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Soutenu par l’export, le cours du porc résiste

Les exportations vers les nouveaux pays adhérents, ainsi que vers les pays tiers permettent cette année de soutenir le cours du porc à une période où il est généralement en chute libre. Les prévisions pour la fin d’année sont optimistes.

La fin du mois de septembre a été plutôt bien négociée par le marché du porc. La semaine dernière, la cotation 54 TVM a résisté aux pressions baissières, et avec un repli cumulé sur les deux séances de 0,8 centime, on est loin des 8,3 centimes de chute de 2003, entre les semaines 39 et 38!

Le cours du vif se situe désormais à 1,246 euro/kg. En 2003, il atteignait péniblement 1,169 euro/kg à la même période, et 1,129 euro/kg en 2002.

Les raisons d'une telle situation se trouvent en premier lieu dans la bonne santé de nos exportations. Les nouveaux pays adhérents représentent des clients très actifs, principalement pour les sous-produits. Les envois vers la Russie sont également très actifs. La reconquête des marchés asiatiques est un autre facteur de dynamisme.

A l'inverse, les ventes de découpes sur notre marché intérieur sont restées moroses la semaine dernière. La longe a été délaissée, et il faut patienter jusqu'aux nouvelles opérations de promotions prévues début octobre pour qu'elle retrouve un peu d'intérêt auprès des acheteurs. Le jambon connaît également un commerce désespérément plat. En semaine 38, le prix moyen du jambon sans mouille à Rungis s'élevait à 2,05 euro/kg, contre 2,60 euro/kg l'an dernier! Les articles de fabrication sont mieux valorisés, mais il semble tout de même que les prix aient atteint des plafonds.

Dans sa note hebdomadaire, le SNCP revient sur l’accord Sarkozy signé le 14 juin pour la baisse des prix dans les grandes enseignes. Les articles concernés n’étant pas clairement définis, le syndicat a engagé des mesures pour clarifier la position de la viande porcine et des produits de charcuterie. Il a été confirmé au cours de différentes rencontres qu’ils étaient bien exclus du champ d’application de ces baisses.

Le prochain objectif du SNCP est d’obtenir la classification de la viande porcine dans les produits agricoles bruts. En effet, pour ce type de produits, toute coopération commerciale (remises, ristournes et rabais, immédiats ou différés, en nature ou en valeur) est supprimée, selon les termes de l’engagement contractuel.

Vers un recul de la production en 2005?

Les prévisions de production ont de quoi rassurer les opérateurs. Selon l'ITP, le cycle de production de l'UE à 15 devrait décrocher fin 2004-début 2005 après deux ans d'un quasi maintien. Au dernier trimestre 2004, la production de l'UE diminuerait de 1,5 % en un an, puis de 1,7 % au premier trimestre 2005. Le cheptel belge accuse le plus fort repli, avec

-7,6 % d'octobre 2004 à mars 2005, par rapport à l'année précédente. Il est suivi par les Pays-Bas, avec -5,2 % et l'Allemagne (-2,6 %).

La France se maintiendrait au niveau de fin 2003-début 2004, qui était bas en raison notamment de la canicule estivale. L'Espagne se stabilise également, mais après des années de croissance, c'est un signe fort de rupture! Si ces prévisions s'avèrent exactes, il est donc probable que les prix se redressent. L'ITP estime que le prix au cadran pourrait rester supérieur à 1,10 euro pour le fin d'année, puis progresser en 2005. Peut-on alors parler de la fin de la crise?

Restons prudents, car les exportations vers les pays tiers pourraient ralentir l'an prochain. Le débouché japonais pourrait devenir moins accessible, et la concurrence nord-américaine plus féroce.

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