce aux performances permises par un bâtiment neuf. »

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