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Suisse : le marché du fromage est ouvert

L’ouverture du marché a pour conséquence pour les producteurs suisses de fromages une pression des enseignes sur les prix et une réduction de leurs marges.

A qui va profiter la libéralisation du marché du fromage entre la Suisse et l’Union européenne, entrée en vigueur au 1 er juin dernier ? Pour les exportateurs, cette ouverture signe la fin des contingents et droits de douanes très protecteurs pour les fabrications helvétiques. Mais au sein des professionnels suisses et français, les avis sont partagés en raison du positionnement des fabrications nationales. Il est peu vraisemblable que les fromages à très forte notoriété -ou à forte identité- comme le Gruyère, le Sbrinz, l’Etivaz, le Vacherin etc. soient inquiétés par des importations massives. A l’inverse, les productions artisanales ou encore les fromages à pâte molle ou les fromages frais risquent d’être très bousculés.

C’est tout particulièrement le cas de la mozzarella, qui est le fromage le plus consommé en Suisse. Sans véritable identité, sans lien particulier avec un territoire, c’est un produit de masse qui va devoir cultiver une ou des spécificités pour garder ses parts de marché. Déjà, le distributeur Denner a anticipé l’ouverture du marché en faisant baisser le prix de la boule de 2,90 à 1,95 francs suisses et affichait une baisse des prix de 30 % sur 13 fromages. La stratégie vaut pour toutes les enseignes et pour beaucoup de spécialités.

Prix en baisse, pression en hausse

Depuis avril, le distributeur Migros a revu à la baisse le prix d’environ 70 fabrications alors que dans le même temps Coop lançait une opération de ristourne sur une centaine de produits. Ce qui signifie que dans l’ensemble, les producteurs suisses de fromages vont être confrontés à la pression des enseignes sur les prix, une réduction de leurs marges et les délices des actions promotionnelles exigées par les distributeurs. Au final, c’est le consommateur helvétique qui engloutit près de 20 kg de fromage par an et par personne, qui devrait bénéficier de cette ouverture : au niveau des prix et au niveau de l’élargissement de l’offre.

L’ouverture est également vécue assez positivement par les producteurs de fromages bio. En tous cas pour les spécialités in interchangeables (à l’inverse des spécialités interchangeables comme la mozzarella) qui s’exportent déjà très bien vers la Grande Bretagne, l’Allemagne ou l’Italie. Elles pourraient être boostées par la force de l’euro, l’augmentation du prix du lait dans l’Union européenne et l’ouverture de nouveaux marchés au Benelux ou en Espagne.

Les fromages biologiques suisses les plus demandés à l’export sont ceux au lait cru ou sans additif.

Rédaction Réussir

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