Un abattoir flambant neuf à Perpignan

Avec un outil neuf et redimensionné à la hauteur de son potentiel, les éleveurs des Pyrénées-Orientales peuvent maintenant repartir de l'avant et mettre en route un plan de développement de l'élevage. Inauguré par les personnalités locales lundi 29 juin, le nouvel abattoir est situé en périphérie de la ville, face à l'aéroport et non plus à proxi-mité du centre. Ce grand bâti-ment en compte en fait deux : l'abattoir proprement dit, géré par une société coopérative d'intérêt collectif, et les ateliers de Guasch, principal opérateur local qui bénéficie d'une liaison directe avec l'abattoir.
Côté abattage, il a fallu en passer par la modification de la forme de la société gestionnaire, de façon à ce que les collectivités puissent entrer au capital. Pour Tony Baurès, président de la coopérative, la mise en route de l'abattoir est un soulagement lié à la pérennisation de l'outil. Donc d'une solution de proximité pour abattre les animaux de ses adhérents. « Notre coopérative a beaucoup investi sur les circuits de commercialisation de proximité en développant des productions localement, cet outil est indispensable à notre survie et à notre développement », expliquait-il en marge de l'inauguration.
4 000 tonnes par anLa création de cet abattoir prévu pour environ 4 000 tonnes an-nuelles permet surtout à l'agriculture départementale d'avoir de nouveau de l'ambition. La cham-bre d'agriculture travaille notamment au déploiement d'un plan « viande » destiné à développer l'élevage. « C'est un plan qui prévoit d'essayer d'augmenter les capacités fourragères dont nous pouvons disposer. Il faut pour cela dégager du foncier en plaine et développer l'irrigation en montagne pour augmenter la productivité des parcelles », précise Tony Baurès.
La coopérative produit 1 500 jeunes bovins et veaux par an, et 2 500 broutards qu'elle expédie de manière traditionnelle vers l'Espagne et l'Italie. « Nous abattons entre quinze et vingt bovins finis par semaine. Notre ambition, au bout de ce plan, est de doubler ce nombre. » L'ambition vaut également pour les productions ovine (5 000 têtes par an) et porcine. « Nous n'en produisions aucun il y a cinq ans. Aujourd'hui, nous en sommes à 2 000, nous espérons arriver à 3 000 ou 4 000 dans cinq ans. Le porc plein air est un bon outil de diversification pour les éleveurs de bovins, et ce sont les porcs qui nous permettent d'équilibrer financièrement le fonctionnement de l'abattoir », indique Tony Baurès.
Le capital de la SCIC gérant l'abattoir est très ouvert. Actionnaires principaux et utilisateurs, les établissements Guasch ont apporté 611000 €, la coopérative catalane de bétail et viande 251000 €. Viennent ensuite par ordre d'importance la communauté d'agglomération Perpignan Méditerranée avec 300 000 €, l'association de soutien création abattoir Roussillon (Ascar) 150000 €, les chambres consulaires 45000 €, les salariés 17000 €, une association d'éleveurs indépendants 10500 € et des partenaires associés pour une somme de 25500 €. De son côté, Guasch est détenu à 100 % par la SAS Holding Gégé, elle-même détenue par Bernard Guasch et ses fils Stéphane et Maxime. Guasch a réalisé 37 M€ de CA en 2013-2014 et emploie 140 personnes. L'abattoir réalise un CA de 1,4 M€ et emploie 24 salariés.
De son côté, Bernard Guasch en a profité pour regrouper ses activités éparpillées dans quatre lieux existants liés au rachat de différentes entreprises au fil des ans (Bigard, Sarviand et plus récemment Abellanet dont le bâtiment reste en activité). Avec à la clé, un large gain de productivité attendu de cette concentration géographique et de la mise en place d'outils modernes, notamment du côté des expéditions largement robotisées aujourd'hui. Coût total de l'investissement 7,7 M€ pour l'abattoir et 8,8 M€ pour l'usine Guasch.