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Vins de coopératives : un débat consensuel

L’émission de Jean-Pierre Coffe samedi a permis de tordre le cou à certaines idées reçues.

A l’occasion du 25e anniversaire de l’appellation Saint Mont, Jean-Pierre Coffe a réalisé son émission de France Inter « çà se bouffe pas, sa se mange », samedi dernier dans le chai du château de Saint-Go. Cette belle propriété viticole gersoise, appartenant en propre à la cave coopérative des Producteurs Plaimont constitue en soi, par la qualité de son vin et de la formation qui s’y pratique, une réponse aux interrogations que l’on peut se poser sur le travail des coopératives vinicoles. On pourra toujours objecter que la production de Château Saint-Go ne représente qu’une toute petite part des 35 millions de bouteilles produites chaque année par la coopérative des Producteurs Plaimont (des vins de pays comme Colombelle jusqu’au haut de gamme comme Saint-Go) et que c’est précisément la production « de masse » (le terme employé dans l’émission) des coopératives qui nourrit encore leur mauvaise réputation de fourre-tout vinicole.

Le débat animé par Jean-Pierre Coffe aura eu le mérite de tenter de tordre le coup à cette vieille idée reçue. Bernard Bonnet, président de la cave des Producteurs Plaimont, a admis que ce jugement n’était pas dénué de fondement à l’origine de la coopération viticole, dont le principe même est d’accueillir la vendange de tous les coopérateurs, bonne ou médiocre. La première démarche qualitative devait donc partir de la production. Le conseil et le suivi techniques, le classement au vignoble sanctionné par le prix payé au producteur en fonction de ce classement est l’un des moyens mis en œuvre par Plaimont : « on élimine ainsi du marché les vins qui n’en sont pas dignes», a souligné Bernard Bonnet. Mais la sanction n’est pas la seule stratégie qualitative de la coopérative.

L’implication du vigneron dans la connaissance du marché est l’un des facteurs de son engagement dans une politique de qualité « Le vigneron doit savoir ce que recherche le consommateur », a-t-on entendu samedi. Bien évidemment, cette démarche au niveau de l’exploitation est suivie du travail d’œnologues compétents, d’installation et de matériel assurant les meilleures conditions de vinification. Dans ces conditions, il est vrai qu’une coopérative puissante disposera de moyens financiers lui permettant d’optimiser ses équipements et de renforcer ses équipes, donc de produire mieux. Un gros volume de production autorisant de tels investissements n’est donc pas contraire à une politique de qualité.

Une rivalité en forme d’émulation

André Béhéti, vigneron indépendant et président de l’interprofession Madiran (en pleine zone d’influence de la cave coopérative) qui participait à l’émission a d’ailleurs salué l’apport de Producteurs Plaimont à toute la filière vitivinicole de la région. Plaçant le rapport vignerons indépendants-coopératives au-delà de la rivalité, dans un esprit de concurrence légitime, d’émulation : « quand, dans un concours, je vois un vin de la coopérative distancer l’un des miens, je vais travailler pour essayer de passer devant lors du prochain concours ».

Cela étant, tous les viticulteurs, coopérateurs ou libres, ne produisent pas des vins irréprochables, toutes les coopératives ne disposent pas d’une vendange homogène, tous les négociants ne se distinguent pas par des assemblages géniaux. Mais, d’où qu’il provienne, c’est le bon vin qui l’emportera.

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