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Vins AOC : quand la dégustation tourne au camouflet

Plébiscités au premier abord, les vins français se sont fait dépasser par leurs homologues du Nouveau Monde après dégustation lors des rendez-vous du vin de Blois. Un sérieux avertissement.

Plutôt qu’un long discours, un atelier de dégustation a mis à jour le décalage existant entre les a priori (favorables) des consommateurs sur le vin français, et leurs réactions face au contenu des bouteilles. Lors d’une rencontre sur le vin organisée à Blois il y a deux semaines, les participants ont examiné un lot de trois vins blancs, et un second lot de trois vins rouges. Sans y goûter, ils ont alors donné leurs impressions : plus belle bouteille, meilleure évocation du terroir, le tout en anticipant leurs impressions gustatives. Parmi les trois vins blancs présentés (Chablis 2003, Mâcon 2003 ainsi qu’un Chardonnay australien), les consommateurs présents avaient désigné le Chablis comme indispensable à leur table, dans une proportion écrasante puisqu’ils étaient 71% à avoir cette opinion. Mais après une dégustation à l’aveugle, la palme est allée là où on ne l’attendait pas : 46% des suffrages ont été attribués au Chardonnay de Jacob’s Creek pour ses qualités gustatives, 49% le désignant comme issu du meilleur « terroir ».

Le vin français pourtant premier au pré-test

Plutôt que de s’atténuer, ce coup de semonce pour le vin français s’est amplifié lors de l’examen des vins rouges. Entre un Côtes-de-Castillon 2000, un Merlot californien et un Carménère chilien, le Bordeaux est sorti premier haut la main du pré-test, avec 90% des votes le désignant comme symbolisant le meilleur terroir et les meilleures racines. Après dégustation, seulement 14% des votants le désignait encore comme le meilleur vin, tandis que le Merlot californien sortait vainqueur avec 43% de votes en sa faveur, et tout autant d’intentions d’achat. Le rendez-vous des vins d’origine à Blois, qui regroupait amateurs et professionnels, parmi lesquels Christian Delpeuch (président du CIVB) ou René Renou (président de la commission vin de l’INAO) avait au travers de cette dégustation de quoi faire frémir les grands argentiers du vin français.

Si pour le moment la consommation nationale reste franco-française, une progression des vins du Nouveau-Monde à l’intérieur de nos frontières est révélatrice des modifications de comportement des acheteurs, à la recherche de plus de simplicité. Au vu de ce simple test, les consommateurs semblent avoir une opposition de principe face à ces vins étrangers, opposition vite dissipée après dégustation. Au programme des rencontres de Blois, les deux colloques programmés n’incitaient pas non plus à l’optimisme. Le premier d’entre eux, « Appellations d’origine contrôlée : stop ou encore ?», a abordé quelques questions franches, parmi lesquelles « l’AOC veut-elle encore dire quelque chose pour le consommateur ?» ou « comment les AOC ont-elles pu tomber aussi bas ?». Le test de Blois constitue en tout cas un sérieux avertissement.

Rédaction Réussir

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