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Tereos a encore beaucoup d’appétit

Deuxième sucrier européen et cinquième producteur mondial d’alcool (à partir de cannes, de blé et de betteraves), Tereos pourrait encore agrandir son périmètre d’intervention et devenir un des tout premiers sucriers mondiaux aux activités diversifiées.

La mise en service, à quelques semaines d’intervalle, de ses usines de production de bioéthanol d’Origny (02) et de Lillebonne (76) vont faire également de Tereos un acteur incontournable dans la production de bioéthanol. Un secteur dans lequel le groupe a démontré son savoir-faire depuis son installation au Brésil en 2000. Philippe Duval se veut pourtant rassurant à l’égard de ceux qui craignent des importations d’éthanol brésilien sur le sol européen. « La vocation du Brésil sera de fournir d’abord son voisin américain avant de pourvoir à l’approvisionnement européen », a expliqué le président du directoire lors d’une visite d’une cinquantaine de journalistes sur le nouveau site de la distillerie d’Origny-Sainte-Benoîte.

Des ambitions aussi dans l’amidon

Le groupe projette aussi de devenir demain un opérateur important dans la transformation de l’amidon, démontrant ainsi la complémentarité évidente des deux activités industrielles. « Il suffit de maîtriser le process qui permet de casser les molécules d’amidon, notamment par voie enzymatique, pour provoquer la fermentation des sucres obtenus », explique Pierre Chenet, directeur des projets Origny et Lillebonne. Un savoir-faire acquis notamment depuis la création de Bio Ethanol Nord Picardie. Un pilote de production d’éthanol fonctionne à Origny depuis 1993, il devrait être coupé le 27 avril prochain et ses activités transférées à Lillebonne. En moins de dix ans, le groupe coopératif picard a donc abordé de nouveaux métiers. Il apprend aujourd’hui celui de la rectification des alcools pour l’approvisionnement de marchés qui lui étaient jusqu’à présent étrangers. A Origny, ont en effet été transférées les activités de la SODES implantée à Lillebonne (76) rachetées en novembre 2004, et sur le terrain duquel le groupe devrait mettre en service sa nouvelle distillerie de bioéthanol à partir de blé dès le 15 mai.

Tereos se frotte également aux plus grands mondiaux de l’amidonnerie-glucoserie. Avec Roquette, numéro deux européen de l’amidonnerie-glucoserie, Tereos s’est en effet porté candidat à la reprise de Telfiie, filiale européenne du sucrier anglais Tate and Lyle. Celui-ci a en effet décidé en fin d’année dernière de se séparer de ses treize sites industriels européens. Philippe Duval, président du directoire de Tereos, avait annoncé le 20 février dernier que la finalisation du dossier était imminente en confirmant son intérêt pour quatre des treize usines. Les choses ont semble-t-il pris quelques retards.

Lors de sa conférence de presse du 17 avril, il réaffirmait que les choses pourraient être conclues « dans les jours prochains ». Tereos reprendrait non plus quatre, mais cinq usines aux Anglais de Tate and Lyle. A la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Belgique se rajoute en effet une usine espagnole.

Tereos et Roquette pourraient être en effet fixés dès le lundi 23 avril. La discrétion reste toutefois de mise du côté des dirigeants de Tereos, puisque « la cotation en bourse de Tate and Lyle oblige à certaines réserves », rappellait Philippe Duval.

Une émission obligataire réussie

Tereos pourrait ainsi disposer de l’usine Amylum située à Nestle près d’Amiens, qui transforme 800 000 tonnes de blé (voir LM du 22/02/2007). A condition toutefois que les autorités de la concurrence européennes donnent leur feu vert à cette acquisition. Tereos s’ouvrirait alors les portes d’un nouveau métier qu’il a maîtrisé depuis l’entrée en service en 1996 de Syral, l’usine alsacienne dont il détient aujourd’hui 56 %.

Tereos a également d’annoncé le 17 avril « qu’il se dotait de moyens financiers nouveaux pour poursuivre sa croissance » et s’est réjoui du succès de son émission obligataire de 500 millions d’euros souscrits par une centaine d’investisseurs français et européens. Il permettra au groupe de diminuer son endettement tout en autorisant de nouvelles croissances.

L’opportunité de la relance du plan de restructuration de l’industrie sucrière européenne qui doit être présenté au Conseil de l’UE le 7 mai prochain et les difficultés annoncées de Saint-Louis Sucre (groupe Südzucker) qui affiche une perte nette de 200 millions d’euros pour l’exercice 2006-2007, pourraient également ouvrir la voie à de nouvelles acquisitions en France.

Une page se tourne aujourd’hui pour les 14 000 planteurs. Tereos pourra écrire une nouvelle histoire avec Philippe Duval bien sûr et Alexis, son fils, qui doit rentrer du Brésil dans les prochains mois. La troisième génération des Duval sera bientôt opérationnelle à Origny.

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