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Un début d’année plutôt mitigé pour le lapin

Le bilan de la première moitié de 2006 est assez mitigé pour la cuniculture française. La crise liée à la grippe aviaire semble avoir profité au lapin et la consommation augmente, mais en parallèle, les niveaux de prix ne sont pas exceptionnels et l’aliment tend à progresser.

En cette fin de premier semestre, la filière cunicole française tire un bilan plutôt correct du début 2006.

Même si avec le retour du beau temps, les prix du lapin ont entamé leur chute saisonnière depuis la mi-avril, les niveaux atteints en ce début d’année restent pour le moment satisfaisants, comparés à ceux des premiers mois de 2005.

En effet, selon l’ITAVI, le prix de la carcasse standard a progressé de 9,4 % sur les quatre premiers mois de l’année. Il faut cependant nuancer cette hausse. Janvier et février se sont révélés un peu moins dynamiques. Les cours du lapin standard s’élevaient en moyenne à 2,67 euro/kg contre 3 euro/kg un an plus tôt.

Le redressement des cours n’a réellement eu lieu qu’en mars. Pour l’Itavi, cette «brutale» augmentation provient d’une forte progression de la demande suite à la crise avicole.

Finalement, sur les six premiers mois de l’année, le cours de la carcasse standard à Rungis dépasse en moyenne de 42 centimes, soit de 13,9 %, son niveau de l’an dernier.

En amont, la cotation du lapin vif s’est établie à 1,71 euro/kg de janvier à avril, alors qu’elle atteignait 1,68 euro/kg l’an dernier à la même période. Ce redressement est positif, d’autant plus que 2005 était sous le signe de la baisse. Après la reprise constatée en 2003, la cotation s’était stabilisée à 1,67 euro/kg en 2004, pour repartir à la baisse l’an dernier : - 3 centimes à 1,64 euro/kg.

Malgré ce repli, l’amont de la filière n’a pas été entièrement perdant. Le prix de l’aliment s’est réajusté à la baisse. En effet, l’indice du coût des matières premières, calculé par l’Itavi, a enregistré une baisse de 12,4 % l’an dernier par rapport à 2004. Les cours des principales matières premières se sont en effet inscrits en repli, après leur flambée liée à la sécheresse de 2003.

De janvier à avril 2006, la valeur moyenne de l’indice coûts matières premières est en progression de 1,2 %, notamment du fait de la fermeté des prix du blé (+2,3 %), du son (+5 %) et de la pulpes de betteraves (+0,9 %), et cela malgré la baisse des cours des tourteaux de tournesol (-6,3 %).

Hausse de l’offre comme de la demande

Selon Agreste, les abattages contrôlés de lapins ont progressé de 1,8 % en volume au premier trimestre 2006 par rapport à la même période de 2005. Les principales régions productrices restent le Poitou-Charentes (4.226 t abattues sur les trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 11,12 % comparé au 1er trimestre 2005), les Pays de la Loire (3.570 t, soit +0,5 %) et la Bretagne (1.578 t, soit +4,7%). Ainsi, le Grand Ouest réalise près des deux tiers des abattages contrôlés. De janvier à avril, en revanche, la tendance serait au repli de 1 % des volumes abattus, indique l’Itavi. En 2005, la production française s’est stabilisée à 53.665 tonnes, ce qui correspond à 39,2 millions de lapins.

Côté consommation, les dernières données Secodip font état d’une hausse de 1,1 % des achats des ménages sur les cinq premiers mois de l’année. Contrairement à de nombreuses viandes, les achats en lapin ont progressé de 2,8 % en volume l’an dernier, et de 1,5 % en valeur, sous l’effet d’une baisse du prix moyen en magasin (-1,2 %).

A noter également : les achats se font désormais à plus de 73 % en grande distribution, au détriment des circuits traditionnels.

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