Vinexpo : ni vitrine, ni cheval de Troie
Vinexpo, le plus grand salon international du secteur des vins et spiritueux, ouvre ses portes du 17 juin jusqu’au 21 juin. 45 000 visiteurs, exclusivement des professionnels, venus de 140 pays, y sont attendus par 2 400 exposants représentant 45 pays parmi les plus grands producteurs mondiaux de vin. La France, l’Italie, l’Espagne et leurs autres partenaires européens y occupent une place primordiale, mais aussi les États-Unis et les pays de l’hémisphère Sud. Cette année, 190 entreprises du Nouveau monde ont répondu présent.
Ces vins du Nouvau monde jouent aujourd’hui un rôle considérable sur le marché international, y concurrençant les grands exportateurs traditionnels, notamment français. Ainsi, ils ont représenté en 2005 la part conséquente de 26 % du marché international contre 10 % en 1995.
60 000 bouteilles en compétition
Dans une récente étude sur « les facteurs de compétitivité des vins », Viniflhor, l’office des vins, des fruits, des légumes et de l’horticulture constate que les pays producteurs ouvrent de plus en plus leurs frontières aux importations, en complément de leur production locale, dans un souci de diversification de l’offre plutôt que d’un réel besoin quantitatif, alors que les non-producteurs importent massivement des vins pour satisfaire leur consommation locale. Viniflhor note encore que 33,2 % des vins ont passé une frontière en 2005 avant d’être consommés. C’est bien dans cet esprit que se situe Vinexpo, non pas comme une vitrine des seuls vins français pour les acheteurs étrangers, ni comme un cheval de Troie pour installer la concurrence étrangère au détriment des vins français. Vinexpo participe simplement à une confrontation rude dans un contexte de surproduction mondiale où la compétitivité des pays producteurs s’exprime par leur capacité à conquérir les marchés internationalisés. En cinq jours, plus de 60 000 bouteilles de vins vont être dégustées par des acheteurs, des critiques. Aux vins français à prouver leurs différences.