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Viandes : l’exportation n’est pas un long fleuve tranquille

La demande mondiale de viande va continuer à progresser. Mais confrontés aux freins environnementaux ou sanitaires, les principaux pays exportateurs ont parfois bien du mal à y répondre.

Le congrès mondial de la viande qui vient de se dérouler à Brisbane (Australie) les 28 et 29 avril, s’est beaucoup intéressé au consommateur à l’horizon 2020, son style de vie, ses habitudes d’achat, nous a indiqué le consultant français René Laporte, présent au Congrès et qui nous en a rapporté les principales leçons. La demande totale de viande (bovine, ovine, porcine et volailles) va continuer à croître, a-t-il été rapporté, sous l’influence de la démographie et de la croissance du pouvoir d’achat du consommateur mondial ; elle sera plus forte dans les pays en voie de développement que dans les pays développés qui ont saturé leur consommation et ce sont les viandes blanches qui en seront les premières bénéficiaires.

Tous les pays se disent prêts à répondre à cette augmentation de la demande mais les situations sont contrastées : l’UE perd des points dans la production bovine maintenant déficitaire, elle maintient sa production porcine mais elle a peu de marge de progression en raison notamment des problèmes d’environnement. Les Etats-Unis ont des possibilités en porc et volaille, mais reconnaissent leurs difficultés pour sortir de la crise ESB et pour rouvrir le marché japonais. Le Brésil se montre un peu moins conquérant et prend conscience des risques sanitaires mal gérés tel l’épisode actuel de la fièvre aphteuse. L’Argentine, avec l’embargo décidé par son gouvernement interdisant l’exportation de viande bovine (hors quota hilton beef), doit répondre aux critiques de ses clients ce que n’a pas manqué de rappeler Laurent Spanghero, président de l’UECBV : « un pays exportateur doit respecter ses clients ».

Des progrès à faire en traçabilité

D’ailleurs, à demi-mot, ces pays, Etats-Unis, Brésil et quelques autres, ont implicitement reconnu leurs difficultés à mettre en œuvre une bonne identification et traçabilité bovine leur permettant de répondre à la demande de leurs clients et de maîtriser les risques sanitaires qui restent une des préoccupations majeures du consommateur. L’UE a acquis un avantage certain dans ce domaine qu’elle doit préserver en adoptant dès maintenant l’identification électronique des bovins et des ovins. L’Australie avance à grand pas dans cette technologie pour les bovins. Parmi les facteurs qualitatifs demandés par le consommateur, la qualité de goût, la garantie sanitaire, le plaisir, le facteur santé, la traçabilité sont les plus souvent cités mais toujours derrière le prix qui reste le critère de base de l’approche du consommateur.

Rédaction Réussir

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