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Vins de pays de l’Atlantique : test international à Vinexpo

40 000 hectolitres, soit 5 millions de cols : les premières cuvées 2006 des nouveaux vins de pays de l’Atlantique sont en vente partout. L’initiative constitue un réel espoir pour les viticulteurs d’Aquitaine et de Poitou-Charente.

Le syndicat des producteurs de vin de pays de l’Atlantique, créé le 22 juin 2006, soufflera sa première bougie à Vinexpo. Acheteurs et médias du monde sont invités à découvrir, le 18 juin, la nouvelle dénomination et à déguster les premières cuvées 2006 commercia-lisées en trois couleurs, en France et à l’export (20 %). 12 crus ont déjà décroché des médailles (dont 3 d’or) au 51 e Concours de Bordeaux vins d’Aquitaine, en mai.

En amont de Vinexpo, une conférence de presse vient de donner le coup d’envoi officiel, à Bordeaux, dans le quartier symbolique des Chartrons. Une dégustation de 63 références, organisée – c’était la moindre des choses pour des vins de l’Atlantique – au restaurant Bô Rivage, en bordure de Garonne, a suivi la rencontre avec la presse.

200 personnalités de la place, metteurs en marché, courtiers, cavistes, restaurateurs et distributeurs ont accueilli avec intérêt et curiosité les petits derniers, qualifiés de vins « jeunes, modernes, prêts à boire, sympas, souples, aromatiques, abordables ».

Ces produits à rotation rapide, très marquetés, aux étiquettes et flacons originaux et séduisants, sont vendus sur le marché français entre 2,5 et 4 euros la bouteille.

Les 76 déclarants 2006 (environ 200 producteurs – viticulteurs indépendants, caves coopératives et une dizaine de négociants –) ont pour la plupart choisi des marques aux noms évocateurs : Cap 270 (Maison Ginestet), Atlantide (Yvon Mau), Pink Océan (SCEA de château Gontier), La gabare bleue (Cave de Saintonge Romane), Beaufort (GRM SA), La Goélette (Cave grand Listrac), Nautilus (Producta)…

100 000 hectolitres, c’est possible

On doit cette idée révolutionnaire au pays des appellations d’origine contrôlée, au précédent président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, Christian Delpeuch. Le p-dg de la maison de négoce Ginestet, en pleine crise viticole, avait lancé le fameux « plan bordeaux », le 12 juillet 2004. Il prévoyait notamment l’introduction de la mixité AOC/vin de pays en Gironde, à travers un vin de pays « de grande zone » : un moyen pour Bordeaux et l’Aquitaine de « sortir de la crise par le haut, en créant quelque chose de dynamique et de novateur, par rapport aux solutions habituelles d’arrachage ou de distillation », explique Stéphane Héraud, le président du syndicat des producteurs du vin de pays de l’Atlantique et de la cave des Hauts de Gironde. Un vin dont le logo affiche, en élégance, l’ombre d’une vague sur bouteille, et fond bleu.

« Faire un vin de pays dans notre monde d’AOC, on se demandait si cette mixité serait possible : cela n’a pas été simple du tout ! », avoue Laurent de Bosredon. Le président du Conseil régional des vins d’Aquitaine évoque « les aléas politiques, les méandres administratifs et les oppositions qu’il a fallu surmonter ». « On a soupçonné la filière Bordeaux-Aquitaine de vouloir verser des océans de médiocrité AOC dans d’autres productions », explique-t-il, alors que leur élaboration répond à des critères très précis. Puis « l’idée s’est imposée à tous, et l’affaire s’est conclue très rapidement » : le décret entériné en juillet 2006 a été publié le 18 octobre.

Pour ce premier millésime, 40 000 hl de vins ont été produits sur les départements de la Gironde (les trois quarts de la production), Dordogne, Lot-et-Garonne, Charente et Charente-Maritime.

Dans un contexte de mutations, créer des vins de pays aux cotés de vins d’AOC est une réponse aux nouvelles demandes des consommateurs et des marchés internationaux, explique Stéphane Héraud. Selon lui, « c’est un succès, une chance, quelque chose d’entièrement nouveau (...) Si ça ne va pas tout régler, on change la mise, ça redonne de l’espoir et du dynamisme, ça crée du chiffre d’affaires pour la région, donc du développement ». D’autres départements au Nord de la zone – Haute-Vienne, Loire Atlantique – seraient intéressés. « Le produit arrive juste sur le marché. 5 millions de cols, ça ne peut que progresser. Doubler, quadrupler. 100 000 hectolitres, cela paraît possible ».

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